Cet automne, Desjardins s'est lancé dans la gestion de patrimoine. La coopérative n'est pas la seule: de plus en plus d'entreprises offrent ce type de services.

Mis à jour le 19 nov. 2013
Nathalie Côté LA PRESSE

L'importance croissante de ce créneau n'est pas le fruit du hasard. «Les besoins sont plus grands avec le vieillissement de la population, explique Jocelyne Houle-LeSarge, présidente-directrice générale de l'Institut québécois de planification financière. Il y a également eu plusieurs soubresauts dans l'économie ces dernières années. De plus, plusieurs personnes sont sans fonds de pension, aujourd'hui.» Les produits financiers sont aussi plus diversifiés et plus complexes qu'auparavant.

Qui s'occupera de vous?

Desjardins a regroupé différents services, puis a embauché et formé des planificateurs financiers pour proposer des services de gestion de patrimoine. À l'image de médecins généralistes, ils examinent la situation globale de la personne et la dirigent vers des spécialistes au besoin. «Il conçoit un plan financier, précise Marc Dubuc, directeur principal, stratégies marketing et gestion de l'offre, chez Desjardins Gestion de patrimoine. L'avantage, c'est que le document reste, même si un intervenant change en cours de route.» Évidemment, la stratégie doit être revue lors de changements dans la vie du client.

Plusieurs entreprises proposent des services semblables. Qui choisir entre l'institution financière, la grande firme et le conseiller indépendant? «L'important, c'est que le planificateur soit en règle et qu'il ait différents spécialistes dans son entourage, note Jocelyne Houle-LeSarge. Ce n'est pas la bâtisse et le nombre d'employés qui font la différence, mais l'individu. Il faut être à l'aise avec lui.» Certains planificateurs financiers sont spécialisés dans un domaine ou dans un type de clientèle. Les modes de rémunération peuvent varier. Les gens ont donc intérêt à poser des questions.

Les personnes plus aisées peuvent aussi se tourner vers la gestion privée. Ce genre de service connaît également une croissance importante. La raison est simple: les riches sont de plus en plus nombreux. «Il y a 10 ans, 3% de la population avait des actifs d'un million et plus, note Éric Bujold, président de Gestion privée 1859 à la Banque Nationale. En 2020, ce sera 6% des gens. C'est le secteur qui va connaître la plus forte croissance.»

Quelle différence?

Gestion de patrimoine ou gestion privée, les définitions varient d'une entreprise à l'autre. Il s'agit de services semblables, mais le second s'adresse à une clientèle plus aisée. «En gestion de patrimoine, on s'assure que la personne aura assez d'argent pour sa retraite et qu'elle est protégée en cas de maladie ou de décès, explique Éric Bujold. En gestion privée, la question n'est plus de savoir si on a assez d'argent. On cherche plutôt à maximiser son utilisation pour profiter de tous les avantages fiscaux, par exemple.» Les personnes très riches peuvent aussi s'adresser à des multi-family offices et à des family offices. Dans le premier cas, une équipe travaille pour quelques familles et dans le second, pour une seule. Les services s'étendent notamment à la gestion de la flotte automobile, des résidences, des bateaux et aux paiements de toutes les factures.