En Montérégie comme ailleurs au Québec, la relève agricole représente un problème épineux. «L'âge moyen des producteurs est de 50 ans. Il est particulièrement difficile de trouver une relève en raison de l'exigence du métier. L'agriculteur travaille de longues heures sans horaire fixe, ni vacances», affirme Lyne Bourassa, du MAPAQ.

Annie Bourque, collaboration spéciale LA PRESSE

Cependant, des jeunes passionnés par l'agriculture décident de relever le défi, à la condition de transformer l'entreprise léguée par leurs parents. C'est le cas de Josée Roy qui a repris en 2007 la ferme familiale de Sainte-Madeleine, spécialisée dans la production de soya, de maïs et de blé.

«Notre ferme existe depuis 1850 et je trouvais important de continuer la lignée des Roy. En même temps, je voulais faire autre chose», raconte-t-elle.

Son mari Antoine Beauregard, un opticien d'ordonnances, l'aide à concrétiser son rêve en travaillant sur la ferme six mois par année. Ce fils d'un producteur maraîcher connaît bien le labeur et les sacrifices qu'il faut consentir sur une terre agricole.

Le couple a opté pour la diversification en se lançant dans la production de fraises, de cerises de terre, de courges et d'artichaut, un légume rare au Québec. «L'année dernière, on a senti un engouement et une effervescence chez les gens qui étaient curieux et fascinés par l'artichaut qui est une plante vivace», explique Josée Roy, 44 ans.

Cette année, elle a en tête de nombreux projets concernant la transformation alimentaire. «On fera, entre autres, de la pizza à l'artichaut et des tartinades à base de fraises et basilic. Cela correspond à un besoin et une tendance. Les gens veulent découvrir les nouvelles recettes de leurs producteurs locaux.»