Malgré une succession de coups durs, les hôteliers des Laurentides, de l’Outaouais et de l’Abitibi-Témiscamingue font tout pour traverser la crise. Au menu : galas virtuels, boîtes repas envoyées à domicile et nouvelle vocation des salles.

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

Résilience dans les Laurentides

Depuis le début de la crise, la directrice des ventes du Manoir Saint-Sauveur, Carole Tetrault, prône la résilience. « En fonction des restrictions de 25, 50 ou 250 personnes qui ont été imposées, on a trouvé de nouvelles façons de monter nos salles de réunions, et on a agrandi notre salle à manger grâce à ses murs amovibles. Le Manoir a l’avantage d’avoir 23 000 pieds carrés d’espace de réunions. »

Repensant le service des pauses-café et des repas, en éliminant les buffets, l’établissement a également créé des rencontres hybrides. « On a accueilli un évènement avec 17 personnes à l’hôtel qui étaient chacune connectées à une trentaine de personnes, dit-elle. On a débloqué des lignes internet et tout a bien fonctionné. »

Créativité en Outaouais

Au Fairmont Le Château Montebello, on parle également de galas virtuels. « On s’est réinventé en faisant preuve d’une créativité extraordinaire, affirme la directrice générale, Geneviève Dumas. On a même organisé un mariage de 75 personnes réparties dans trois salles, et les mariés nous ont dit que c’était féerique ! »

Adaptation en Abitibi-Témiscamingue

En Abitibi-Témiscamingue, le Noranda Hôtel – Centre des congrès tente de s’adapter aux mesures sanitaires changeantes, même si la région a toujours été classée en zone verte ou jaune, depuis mars dernier. « Pour les partys de Noël, puisque les pistes de danse sont interdites, on pensait offrir des repas-spectacles, mais l’idée est tombée à l’eau avec les plus récentes normes, précise le directeur général Frédéric Arsenault.

On propose aux clients qui seraient venus fêter chez nous des boîtes repas qui seront offertes aux employés.

Frédéric Arsenault, directeur général du Noranda Hôtel

L’établissement analyse toutes les options pour assurer sa survie financière. « Quand on a vu un hôtel de Drummondville offrir des forfaits aux snowbirds qui allaient se retrouver sans logement au Québec cet hiver, on a tâté le terrain, mais le volume n’est pas très intéressant chez nous. »

Il a également envisagé de proposer certaines de ses salles chauffées pour de l’entreposage. « Par contre, on ne sait pas quand on va pouvoir organiser des évènements et servir des repas. Donc, si on se coupe de certaines salles durant la période hivernale, mais qu’on peut reprendre certaines activités en janvier et en février, ça devient problématique. »

Éviter les dépenses mal avisées

Le gestionnaire veut aussi éviter des investissements mal avisés. « On regarde la possibilité d’équiper nos salles pour faire des réunions mélangeant le présentiel et le virtuel, mais est-ce un besoin qui va perdurer ou allons-nous investir plus de 30 000 $ pour des équipements qui ne seront plus nécessaires après la crise ? C’est difficile de faire des prévisions ces temps-ci. »

Pour sa part, Geneviève Dumas, du Château Montebello, espère que les choses se rapprocheront d’une forme de normalité en juin 2021.

C’est notre prédiction, quand on fait notre planification budgétaire. L’automne va nous rapprocher tranquillement de nos habitudes.

Geneviève Dumas, directrice générale du Fairmont Le Château Montebello

Bien que le Manoir Saint-Sauveur puisse accueillir 132 personnes en réunion dans le respect des règles de distanciation, sa directrice du marketing souhaite une évolution durant les prochains mois. « En 2021, si on pouvait au moins réunir 50 à 60 personnes, on pourrait se rendre à l’été 2021 plus aisément », dit Mme Tetrault.

À Rouyn-Noranda, on parle déjà de Noël… l’an prochain. « Idéalement, on aura un automne et un temps des Fêtes achalandés en 2021, affirme M. Arsenault. Si on peut rouvrir avant ça, on sera très heureux. »