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Mirego et le musée connecté

Capture d'écran de l'application Android pour l'expérience interactive... (PHOTO FOURNIER PAR MIREGO)

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Capture d'écran de l'application Android pour l'expérience interactive de l'exposition sur Alfred Pellan du Musée national des beaux-arts du Québec.

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Simon Lord

Collaboration spéciale

La Presse

Mirego, une boîte techno de la Vieille Capitale, a remodelé l'expérience des visiteurs du Musée national des beaux-arts du Québec pour lui donner une touche 3.0. Le concept: des salles intelligentes qui permettent à notre téléphone d'afficher automatiquement des informations sur les oeuvres à proximité.

Pour vivre cette expérience interactive, mise sur pied il y a environ un an et demi pour l'exposition Alfred Pellan - Le rêveur éveillé, un visiteur doit d'abord installer une application gratuite et offerte pour iOS et Android. Le musée prête aussi des iPad et des iPod touch.

« Quand tu approches d'une oeuvre, le téléphone la détecte et affiche automatiquement des informations relatives à celle-ci, comme la technique employée ou l'époque de création », illustre Charles Cantin, vice-président de l'expérience client chez Mirego.

La magie repose sur des émetteurs iBeacon - nom tiré du mot anglais pour désigner une balise. Ce sont des appareils Bluetooth plus petits qu'une pomme qui envoient un signal de localisation constant. Ils coûtent généralement entre 5 et 30 $, selon la puissance des piles et la solidité du plastique protecteur.

Mirego en a installé entre 10 et 20 sur le site de l'exposition.

Avec l'application, le téléphone peut déterminer à quelle distance il se trouve de l'émetteur. Si un visiteur marche parallèlement aux balises A, B et C installées le long d'un mur, son appareil mobile peut déterminer dans quelle direction il se dirige.

L'appli peut alors indiquer au visiteur qu'il approche d'une oeuvre dans laquelle Pellan a utilisé du plâtre ou lancer une vidéo pour illustrer la technique employée.

Charles Cantin, vice-président de l'expérience-client chez Mirego.... (PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, LA PRESSE) - image 2.0

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Charles Cantin, vice-président de l'expérience-client chez Mirego.

PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

« C'est plus simple que de fouiller dans un guide papier. Ça amène aussi les jeunes vers la culture en créant une interaction entre l'oeuvre et l'appareil qu'ils connaissent le mieux au monde, leur iPhone. »

- Charles Cantin, vice-président de l'expérience client chez Mirego

Le musée peut maintenant adapter la plateforme pour recréer cette « expérience client » dans une autre exposition.

« On a simplement à remplacer le contenu de Pellan, dans la base de données, par du contenu sur un autre thème, comme l'Égypte antique », explique Charles Cantin. La balise A, par exemple, lancera alors une vidéo sur l'Égypte plutôt que sur Pellan.

PAS SI CHER À CONCEVOIR, MAIS...

Pour concevoir un tel projet, il faut compter entre trois et six mois de travail. La tâche : créer une application pour Android et une autre pour iOS, puis mettre sur pied les serveurs qui contiennent le contenu interactif. 

Pour y arriver, il faut une équipe de cinq à huit personnes, soit un concepteur qui gère le projet, un designer qui conçoit les interfaces, deux développeurs qui programment les applications et une autre personne responsable du web.

« On se demande pourquoi peu d'organismes réalisent de tels projets, car ce n'est pas si cher », dit Charles Cantin, bien qu'il refuse de parler de prix.

« Nous sommes au moment où plusieurs phénomènes se cristallisent, comme la miniaturisation et la production d'échelle de composants électroniques. On peut franchir de nouvelles étapes avec l'internet des objets. » 

- Charles Cantin, vice-président de l'expérience client chez Mirego

Plus généralement, les bâtiments intelligents continuent de susciter de l'intérêt. Le thème sera d'ailleurs abordé en novembre prochain au cours de la conférence Ido Montréal, organisée par Techno Montréal.

La production de masse des puces GPS, WiFi et compagnie, entamée pour équiper les téléphones intelligents, a aujourd'hui fait baisser le coût de ces technologies. 

En conséquence, les systèmes qui soutiennent le concept de l'internet des objets sont de plus en plus utilisés dans le domaine des affaires, observe Harold Boeck, professeur de marketing à l'UQAM. 

« Dans le domaine de l'interaction avec les clients ou les consommateurs, plus particulièrement, l'utilisation monte en flèche depuis un an. » 

Il admet toutefois que le jeu n'en vaut pas toujours la chandelle.

« Encore aujourd'hui, la mise en place d'un système est parfois difficile à justifier du point de vue de la rentabilité. »

L'HEURE DES DÉSILLUSIONS APPROCHE ?

« C'est ce qu'on anticipe, d'ici quelques années », dit Ygal Bendavid, professeur au département de management et technologie de l'UQAM.

Car selon Gartner, une firme américaine de recherche en technologies de l'information, l'internet des objets est au sommet du hype cycle, ou cycle de frénésie. C'est un modèle qui représente l'adoption des nouvelles technologies en cinq étapes. 

Chaque technologie naît ainsi à la suite d'un élément déclencheur. Pour l'internet des objets, c'est la baisse des coûts. Vient ensuite une phase d'attentes exagérées. C'est là où on se trouve, selon Gartner. 

S'ensuit une phase de désillusions, explique Ygal Bendavid, durant laquelle les produits rêvés ne sont finalement jamais créés. Puis vient une période où certaines utilisations font leurs preuves, suivie d'un plateau de productivité, où la technologie est finalement rodée. 

« Pour l'instant, c'est toujours la grande excitation », dit Ygal Bendavid.




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