En « état de choc », en « mode survie », « résilient », « rempli d’espoir »… Ce sont les commentaires les plus fréquents des représentants du secteur évènementiel dans le sud et le centre du Québec. Même si le moral est loin d’être au beau fixe, le secteur est prêt, mais surtout impatient de revoir sa clientèle.

Julie Roy
Collaboration spéciale

Shebrooke : fonds d’aide et solution hybride

Depuis le début de la pandémie, la région de Sherbrooke a vu 61 congrès et évènements annulés ou reportés en 2021. Des pertes en dépenses touristiques se chiffrant à plus de 6 millions de dollars. L’inquiétude est montée d’un cran au cours des dernières semaines avec l’annulation de réservations pour 2021. « On fait tout pour que les gens revoient leur décision. La clientèle d’affaires ne peut pas passer trois ans sans avoir de rencontres physiques avec leurs clients. Pour aider les organisateurs d’évènements, nous avons revu les critères de notre fonds d’aide », explique Josianne Côté, déléguée congrès pour Destination Sherbrooke.

La région compte normalement 80 fournisseurs de salles. En ce moment, seulement 18 poursuivent leurs activités. Le Delta Sherbrooke fait partie de ce nombre. L’établissement travaille à la création d’un studio interactif permanent qui lui permettra de tenir des réunions hybrides. « Si un congrès devait recevoir 500 personnes et que les règles ne nous permettent que d’en accueillir 250, le studio est une façon hybride de les inclure virtuellement », soutient Josianne Côté.

Montérégie : la créativité pour survivre

L’automne avait montré des signes d’espoir à la quarantaine de fournisseurs de salles de la Montérégie. La plupart avaient même reçu de petits groupes en respectant les normes de la santé publique. « La demande est là, les compagnies attendent juste que ce soit possible », assure Mario Leblanc, directeur de Tourisme Montérégie. Lorsque la région est devenue rouge, ce fut l’état de choc. Difficile de mettre en place une stratégie tellement la situation est incertaine. Mario Leblanc entrevoit une reprise graduelle, mais pas avant l’automne 2021.

En attendant, le milieu cherche de nouveaux débouchés. Forfaits d’activités grâce à des ententes avec des entreprises locales, blocs de réservation pour le télétravail et accueil des snowbirds qui resteront ici cet hiver sont parmi les solutions mises de l’avant.

Centre-du-Québec : personnaliser l’offre

Le tourisme d’affaires représente près de 70 % du chiffre d’affaires de la vingtaine de salles du Centre-du-Québec. Des essais technologiques ont été tentés l’été dernier pour mettre en place des solutions hybrides, mais la rentabilité n’a pas été au rendez-vous.

La solution a donc été de repenser les services offerts afin de maintenir les emplois. Repas à emporter, aménagement de chambres en salle à manger, service de répit et offre de suites pour les snowbirds ne sont que quelques-unes des idées mises en place. « Le carnet de réservations pour octobre et novembre était plein, mais tout s’est arrêté. En attendant, les hôteliers personnalisent au maximum leur offre. Ils essaient de maintenir leurs installations ouvertes en faisant fonctionner les autres services comme les soins de santé et bien-être, la restauration, etc. », explique Céline Rousseau, directrice marketing à l’Association touristique du Centre-du-Québec.

Trois-Rivières : petits évènements uniques

Le directeur du développement économique à Trois-Rivières, Mario De Tilly, s’attend pour 2021 à une reprise en vaguelettes.

Près de 50 % des salles sont déjà réservées pour l’an prochain, mais on ne sait pas combien de temps il va falloir avant que les choses reprennent leur cours normal. On va devoir repenser notre façon de faire. On ne pourra peut-être plus recevoir de grands groupes.

Pour lui, la trentaine de salles de la région devra continuer à vendre la destination, mais en créant des partenariats avec des entreprises afin que les réunions deviennent de véritables évènements. « Il faut que ce genre de rencontre devienne des happenings. »