Comme planificateur financier, Simon Préfontaine n’a pas toujours appliqué les conseils qu’il donne à ses clients. Après plusieurs années à vivre au-dessus de ses moyens, il a réduit ses dépenses pour se constituer un fonds d’urgence dans son CELI. Il en a grandement profité l’automne dernier alors que sa vie a été remplie d’imprévus.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

« Mon frigo a rendu l’âme, puis mes beaux-parents qui vivent au Kirghizistan ont enfin eu la chance de venir nous visiter, ma femme et moi, alors nous avons contribué au financement de leur voyage et des activités que nous avons faites ensemble pendant ces trois mois », raconte Simon Préfontaine, 39 ans.

De plus, le couple qui a une fille de 3 ans célébrait son cinquième anniversaire de mariage. Il voyait la présence des grands-parents comme l’occasion rêvée de partir une semaine en voyage d’amoureux. D’autant plus qu’ils veulent un deuxième enfant et qu’il sera plus difficile par la suite de faire garder leur progéniture. Le couple a beaucoup tergiversé, mais a finalement décidé de partir.

J’ai fait ce que je dis toujours à mes clients de ne pas faire : piger dans le fonds d’urgence pour ce qui n’est pas une urgence !

Simon Préfontaine, planificateur financier

Le couple ne l’a pas regretté : il a vécu l’un de ses plus beaux voyages. Par contre, le deux tiers de son fonds d’urgence a été dépensé pendant ces mois d’imprévus.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Simon Préfontaine et sa petite famille

« Ça apporte un stress financier parce qu’on s’habitue à la sécurité d’avoir un fonds d’urgence et lorsqu’il est dégarni, il faut faire plus attention », constate Simon Préfontaine.

Prévoyant, il a tout de même « un fonds d’urgence pour son fonds d’urgence » : une marge de crédit. « Mais, je ne l’ai jamais touché et je souhaite que ça reste ainsi. Donc, la priorité est de renflouer notre fonds d’urgence. »

Se discipliner pour épargner

Simon Préfontaine se souvient bien des sacrifices qu’il a dû faire il y a 10 ans pour constituer son fonds d’urgence comprenant l’équivalent de trois mois de dépenses. Alors qu’il travaillait depuis cinq ans, il venait de réaliser qu’il avait moins d’argent dans ses poches qu’en sortant de l’université.

« J’ai alors décidé d’appliquer ce que je prêchais, raconte-t-il. J’ai vendu ma voiture de luxe et ma moto, puis j’ai grandement diminué mes factures de restaurant. »

Ensuite, il a mis en place des virements automatiques pour se constituer un fonds d’urgence dans un CELI pour que la somme croisse à l’abri de l’impôt. Comme travailleur autonome, ses revenus sont variables, donc lorsqu’il pouvait se le permettre, il déposait des sommes supplémentaires.

« Il faut sortir son fonds d’urgence de son compte avec opérations pour être moins tentés de le dépenser », conseille Simon Préfontaine.

Il tenait à ne pas prendre de risque avec cet argent dont il pouvait avoir besoin à tout moment.

« J’ai opté pour un compte épargne à intérêt élevé, dit-il. Je ne voulais pas mettre cette somme sur les marchés boursiers et risquer d’en avoir besoin pendant que les marchés sont bas. Ça m’aurait fait encore plus mal de piger dedans ! Pour moi, un fonds d’urgence, c’est une assurance qu’on se crée soi-même, ce n’est pas une somme avec laquelle on fait de l’argent. »