En pleine pandémie, en mars dernier, la firme IBIOM, de Sherbrooke, a déployé toutes ses ressources pour concevoir un produit technologique – un « dôme COVID-19 » – permettant de limiter la propagation du virus dans les couloirs des hôpitaux.

Yvon Laprade Yvon Laprade
Collaboration spéciale

« C’est effectivement dans un contexte d’urgence que nous avons conçu une chambre d’isolement portative fixée sur une civière, se souvient le président de la PME, Jasmin Bibeau. Nous avons travaillé fort et fait preuve de créativité pour concevoir ce produit médical unique en son genre. »

Jusqu’à présent, trois hôpitaux montréalais (Notre-Dame, Maisonneuve-Rosemont, Sacré-Cœur) ont fait l’essai de ce dôme protecteur fait de plastique transparent et d’acier inoxydable.

« Ainsi placé sous ce dôme, le patient contagieux ne risque pas de contaminer le personnel soignant, explique Jasmin Bibeau. On sait tous que le virus se transmet par les gouttelettes. C’est une innovation qui peut s’avérer fort utile dans un contexte de pandémie. »

Une version pour les ambulances

PHOTO FOURNIE PAR IBIOM

Une chambre d’isolement portative fixée sur une civière de la firme IBIOM

Le président de la PME ne cache pas qu’avec la deuxième vague qui déferle sur le Québec, les besoins en équipements médicaux de pointe dans les hôpitaux se font de plus en plus pressants.

« Pour le moment, nous n’avons pas encore reçu de nouvelles commandes pour la livraison de ces chambres d’isolement portative, reconnaît-il. Mais on suit la situation de près. Et il faudra voir comment les choses vont évoluer dans les hôpitaux au cours des prochaines semaines. »

Voilà pourquoi son équipe d’ingénieurs et de techniciens est à pied d’œuvre pour concevoir et produire un produit qui sera adapté, cette fois, au transport des patients à bord des ambulances.

« Nous avons développé un prototype qu’une compagnie d’ambulances de l’Estrie est en train de tester, souligne l’entrepreneur. On parle ici d’une chambre d’isolement fixée sur la civière de transport, entre le domicile du patient et l’urgence de l’hôpital. Il faut que tout cela soit sécuritaire. Aussi, si les tests s’avèrent concluants, nous pourrions offrir ce produit aux services ambulanciers partout dans la province. »

Notre marché principal, c’est la conception et l’assemblage de civières d’échographie et de fauteuils d’hémodialyse. Avec la pandémie, nous avons réajusté le tir afin de maintenir un niveau d’activité [acceptable].

Jasmin Bibeau, président d’IBIOM

Faire tourner l’usine

Il faut comprendre que la dernière année a été fertile en rebondissements pour la PME d’une douzaine d’employés (ingénieurs, techniciens, assembleurs).

« Nous avons inauguré notre nouvelle usine [de 16 000 pieds carrés] en octobre 2019 et, cinq mois plus tard, tout s’arrêtait à cause du coronavirus, se souvient le président de l’entreprise. Du jour au lendemain, les hôpitaux ont cessé de passer des commandes pour nos produits. Je vous assure que nous avons rushé pour ajuster notre production, en tenant compte de la nouvelle réalité. »

Outre la chambre d’isolement, l’entreprise a mis au point une civière-lit pour les patients aux soins intensifs, de plus grande dimension, dotée d’un matelas assurant un plus grand confort au patient alité.

« Personne ne souhaite que les choses tournent mal, convient Jasmin Bibeau. Mais nous sommes prêts à affronter la deuxième vague avec nos produits très spécialisés. »