Laval n’échappe pas à la nouvelle réalité du travail – et du télétravail. Conséquence directe de la pandémie, les propriétaires et gestionnaires d’immeubles de bureaux doivent ajuster leur offre pour tenir compte des besoins et des attentes de leurs locataires.

Publié le 3 déc. 2021
Yvon Laprade
Yvon Laprade Collaboration spéciale

« Des locaux disponibles sur le marché locatif, il y en a en masse actuellement, constate Jean-Pierre Proulx, fondateur de la firme de courtage immobilier Proulx-Vadnais. On ne peut [certainement pas] parler de pénurie. »

Il observe en outre que bon nombre de locataires (cabinets de professionnels et autres) tentent de réduire leurs coûts en sous-louant une partie des locaux inoccupés. Un exercice toutefois difficile, compte tenu de l’offre qui est largement supérieure à la demande.

On peut calculer sommairement que 15 % de la superficie totale des locaux offerts en sous-location trouvent difficilement preneur. Avant la pandémie, il y avait très peu de locaux disponibles sur le marché, qui avait connu une forte effervescence au cours des sept années précédentes.

Jean-Pierre Proulx, fondateur de la firme de courtage immobilier Proulx-Vadnais

Chose certaine, précise le courtier d’expérience, le télétravail est là pour de bon et cela aura un impact direct sur le taux de vacance des immeubles locatifs.

« Bien des entrepreneurs à qui je parle craignaient [avant la pandémie] que ça allait nuire à la productivité, soumet-il, mais là, ils réalisent que c’est tout le contraire. »

Dans de telles conditions, il ne voit pas poindre à l’horizon de nouvelles constructions d’immeubles de bureaux dans la troisième ville du Québec, avec 437 413 habitants.

« Je ne me verrais pas me présenter à mon banquier pour solliciter le financement d’un projet de ce genre », met-il en contexte.

Nouvelle tour dans le « nouveau centre-ville »

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, COLLABORATION SPÉCIALE

Les travaux de construction de la nouvelle tour de bureaux progressent rapidement.

Pendant ce temps, dans ce qu’on appelle désormais « le nouveau centre-ville » de Laval, les travaux de construction d’une nouvelle tour de bureaux de 16 étages progressent à très bon rythme.

« Nous terminons le dernier étage, souligne Frédérick Truchon-Gagnon, directrice des affaires publiques au Groupe Montoni. Tout sera terminé dès l’automne 2022. »

Cet immeuble fait partie de l’Espace Montmorency, qui compte deux tours résidentielles et un hôtel de 185 chambres, dont la construction doit s’amorcer au cours de la prochaine année.

La directrice ne cache pas que la pandémie a obligé le Groupe Montoni – qui réalise le projet en partenariat avec le Groupe Sélection et le Fonds immobilier du Fonds de solidarité FTQ – à tenir compte des nouvelles attentes des employés et des employeurs.

« On a vu ça comme une opportunité, signale-t-elle. On a ajusté notre offre en fonction de la nouvelle réalité. À titre d’exemple, un étage au complet, le huitième, sera consacré au travail collaboratif. C’est un choix que l’on a fait. Nos locataires pourront réserver des salles de réunion, accueillir les employés qui vont continuer de travailler sur un mode hybride. »

Espace de créativité

On aura compris que les partenaires qui participent à ce projet d’envergure veulent en mettre plein la vue à leurs futurs locataires afin de les attirer dans cet « espace » de travail haut de 16 étages.

« Nous voulons que ça contribue à attirer les talents », relève Frédérick Truchon-Gagnon.

On ira au bureau pour échanger avec ses collègues, prendre un verre à la fin de la journée et, qui sait, aller patiner dans l’immense cour intérieure du complexe.

Frédérick Truchon-Gagnon, directrice des affaires publiques au Groupe Montoni

« On s’en va vers cela, travailler dans un environnement propice à la créativité », ajoute-t-elle.

Au service de développement économique de la Ville de Laval, on dit regarder la situation de près. « La Ville est en cours d’analyse des différents enjeux et des opportunités que cette nouvelle réalité fait surgir au niveau économique sur ce marché spécifique. Consulter nos partenaires pour mieux comprendre leur réalité est aussi essentiel pour nous afin de bien comprendre comment cela va toucher le territoire et les marchés concernés. Il est donc encore trop tôt pour tirer des conclusions », affirme la directrice des communications et du marketing, Anne-Marie Braconnier.