Un gymnase tout équipé pour garder la forme. Une terrasse sur le toit pour les « 5 à 7 ». Congé de « devoirs et de leçons » le vendredi durant l’été. Des employés qui continuent de se présenter au bureau même si leur employeur leur a proposé le télétravail.

Yvon Laprade
Yvon Laprade Collaboration spéciale

« Il y a un véritable esprit de famille au sein de notre entreprise », observe Patrick Massicotte, 35 ans, associé, services-conseils, au cabinet d’expertise comptable Soluce, qui a ses bureaux à Trois-Rivières, Bécancour et Montréal.

Résultat : la PME de 70 employés (fiscalistes, comptables, techniciens) affiche un excellent bilan de santé en ce qui concerne le taux de rétention de ses employés.

« Notre stratégie fonctionne, précise le comptable spécialisé en financement corporatif. On implique nos employés dans le processus décisionnel. On a réussi à créer un sentiment d’appartenance. »

Au-delà du salaire

Il faut comprendre que l’entreprise qu’il a cofondée en 2010 connaît une forte croissance, avec des mandats de plus en plus variés, et de plus en plus complexes, entre autres dans les dossiers de transferts d’entreprises.

D’où l’importance de miser sur des professionnels compétents qui sont prêts à s’investir du début à la fin des processus de vérification et d’accompagnement auprès de leurs clients.

« Il ne fait pas de doute que la culture d’entreprise est au centre de notre action, soulève Patrick Massicotte. Nous faisons les efforts nécessaires pour garder notre main-d’œuvre, pour stimuler de nouveaux projets. »

Il ajoute : « C’est un travail de tous les jours, il faut alimenter la discussion et favoriser des échanges constructifs entre les membres du personnel et la direction. »

Il évoque des « comités de développement durable » et de « responsabilité sociale », un comité « santé ». Il insiste sur l’importance de faire preuve de créativité dans la gestion des ressources humaines.

« On essaie d’être très actuels, dit-il. On a instauré des horaires flexibles pour tenir compte des besoins des employés, qui doivent concilier travail et famille. »

Nos employés ont en moyenne 35 ans, certains sont là depuis le début. Ils restent avec nous parce qu’ils ont le sentiment qu’ils peuvent se réaliser sur le plan professionnel.

Patrick Massicotte, associé, services-conseils, au cabinet d’expertise comptable Soluce

Aller à la « source »

Mais il ne faut pas croire, insiste le comptable, que les défis sont inexistants, en cette période mouvementée où les employés qualifiés ont l’embarras du choix quand vient le moment d’améliorer leur sort.

« Mais de notre côté, fait-il observer, la rémunération n’est pas l’élément qui [pèse dans la balance] quand un employé nous informe qu’il veut partir. Si on lui pose la question, il va nous répondre qu’il y a bien d’autres raisons. »

En d’autres termes, selon ce qu’il a constaté, « si on veut retenir nos employés, il faut savoir innover, faire en sorte qu’ils se sentent heureux au travail ».

Pas étonnant que la quasi-totalité des fiscalistes et comptables n’ait pas changé ses habitudes depuis le début de la pandémie. « Je vous dirais qu’à peine 10 de nos 70 employés veulent faire du télétravail une seule journée par semaine, calcule-t-il. On leur a offert de travailler à la maison, mais ils ont préféré venir au bureau. Il faut croire qu’ils s’y sentent bien. »

Et qu’en est-il de la relève ? « Il est fondamental pour la progression de l’entreprise d’aller recruter de nouveaux talents, dit-il. Nous avons au sein de l’entreprise sept employés qui sont chargés de cours, y compris moi-même. On va les chercher à la source, dans les universités [à Sherbrooke et à Trois-Rivières]. »