Il y a une dizaine d’années, plusieurs multinationales pharmaceutiques ont fermé leur centre de recherche au Québec. Mais des organisations continuent de réaliser ici le travail pour presque chaque étape nécessaire au lancement d’un nouveau produit biopharmaceutique, de son développement à sa commercialisation, en passant par son évaluation clinique. Voici quelques entreprises, actives à différents maillons de la chaîne, qui se démarquent ces jours-ci.

Etienne PlamondoN Emond
Collaboration spéciale

Recherche et développement

L’entreprise MRM Proteomics se prépare à analyser, dès qu’elle obtiendra les approbations, une quarantaine d’échantillons sanguins par jour provenant de personnes atteintes de la COVID-19. Son but : trouver des biomarqueurs dans la concentration de protéines et de métabolites dans le sang pour mettre au point un test en mesure de prédire les séquelles de la maladie que le patient risque d’éprouver après son hospitalisation. « Si vous le savez, vous pouvez réaliser un suivi plus serré », explique Christoph Borchers, professeur à l’Université McGill et chef de la direction scientifique de MRM Proteomics. La PME, fondée en 2010 en Colombie-Britannique, a déménagé il y a environ quatre ans à Montréal et élabore depuis des tests moléculaires en collaboration avec le Centre du cancer Segal de l’Hôpital général juif.

Évaluations précliniques

La multinationale Charles River, dont le siège social se trouve au Massachusetts, emploie déjà près de 2300 personnes au Québec. Et ses effectifs ne cessent d’augmenter. L’entreprise vient d’achever l’agrandissement de ses installations de Sherbrooke, fruit d’un investissement de 20 millions de dollars, pour y faire passer le nombre de travailleurs de 170 à 230. Dans ce laboratoire, comme dans ceux de Senneville, Boisbriand, Laval et Terrebonne, Charles River effectue des évaluations pour s’assurer de la sécurité des produits thérapeutiques, vaccins ou dispositifs médicaux avant qu’ils ne soient testés sur des humains. Elle a dû embaucher davantage à partir de mars dernier, alors qu’elle menait plusieurs études précliniques supplémentaires pour des vaccins ou traitements développés dans le monde pour lutter contre la COVID-19. Prochaine étape : l’agrandissement des installations de Laval. « Cet investissement à Laval découle indirectement de la situation liée à la COVID-19 », indique Michel Provence, vice-président, évaluation de sécurité, chez Charles River.

Essais cliniques

L’entreprise DIEX Recherche a ouvert en mai un quatrième site de recherche clinique près de Joliette, qui s’ajoute à ceux de Sherbrooke, Victoriaville et Québec. Depuis le printemps, la PME de 50 employés, qui évalue l’efficacité et la sécurité des médicaments chez des personnes confrontées aux problèmes de santé visés, s’est jointe à des projets pour valider des solutions contre la COVID-19. Elle a réalisé des prises de sang chez des personnes rétablies afin que l’Université de Sherbrooke et la PME Immune Biosolutions puissent identifier les anticorps et développer une immunothérapie contre la maladie. Elle mène aussi une recherche clinique pour la solution d’oxyde nitrique, administrée par voie intranasale, de l’entreprise vancouvéroise SaNOtize, afin d’évaluer si elle peut prévenir ou limiter la propagation du virus SRAS-CoV-2.

Mise en marché… et bien plus

Paul Lévesque a quitté son poste de président mondial, maladie rare, chez Pfizer pour devenir président-directeur général de Theratechnologies en avril dernier. Ce qui l’a convaincu de prendre la tête de cette PME ? Un potentiel qui ne repose pas seulement sur les médicaments en développement, mais aussi ses ventes annuelles d’environ 100 millions. L’entreprise montréalaise de 150 employés demeure l’une des rares biopharmaceutiques entièrement québécoises à réaliser autant de la recherche pour de nouveaux produits que leur commercialisation. Elle vient de lancer en Europe la vente du produit Trogarzo, utilisé avec d’autres antirétroviraux pour traiter des infections au VIH.