Le 31 mars dernier, Diane Plasse a clos un chapitre de sa vie professionnelle. Après 45 ans, la spécialiste en denturologie n’a pas renouvelé son permis de pratique. Une étape qui a été préparée longtemps auparavant.

Julie Roy
Collaboration spéciale

Dépenses et discipline

Dès le début de sa carrière, Diane Plasse confie qu’elle a eu un emploi rémunérateur, mais l’argent n’était pas sa principale préoccupation, et encore moins la retraite. « Mon conjoint avait un emploi prenant et nous avons eu trois enfants. Pour les besoins de la famille, je ne travaillais que trois jours par semaine », dit-elle.

Travailleuse autonome à temps partiel sans régime de retraite, elle a tout de même toujours cotisé à son REER, surveillant étroitement les dépenses familiales. « Ma grand-mère a eu 13 enfants et mon père devait ramasser sur la voie ferrée du charbon tombé des trains pour arriver à se chauffer. Il crevait de faim. L’éducation financière m’a été inculquée dès ma tendre enfance, et depuis toujours, toutes les dépenses que je fais sont pensées et raisonnées », explique-t-elle.

Saisir les occasions

En 2000, à la suite d’un divorce, elle se retrouve seule sans avoir droit au patrimoine familial parce que sans y penser, elle a eu le malheur de signer un papier où elle y renonçait. Loin de se laisser abattre, elle s’achète un condo à Montréal et ouvre un bureau pour poursuivre sa carrière.

En 2003, elle reçoit un appel qui allait tout changer, y compris sa retraite. Son fils, qui habite en Alberta, lui annonce qu’elle va devenir grand-mère. Après un séjour dans cette province de l’Ouest, elle prend la décision d’y déménager pour voir grandir l’enfant. Elle revend son condo payé 55 000 $ pour la somme de 120 000 $. « J’ai vraiment eu de la chance parce que c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à avoir plus de liquidités et que j’ai pu acheter une maison tout près de celle de mon fils. »

Recommencer sa vie

Sa nouvelle demeure lui permet de louer des chambres, ce qui lui donne un revenu d’appoint. Elle utilise également son réseau pour dénicher non pas un, mais deux emplois. « Pendant quelque temps, je suis devenue représentante pour des montures de lunettes et j’ai obtenu un poste dans un établissement d’enseignement comme professeure de denturologie. »

Fonds de retraite et placements immobiliers

C’est donc à 50 ans que Diane Plasse a eu pour la première fois de sa vie un fonds de retraite. Pendant 13 ans, elle y a cotisé tout en maintenant un régime financier sain. Parallèlement, elle a mis ses pions en place pour s’assurer une retraite confortable. Elle a acquis deux condos au Québec, qu’elle louait en son absence, s’assurant ainsi des revenus et un pied-à-terre pour visiter ses autres enfants.

Santé financière et psychologique

L’heure du retour dans la province a sonné lorsque la santé de ses parents restés au Québec est devenue chancelante. La professionnelle devenue aussi femme d’affaires s’est alors départie de ses biens immobiliers. Elle a renoncé à son poste d’enseignement en Alberta, non sans avoir pris soin de préparer le terrain. « Une retraite se prépare au moins cinq ans d’avance. Dans mon cas, pendant trois ans, j’ai pris tout ce qui m’était offert. J’ai consulté un psychologue et mis en pratique ses conseils. »

Même bien préparée, elle admet avoir connu des épisodes difficiles quand la roue s’est arrêtée. Pour fuir l’ennui et maintenir une vie sociale, elle a continué d’enseigner quelques semaines au Québec. La COVID-19 a toutefois tout arrêté.

Se considérant comme au sommet de sa vie professionnelle, elle a eu quelques contrats ici et là. En ce moment, elle participe à l’effort en vaccinant des gens. Le plus important, pour elle, c’est de se maintenir en forme et de consacrer du temps à sa passion pour l’art, tout en prenant soin de ses parents et petits-enfants. « L’argent n’est plus un souci, j’ai suivi scrupuleusement les conseils de mon planificateur financier. C’est un mélange de chance, de discipline et d’opportunités qui m’ont permis d’atteindre la liberté financière, mais l’argent, ce n’est pas tout si on ne sait pas quoi en faire », conclut-elle.