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Pâtes et papiers: Des dérivés prometteurs

Pendant que les papetières réduisent peu à peu la hauteur de leurs productions,... (ILLUSTRATION NATHALIE SAMSON, LA PRESSE)

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ILLUSTRATION NATHALIE SAMSON, LA PRESSE

Martin Primeau, COLLABORATION SPÉCIALE
La Presse

Pendant que les papetières réduisent peu à peu la hauteur de leurs productions, l'industrie forestière québécoise cherche à promouvoir de nouveaux produits issus de la transformation de la fibre de bois. Son fer de lance se cache dans une petite poudre blanche: la nanocellulose cristalline (NCC).

La nanocellulose cristalline est connue depuis les années 60, mais ce n'est que tout récemment que son potentiel économique s'est révélé. Contribuant à la force intrinsèque du bois, elle pourrait aussi améliorer la résistance de certains matériaux comme des peintures et des fluides ou certains textiles, croit-on.

La NCC intéresse à ce point l'industrie que la papetière Domtar, en collaboration avec l'institut de recherche forestier FPInnovations, a fondé en 2010 Celluforce pour la produire à grande échelle. Un investissement total de 42,8 millions auquel les deux ordres de gouvernement ont contribué à hauteur de 33,4 millions.

Qualité comparable

La coentreprise a inauguré en janvier 2012 une usine pilote à Windsor. Son objectif était double: démontrer que la NCC pouvait être produite à échelle industrielle, au rythme de 1000 kilogrammes par jour, mais aussi que cette production pouvait être de qualité comparable à celle obtenue en laboratoire.

Au terme de l'année 2012, la mission était remplie, du moins en partie, car la production quotidienne n'a jamais pu atteindre la cible d'une tonne métrique. Jean Moreau, président et chef de la direction de Celluforce, n'en fait toutefois pas un cas. «L'objectif n'était pas tant de produire 1000 kg par jour, dit-il, mais surtout de démontrer en usine qu'on pouvait produire la NCC en qualité et en milieu industriel.»

Forte de son expérience, l'entreprise de 40 employés cherche maintenant à améliorer ses processus de fabrication. Selon son président, trois unités de production auraient été ciblées et seront modifiées ou changées en vue de la construction éventuelle d'une usine de production pouvant générer de 6 à 8 tonnes de NCC par jour, et peut-être même jusqu'à 50.

En parallèle, Celluforce travaille aussi avec une trentaine d'entreprises de par le monde à mettre au point de nouveaux produits dans lesquels la NCC agirait comme additif. Un travail «de longue haleine», selon Jean Moreau, puisque certaines collaborations remontent déjà à 2010.

«On entre maintenant dans la phase III, ajoute-t-il. On est rendus près de la commercialisation avec une demi-douzaine de collaborations et on place notre attention sur celles-là.»

Impossible toutefois de connaître le nom de ces collaborateurs ou la nature des produits qui pourraient émerger de ces collaborations. Le président de Celluforce se permet toutefois d'identifier les industries de la chimie, de la peinture, du vernis et de l'automobile comme ceux où l'on pourrait retrouver plus tôt que tard de la NCC.

Deux autres produits

Si la nanocellulose cristalline a un fort potentiel de commercialisation, deux autres dérivés de la fibre de bois montrent aussi de belles promesses.

C'est le cas du gel cellulosique, un matériau biodégradable aux propriétés hyper absorbantes qui pourrait éventuellement être ajouté aux couches.

C'est aussi le cas du filament de cellulose, un dérivé obtenu par une transformation mécanique de la pâte kraft.

Gilles Doris, directeur de recherche du programme de biomatériaux cellulosiques à FPInnovations, s'amuse à expliquer comment il obtient ces filaments, parlant «d'épilation de la fibre» à la manière dont on décortique les filaments d'un morceau de mozzarella.

Les enjeux de cette production sont toutefois bien sérieux. Par leurs qualités alliant résistance et taille, ces filaments sont appelés à être un jour incorporés aux papiers sanitaires tels le mouchoir, l'essuie-tout ou le papier hygiénique afin de réduire l'épaisseur de ces papiers tout en augmentant leur résistance.

Pour l'instant, aucune entreprise du secteur des pâtes et papiers n'a conclu d'entente avec FPInnovations pour pousser la production de filaments de cellulose à une autre échelle, mais selon Gilles Doris, ce ne serait qu'une question de temps.




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