Conserver l’expertise de huit artistes qui œuvraient en 2000 aux Mosaïcultures internationales de Montréal, c’était l’objectif derrière la création de Kadriform. Plus de 20 ans plus tard, François Gravel et son fils, Mathieu, sont aux commandes. L’art horticole est toujours le cœur de leurs activités, mais l’entreprise s’est transformée et se concentre sur la création d’ouvrages ayant comme point commun la beauté.

Julie Roy Collaboration spéciale

Combattre l’éphémère

Mathieu Gravel, 30 ans, est le visage de la relève. Après un bref passage au sein de l’entreprise en 2009 et des études en génie civil et en administration des affaires, il a décidé d’effectuer un retour chez Kadriform en 2015. Un détail l’a toutefois irrité au plus haut point, le côté éphémère des contrats de mosaïcultures. « On a eu des projets en Turquie, en Belgique, au Japon, en Chine, aux États-Unis. Toutes les fois, ce sont des projets stimulants et hautement techniques, mais cela arrive une fois aux trois ans. Dans ma tête, je ne pouvais pas utiliser le talent artistique de mes employés aussi peu, il fallait développer d’autres avenues. »

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Un soudeur artiste de Kadriform à l’œuvre

C’est ainsi que l’entreprise a pris son envol. De l’atelier sont nés des boîtes à lire, des statues, du mobilier urbain, des cloches personnalisées, etc. Des œuvres commandées autant par des artistes, des villes, des promoteurs d’évènements que des firmes d’architecture. « On est ouverts aux défis et nos projets sont très variés. Il est possible qu’un artiste vienne nous voir avec son concept, mais qu’il n’ait pas les outils pour réaliser son œuvre. D’autres fois, on part de l’idée du client et ce sont mes soudeurs artistes qui font la conception et la réalisation », explique Mathieu Gravel.

Abordable et à 30 minutes du Plateau

L’entrepreneur n’a jamais eu de difficulté à recruter ces artistes du métal, et cela, même si l’entreprise est située à Repentigny. Loin d’être un frein, sa situation géographique est même un avantage. « On est dans un milieu industriel proche de la ville. Repentigny est un endroit dynamique et les loyers sont moins chers que dans le Vieux-Port, où nous avons déjà été installés. Mes employés qui habitent Montréal ont le même temps de trajet, et même moins, que s’ils devaient se déplacer pour aller aux studios MELS. »

École-usine pour former la relève

Mettant toutes les cartes de son côté pour ne pas manquer de travailleurs, Kadriform s’est associée avec le Centre multiservice des Samares dans un programme de formation soudage-montage en mode DUAL (école-usine). « Le projet en est à sa deuxième année, mais ce sera notre première participation. Les étudiants vont suivre la partie théorique à l’école, mais vont faire la partie pratique chez nous. Pour nous, c’est une façon de créer un lien et de les former selon nos méthodes. »

Une nouvelle association

En temps de COVID-19, les projets qui misent sur la beauté ne sont pas toujours la priorité des organismes publics. En attendant la reprise, Mathieu Gravel a fondé en janvier dernier une nouvelle entreprise, Kadrimétaux. Fruit d’une alliance avec Gestimétaux, la nouvelle entité a encore l’esthétique au centre de son modèle d’affaires. « Cette division se concentre dans le domaine de la construction et conçoit des produits comme des escaliers ouvragés. L’idée est de mettre de la splendeur dans les édifices. »

De nouveaux projets

Discret sur ses prochaines stratégies d’affaires, Mathieu Gravel affirme tout de même que les projets fusent chez Kadriform, mais la nature de ces derniers ne peut être dévoilée pour des questions de confidentialité. D’ailleurs, malgré ce mystère, l’homme d’affaires ne ferme pas la porte à des associations avec des promoteurs. « On est toujours à la recherche de partenariats et de promoteurs. »