Réduire la pollution sonore des moteurs d’avion, participer à la conception d’un véhicule d’exploration lunaire, créer des pièces et des matériaux plus durables et plus légers : depuis près de 20 ans, Daniel Therriault, professeur titulaire au département de génie mécanique de Polytechnique Montréal, s’affaire à concevoir l’avenir de l’aérospatiale.

Julie Roy Collaboration spéciale

En tout, ce sont huit projets qui occupent l’homme de science. De la recherche bien tangible qui répond aux besoins de l’industrie. « J’aime les défis et de savoir que nous fabriquons de nouveaux matériaux et que ceux-ci servent à régler des problèmes », soutient Daniel Therriault.

S’inspirer de la nature

Un des éléments communs à toutes ses recherches est la présence de la fabrication additive ou impression 3 D. Une manière de mettre en forme de nouveaux procédés de fabrication qui s’inspire de la nature. « On applique de la matière uniquement aux endroits où cela est nécessaire et on peut en ajouter pour optimiser la résistance mécanique. C’est comme ça que la nature fonctionne, elle varie la densité des matériaux selon les besoins », explique le professeur.

Ce dernier travaille d’ailleurs sur les composantes autoréparatrices, un procédé qui consiste à insérer dans la pièce de petites capsules qui contiennent une substance chimique. Celle-ci se répand au moment du dommage et vient combler le déficit de matériel. Déjà utilisée dans la fabrication de peinture pour bateau, elle est un plus dans le secteur de l’aérospatiale. « On ne peut pas toujours envoyer un astronaute réparer des pièces endommagées, et dans le domaine de l’aviation, cela permet de réparer des microfissures et d’allonger la durée de vie des pièces », explique Daniel Therriault.

Réduire la pollution sonore

Depuis quatre ans, le chercheur travaille en collaboration avec le fabricant de moteurs Safran afin de réduire les décibels des moteurs.

« Notre rôle est de fabriquer une structure 3D qui va absorber les basses fréquences », explique Daniel Therriault.

Plus léger, plus performant, moins polluant

Daniel Therriault travaille aussi dans les structures thermoplastiques qui rendent les appareils plus légers.

Au plastique, on ajoute d’autres composantes comme de la fibre de carbone. La structure devient plus rigide et résistante, moins lourde et, donc, elle est plus performante parce que l’appareil consomme moins de carburant. Ainsi, les avions peuvent contenir plus de passagers.

Daniel Therriault, professeur titulaire au département de génie mécanique de Polytechnique Montréal

La réalisation de projets à partir de ces composites polymères prend toutefois du temps. « Parfois, c’est quasiment devenu une vieille innovation, car il faut attendre entre 10 et 20 ans avant que toutes les étapes des essais, de la certification et la commercialisation soient réalisées. »

Prochaine étape, les étoiles

Ce qui manque au tableau des réalisations de Daniel Therriault ? Toucher les étoiles, un rêve qu’il caresse depuis ses 8 ans. « Je me souviens qu’à Rimouski, ma ville natale, je dessinais des fusées, je rêvais de devenir astronaute. Je n’ai jamais abandonné cette idée. J’ai fait une spécialisation en technologies aérospatiales, et, au cours de mes études aux États-Unis, j’ai rencontré Scott White, un chercheur mondialement reconnu en génie aérospatial. Tout cela a fait en sorte que je poursuive dans cette voie », dit le doctorant en aérospatiale.

Son objectif d’atteindre les étoiles se rapproche, car il travaille en ce moment avec l’Agence spatiale canadienne à la conception d’un véhicule lunaire, mais ce dernier ne sera pas en fonction avant cinq à sept ans. La patience est encore de mise.