Alors qu’il est toujours bien vu de pouvoir apposer les lettres MBA à son nom dans sa signature, le diplôme s’est démocratisé dans les dernières années. Mais ce programme est-il vraiment pour vous ?

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

La première chose à faire pour prendre une décision éclairée est de courir les séances d’information sur les programmes de MBA qui se font bien sûr en ligne actuellement en raison de la COVID-19. L’École des sciences de la gestion (ESG) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a même conçu des capsules vidéo pour donner l’information.

« Il faut bien décrire le programme et les attentes, parce que c’est prenant : il faut prévoir 25 heures par semaine en dehors des cours pour réaliser les lectures, le travail d’équipe et la préparation aux examens », affirme Guy Cucumel, directeur du MBA pour cadres à l’ESG UQAM.

Sa formule d’enseignement est une fin de semaine de trois jours, qui inclut le vendredi, une fois par mois.

« L’étudiant doit avoir l’appui de son employeur pour qu’il soit libéré les vendredis de cours et parce qu’il peut y avoir des périodes plus prenantes, indique M. Cucumel. C’est certain que l’employé sera un peu moins disponible pour son employeur pendant ces deux ans d’études. »

L’ESG UQAM conseille aussi à l’étudiant d’avoir le soutien de sa famille avant d’entreprendre un MBA.

Le conjoint doit être partie prenante de la décision d’entreprendre un MBA, parce que c’est certain que les études perturberont la vie familiale.

Guy Cucumel, directeur du MBA pour cadres à l’ESG UQAM

À l’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia, Anne Beaudry, directrice du MBA, remarque aussi que les étudiants du programme offert à temps partiel ont souvent tendance à sous-estimer le temps qu’ils devront y investir.

« Sans cohorte, notre programme est très flexible et permet aux étudiants à temps partiel de choisir seulement un cours ou deux par session, dit-elle. Plusieurs se disent, par exemple, qu’un cours le mardi soir et un le samedi matin seront faciles à gérer avec leur famille et leur emploi, mais en plus, il y a l’étude et les travaux à faire, de même que les activités proposées en dehors des heures de cours auxquelles ils ont tout avantage à participer. »

On a d’ailleurs tenté de parler à deux étudiants pour qu’ils témoignent dans le présent article, mais ils étaient trop débordés en cette fin de session à distance avec le télétravail et les enfants à gérer au travers.

Choisir un programme à temps plein

Le MBA offert à temps plein représente un autre type de défi.

« Souvent, il est suivi par des gens qui font une pause professionnelle pour effectuer un retour aux études après plusieurs années d’arrêt et c’est un choc, affirme Anne Beaudry. Le programme occupe quelqu’un facilement de 35 à 40 heures par semaine, et les exigences au deuxième cycle sont plus élevées que pour le baccalauréat. »

Le temps investi peut être plus important encore si la personne choisit des cours axés sur l’apprentissage expérientiel.

« Tout dépendant du plan de carrière de l’étudiant, il peut décider de privilégier un stage rémunéré en entreprise, de l’engagement communautaire ou encore l’organisation des compétitions de cas qui est très prenante, mais qui permet d’apprendre beaucoup », indique Mme Beaudry.

Bien sûr, les étudiants ne sont pas obligés de s’impliquer autant.

« C’est une question de choix, mais il reste que ces occasions et le fait d’avoir la chance d’agrandir son réseau de contacts font partie de l’expérience particulièrement enrichissante qu’offre le MBA », ajoute Mme Beaudry.