Bien que la pandémie persiste et que certains experts croient même que des variants causeront une troisième vague l’automne prochain, chez Investissement Québec, on croit que l’opération de sauvetage des PME est une réussite, et on est déjà en mode relance, assure le président-directeur général de l’organisme, Guy Leblanc.

Jean Gagnon
Collaboration spéciale

Lorsque le gouvernement a placé le Québec en confinement au printemps, Investissement Québec, de pair avec les institutions financières, a mis sur pied en quelques jours un programme d’aide de 2,5 milliards de dollars pour aider les entreprises chez qui la pandémie créait un grave problème financier conjoncturel et non structurel. Ces ressources étaient amplement suffisantes, car les débours du programme totalisent aujourd’hui environ 900 millions, précise M. Leblanc.

Les limites de l’endettement

À l’aube de 2021, le constat chez Investissement Québec, c’est que ça va bien et que si un autre orage se présente, on sera prêt à y faire face. « Toutefois, on doit reconnaître que l’endettement des entreprises a ses limites, dit Guy Leblanc. On verra dans quelques mois comment les choses se présenteront. Les prochaines interventions, si nécessaires, pourraient être différentes. »

Lorsqu’il est devenu évident en mars que nous aurions à faire face à une crise sanitaire majeure, tout le monde naviguait dans l’inconnu. Les Fonds régionaux de Solidarité FTQ se sont alors empressés d’accorder un congé de remboursement de prêts pour une période de six mois à leurs PME, rappelle Luc Pinard, président-directeur général. Les Fonds régionaux ont 550 entreprises en portefeuille pour des investissements de 500 millions de dollars.

Pas de ralentissement

Après une période plutôt tranquille en matière d’activités d’avril à août, les investissements ont repris de plus belle à la fin de l’été. Si bien qu’au 31 décembre, l’organisme affichait le même volume d’affaires en prêts et en participations au capital-actions que l’année précédente. « La situation pour l’ensemble des PME n’a certainement pas été aussi dramatique qu’on aurait pu le croire », dit Luc Pinard, qui note que les carnets de commandes des entreprises auxquelles les Fonds régionaux participent financièrement sont pleins. « Les plus affectés ont malheureusement été les petits commerces et les détaillants », ajoute-t-il.

De plus, la qualité du crédit des PME s’est, semble-t-il, très bien maintenue.

Nous n’aurons pas à prendre plus de provisions pour mauvaises créances cette année que l’année dernière. La situation des PME semble quelque peu semblable à celle de la Bourse.

Luc Pinard, président-directeur général des Fonds régionaux de Solidarité FTQ

Après une réaction fortement négative en mars, les marchés boursiers sont revenus en force, et la pandémie ne semble pour eux qu’un mauvais souvenir. « Souhaitons que l’on ne rêve pas en couleurs comme certains observateurs de la Bourse le craignent », dit-il.

Les affaires se déplacent

La résilience de l’ensemble des entreprises québécoises face aux difficultés infligées par la pandémie a été surprenante, constate également Stéphane Achard, vice-président à la direction, entreprises et assurances, à la Banque Nationale. « Les affaires se sont déplacées vers la construction et les infrastructures », dit le banquier.

La chute des taux d’intérêt qui a résulté des actions de la Banque du Canada pour contrer la pandémie a fait en sorte que le secteur immobilier a connu de meilleures performances que prévu. « À la banque, les prêts consentis sous forme de marge de crédit ont diminué, mais pour les prêts hypothécaires, c’est tout le contraire », dit M. Achard. « Les fusions et acquisitions pour lesquelles la banque agit également à titre de conseillers sont aussi à la hausse », ajoute-t-il.