Les Canadiens qui ont un conseiller financier voient leurs actifs atteindre des performances une fois et demie plus élevées que ceux qui n'en ont pas. Avec un conseiller, l'actif moyen s'élève à 193 772$, alors que sans conseiller, il n'est que de 93 384$.

Mis à jour le 25 oct. 2012
Guy Paquin, collaboration spéciale LA PRESSE

Ces chiffres étonnants proviennent d'une étude économétrique indépendante réalisée par Claude Montmarquette et Nathalie Viennot-Briot du Centre inter-universitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO). Les résultats ont été publiés en juillet dernier.

«Les actifs moyens des personnes conseillées sont de 2,7 fois supérieurs à ceux des investisseurs non conseillés, confirme Claude Montmarquette, président du CIRANO. Ils ont non seulement plus d'épargne, mais la part de leurs actifs non liquides [fonds communs, etc.] est plus importante.»

Serait-ce donc que le conseiller guide les gens vers des véhicules de placements à rendement plus élevé? «Rien dans notre travail ne démontre cela, dit-il. Par contre, ce que nous avons constaté, c'est que la discipline d'épargne est nettement meilleure chez les Canadiens conseillés que chez les autres.»

Et les gens conseillés prennent moins de décisions émotives nuisibles, comme celle de vendre des actifs dès que la Bourse plonge un peu. «Ils font aussi de meilleurs choix quant à l'impact fiscal de leurs placements», précise M. Montmarquette.

Quatre ans

L'étude montre que les effets bénéfiques du conseiller commencent à se manifester environ quatre ans après le début du comportement d'épargne-placement. Déjà, après cette période, un écart significatif existe entre les actifs des Canadiens conseillés et les autres. Et cet écart se creuse avec le temps.

L'étude a tenu compte des effets de près de 50 variables socio-économiques, démographiques et comportementales qui interviennent également dans la constitution du patrimoine financier des ménages. À travers toute cette forêt de variables, le conseil s'avère un outil probant pour s'enrichir.

Mais, autre fait étonnant, il existe une catégorie de Canadiens non conseillés, les «traders», qui s'en tirent mieux que tout le monde. Ces «traders» n'ont pas de conseiller et prennent toutes les décisions financières eux-mêmes. D'après l'étude du CIRANO, ces personnes ont un haut niveau de formation scolaire, des revenus élevés et une littératie financière bien supérieure à la moyenne.

Ces happy few battent tout le monde en terme d'actifs moyens accumulés: 256 766$, contre 193 772$ pour les foyers faisant appel à un conseiller financier. Ils sont très rares: 227 sur l'échantillon total de 3610 foyers de l'étude, soit environ 6%.