Arij Hana est en deuxième année au baccalauréat en génie mécanique à Polytechnique, mais elle se projette dans le futur. En tant qu’ingénieure, l’étudiante de 21 ans rêve d’aider la planète à se passer des hydrocarbures. Ou comme elle le dit si bien : « faire partie de la solution à la crise environnementale, plutôt que de contribuer au problème ».

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

En entrevue au téléphone, la jeune femme prend un ton ferme lorsqu’elle s’exprime sur les technologies d’exploitation du pétrole. « Ce n’est pas ça, l’énergie du futur, affirme-t-elle. Je trouve que ce n’est pas un service que tu rends à la communauté de rester dans ce genre d’industrie. »

Persuadée que le métier d’ingénieur peut avoir des impacts majeurs, elle rappelle que les réalisations de ses collègues peuvent être utilisées par des millions de personnes. « C’est pour ça que j’aimerais travailler en énergies renouvelables : je veux aider le monde à aller vers l’avant, au lieu d’améliorer les processus actuels du monde pétrolier. »

À l’heure actuelle, plusieurs idées de maîtrises universitaires vivotent dans son esprit.

Après quelques années sur le marché du travail, j’aimerais faire une maîtrise dans un domaine mécanique ayant un lien avec le développement durable pour gérer des projets écoresponsables. J’envisage aussi de faire un MBA.

Arij Hana

« J’ai toujours aimé le côté gestion, et je sais qu’avec une maîtrise en administration des affaires, ce sera plus facile d’obtenir des postes de coordination et de direction, ajoute-t-elle. Tout ça est encore hypothétique. »

La passion des sciences

Arij Hana a choisi d’étudier en génie alors qu’elle était au secondaire. « J’ai commencé mon parcours scientifique au Collège Sainte-Marcelline, une institution qui nous pousse beaucoup vers les sciences et la technologie. Je me suis jointe à l’équipe de robotique de l’école et ça m’a confirmé mon intérêt pour l’ingénierie. »

Le coup de cœur a eu lieu à 13 ans, quand elle a assisté à l’évènement Des filles et des sciences. « J’ai pu rencontrer des ingénieures de tous les milieux, souvent des cadres et des chargées de projet, qui m’ont donné envie de concevoir le monde de demain. Je pense que c’est la force et la confiance que ces femmes montraient lorsqu’elles parlaient de leur profession qui m’a émerveillée et qui m’a donné envie d’être comme elles. »

À son tour, l’étudiante veut convaincre les filles d’étudier en sciences. « À Poly, je fais partie du comité de recrutement Génielles, qui cherche à inspirer les filles du secondaire, quand elles commencent à réfléchir à leur futur. On veut semer une graine dans leur esprit pour leur donner le goût d’aller en génie. On leur offre même des bourses d’inscription ! »

Elle souhaite tout particulièrement les convaincre de choisir le génie mécanique, un domaine largement dominé par des hommes, alors que 70 % de la nouvelle cohorte du programme à Poly est masculine. « Je pense que les femmes pourraient faire de grandes choses en génie mécanique. Je suis tannée de voir des monsieurs en complets qui ont tous les hauts postes. Je veux que ça change ! »