Dans un monde sans pandémie, Yvan Petit serait à Paris ou à Marseille en train d’enseigner à titre de professeur invité à l’Université Gustave Eiffel. En attendant, l’homme de 56 ans, qui n’en est pas à une surprise près dans sa carrière, continue de façonner la médecine de demain.

Julie Roy
Collaboration spéciale

Casques de vélo et de football pour prévenir les commotions cérébrales, collier cervical pour le circuit de go-kart de la FIA, implant pour la hanche et autres prouesses techniques figurent parmi les réalisations d’Yvan Petit, docteur en génie biomédical et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biomécanique des traumatismes à la tête et à la colonne vertébrale de l’École de technologie supérieure (ETS).

La carrière d’Yvan Petit est une suite d’occasions qu’il a su saisir. Fils de producteur agricole, il s’est d’abord orienté en agriculture, mais des problèmes d’allergies l’ont empêché d’exercer son métier. Il s’est alors tourné vers le génie biomécanique. « À la base, j’étais comme tout le monde, je me demandais ce qu’un ingénieur pouvait faire dans le domaine biomédical, mais quand on y pense, les ingénieurs sont derrière la conception de tous les produits et appareils que l’on retrouve en médecine. »

Des recherches avec des buts précis

En 2003, il est devenu professeur à l’ETS et, en 2005, il a inauguré un laboratoire de recherche en collaboration avec l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal se concentrant sur les traumatismes de la colonne vertébrale. « Cela fait 30 ans que je suis dans le domaine de la colonne vertébrale et on ne cesse d’effectuer des recherches parce qu’il y a toujours des problèmes à résoudre. »

Des recherches qui ont un objectif toujours précis.

Les projets durent en moyenne d’un an à trois ans. Seulement 13 % des demandes de subvention obtiennent une réponse positive, car il faut que la recherche ait un réel potentiel de succès. Nous cherchons toujours une solution concrète à des problèmes concrets et pertinents.

Yvan Petit

Prévenir les accidents de demain

Bien qu’il n’y soit pas physiquement, le professeur Petit poursuit sa collaboration avec la France sur un projet qui vise à mieux prévenir les accidents du futur.

« Les villes ne sont plus comme il y a 30 ans. La mobilité active change, que ce soit avec la venue des trottinettes électriques, le vélo, la marche, etc. On va se servir des modèles de simulation virtuelle des accidents afin de mieux comprendre les situations d’accidents à risque de blessures graves et proposer des moyens pour les prévenir. »

Un travail multidisciplinaire

Parmi les autres mandats du professeur Petit, il y a celui de soulager les points de pression des patients tétraplégiques. « Pour éviter les plaies, les patients tétraplégiques doivent être bougés toutes les deux heures. Cela a des conséquences sur la vie des proches aidants. Nous travaillons à la conception d’un dispositif intelligent, un système autonome programmable de repositionnement du corps pour éliminer les pressions excessives. »

Un travail qu’il ne fait évidemment pas seul. « Quel que soit le projet, nous sommes continuellement entourés d’une équipe multidisciplinaire. On apprend les uns des autres. C’est le meilleur métier du monde, où notre but est d’aider au mieux-être et à la sécurité des gens », explique Yvan Petit.