Les prix de vente des propriétés et des appartements à louer ont grandement augmenté ces dernières années dans certaines régions du Québec, notamment à Montréal. Allouons-nous un trop grand pourcentage de notre budget à notre logement ? S’il faut éviter de monter au-delà de 35 % du revenu brut, il faut tout de même évaluer notre situation en fonction de notre mode de vie.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

Il faudrait allouer entre 25 et 35 % de son revenu brut aux dépenses liées au logement, d’après André Lacasse, planificateur financier chez Services financiers Lacasse.

La variation dépend de ses priorités. D’ailleurs, avant de prendre une grande décision par rapport à son logement, André Lacasse conseille de prendre le temps de réfléchir à ce qui est important pour soi.

« Quelqu’un qui travaille à Montréal, pour qui c’est très important de se rendre au travail à pied, paiera certainement plus cher pour son logement pour cette raison, mais c’est possible que cette personne n’achète pas de voiture, illustre-t-il. Ou si sa priorité est plutôt de voyager et de faire plein d’activités, c’est possible qu’il soit plus sage de s’en tenir à 25 %. »

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

André Lacasse, planificateur financier chez Services financiers Lacasse

Pour évaluer le risque d’un acheteur, la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) utilise notamment comme ratio l’amortissement brut de la dette, soit les coûts liés au logement (capital, intérêt, taxes, chauffage) divisés par le revenu annuel brut. La limite qu’elle accepte est 35 %.

André Lacasse est tout à fait d’accord avec ce maximum.

« Sinon, la personne achètera une propriété, mais elle ne pourra plus rien faire d’autre ni investir pour sa retraite », précise-t-il.

Même s’il y a une valeur rattachée à la propriété, il faut investir pour sa retraite afin d’avoir un patrimoine REER et CELI, à moins d’avoir un fonds de pension à prestations déterminées bien garni.

André Lacasse

Faire attention aux autres dettes

Alors qu’il voit de nombreux nouveaux acheteurs, Denis Doucet, porte-parole de Multi-Prêts Hypothèques, remarque que, normalement, le ratio de 35 % n’est pas dépassé.

« Les clients font leurs devoirs, ils savent ce qu’ils ont les moyens d’acheter, et d’ailleurs, pour cette raison, plusieurs sortent de l’île de Montréal, où les prix ont beaucoup augmenté ces dernières années, remarque-t-il. Mais souvent, le problème est leurs autres dettes. »

Pour faire un plan qui tiendra la route, on peut faire un budget avec les dépenses nécessaires pour couvrir les besoins de base sans le logement, l’épargne pour la retraite et les pôles de dépenses importants pour soi, par exemple les voitures, les activités et les voyages. « Ensuite, on regarde ce qu’il reste pour le logement, et on devrait s’en tenir à ça », précise André Lacasse.

Si c’est trop peu, il faut donc revoir ses priorités !

« Le problème, c’est que souvent, les gens ne veulent pas faire de budget, parce que cela les confronte à la réalité, remarque Denis Doucet. Ils disent qu’ils vont s’arranger. Et souvent, leur façon de s’arranger est d’utiliser plus de crédit parce qu’il est facile à obtenir. Il est là, le danger. »