Louise Champoux-Paillé, économiste et ancienne présidente du Bureau des services financiers, est catégorique : le mentorat a été un excellent outil pour gravir les échelons durant sa carrière. Aujourd’hui, l’administratrice de sociétés renvoie l’ascenseur en offrant ses conseils afin d’aider d’autres femmes d’affaires à réaliser leurs rêves professionnels. Elle a notamment développé une belle amitié avec l’une de ses « mentorées », Ana Schmucker. Portrait.

Sandra Sirois
Collaboration spéciale

Louise Champoux-Paillé a commencé à s’impliquer comme mentore dans les années 80. Après avoir accompagné une longue liste de « mentorés » au fil du temps, elle réalise aujourd’hui les grandes différences entre les préoccupations des hommes et des femmes.

« Les femmes sont concernées à l’idée d’arriver à faire leur place dans ce milieu d’hommes, estime-t-elle. Les hommes, eux, posent beaucoup de questions sur les habiletés politiques. Ils veulent savoir comment ils peuvent utiliser tous les leviers à leur portée afin d’atteindre leurs objectifs professionnels. » Les femmes resteront en général opportunistes, mais pas à n’importe quel prix. Elles donneront souvent la priorité à l’équilibre entre la carrière et la vie personnelle.

C’est notamment le cas d’une de ses mentorées, Ana Schmucker, originaire de la Colombie, qui a déménagé à Montréal en 2015 pour accompagner sa fille.

Ana Schmucker, première directrice en gestion de clients chez BNP Paribas Canada, a rencontré sa mentore il y a trois ans par l’entremise de l’organisme Gouvernance au féminin. « Pour moi, obtenir du mentorat, c’était une façon de découvrir le domaine des finances au Canada, à l’extérieur de BNP Paribas », explique la femme qui détenait déjà 20 ans d’expérience. S’estimant au sommet de son domaine d’expertise, Mme Schmucker souhaitait acquérir de nouvelles connaissances en vue d’un prochain défi.

Coup de foudre professionnel et plus

Dès leur première rencontre, ce fut le coup de foudre. « Dans les 30 premières secondes, je savais que ça allait fonctionner ! s’enthousiasme Louise Champoux-Paillé. Le mentorat a évolué en une relation de complicité et de respect l’une pour l’autre. » Pour Ana Schmucker, cette relation de proximité lui a apporté de nombreux avantages, et pas seulement d’un point de vue professionnel.

Louise m’a réappris la communication. À parler tout en comprenant l’autre. Cela m’a aidée pour mon travail, mais aussi pour ma vie à la maison ! C’est le conseil le plus important que j’ai eu de Louise.

Ana Schmucker, première directrice en gestion de clients chez BNP Paribas Canada

Ana Schmucker conseille aux femmes qui aimeraient trouver un mentor de ne pas hésiter à contacter des organismes comme Gouvernance au féminin. Louise Champoux-Paillé, de son côté, propose aux femmes qui souhaiteraient obtenir du mentorat d’une personne haut placée d’oser le demander.

« Pour moi, me faire demander d’être la mentore de quelqu’un a toujours été une grande joie ! », s’exclame la cadre en résidence à l’École de gestion John Molson de l’Université Concordia, qui travaille aussi à accroître la représentation des femmes dans les postes de direction. Comme dit le dicton, qui ne risque rien n’a rien !