Après des années d’attente, le Port de Saguenay vient enfin de recevoir le financement nécessaire provenant de Québec et d’Ottawa en vue de son redéploiement sur les marchés internationaux dans la manutention et la transformation des métaux en vrac.

Yvon Laprade
Yvon Laprade Collaboration spéciale

Cette contribution de 66,6 millions de dollars, sous la forme d’un prêt et d’une subvention, favorisera la construction d’un premier convoyeur « électrique » aux installations portuaires de Grande-Anse, dans l’arrondissement de La Baie.

« C’est majeur, se réjouit son PDG, Carl Laberge. Ces investissements [gouvernementaux] sont une reconnaissance de notre potentiel. »

On est en train de développer nos infrastructures, on s’équipe pour recevoir des projets internationaux, la grande industrie, des investissements de plusieurs centaines de millions.

Carl Laberge, PDG du Port de Saguenay

Les travaux vont commencer au printemps 2022. Le chantier emploiera une centaine de travailleurs. Le convoyeur à la fine pointe de la technologie – et qui réduira l’émission de matières polluantes – sera inauguré à la fin de 2023.

« Ce sera un système de transport mécanisé long de deux kilomètres, explique-t-il. Ce n’est pas rien. Sa seule présence améliorera notre bilan environnemental, étant donné qu’il y aura moins de camions sur la route pour l’acheminement des produits divers qui arriveront, entre autres, par les chemins de fer. »

Processus en marche

Il est prévu que le convoyeur servira à « déplacer les matériaux » entre la zone portuaire industrielle et les navires amarrés au terminal maritime. Ce « système » facilitera en outre le chargement et le déchargement des matériaux.

Carl Laberge ne manque pas de rappeler que cette avancée technologique s’inscrit dans le processus d’électrification des transports au Québec. En prime : la mise en activité du convoyeur contribuera à hausser de façon substantielle la capacité de manutention des matériaux qui y seront acheminés.

« Actuellement, calcule le PDG, la capacité actuelle se limite à 540 000 tonnes métriques, principalement des granules de bois et de l’aluminium, avec des clients comme Résolu et Rio Tinto. Nous sommes un port régional. Avec nos nouvelles installations, nous pouvons aspirer à devenir un bien plus gros acteur. On peut penser que le volume des marchandises qui vont transiter au port sera porté à plusieurs millions de tonnes métriques annuellement. »

On vise [tout particulièrement] le secteur minier, dans le nord du Québec. C’est un de nos marchés cibles. Nous sommes en excellente position pour nous démarquer.

Carl Laberge, PDG du Port de Saguenay

Deux grands projets

À court terme, le PDG souhaite voir se confirmer l’intention d’investissements de 600 millions, par les promoteurs du projet minier Métaux BlackRock, de Chibougamau, en vue de la construction d’une usine de transformation du minerai sur les terrains industriels de la zone portuaire.

« C’est cela qu’on vise pour assurer notre croissance, attirer des investissements provenant de grandes entreprises minières désireuses de transformer les métaux », fait-il valoir.

Il estime que ce projet représente à lui seul un potentiel de 1,8 million de tonnes métriques sur une base annuelle. C’est sans compter un deuxième projet, encore plus imposant celui-là, piloté par Vanadium One, avec un potentiel de 5 millions de tonnes métriques.

« Il ne fait pas de doute, selon nos prévisions, que l’activité sera intense au Port de Saguenay au cours de la prochaine décennie, expose Carl Laberge. On le voit, il y a des volumes de manutention immenses qui se montrent à l’horizon, dans notre direction. »

Il ne manque pas de souligner que le Port de Saguenay dispose de terrains industriels en quantité… industrielle. « L’équivalent de 2500 terrains de football, précise-t-il. Nous avons l’espace nécessaire pour répondre aux besoins de nos clients et l’avantage d’être situés hors d’une zone urbaine. »

Autre élément positif : le port se trouve en eaux profondes – 14 m d’eau à marée basse –, ce qui facilite l’accès des gros navires.