La pandémie a forcé bien des entrepreneurs à faire preuve de souplesse et à s’adapter rapidement. Ce fut le cas de Tracy Perrault, propriétaire de Baiser velouté, un service de traiteur sucré. L’entrepreneure de 32 ans n’en était pas à sa première épreuve et il était hors de question de se laisser abattre.

Sandra Sirois
Collaboration spéciale

Baiser velouté crée des tables à desserts thématiques pour toutes sortes d’occasions, mais se spécialisait, avant la pandémie, dans les réceptions de mariage et les évènements d’entreprise. Celle qui avait tout lâché pour réaliser ses rêves a perdu d’un seul coup 90 % de son chiffre d’affaires. Elle a dû mettre ses deux employés à pied et penser en un temps record à des stratégies pour s’en sortir.

Tracy Perrault adore les enfants. Un de ses bons coups a été de créer un atelier de pâtisserie sur l'internet destiné aux tout-petits. Elle a donc créé une boîte contenant tous les aliments et les accessoires pour cuisiner des cupcakes. Le tout accompagné d’une vidéo explicative. Ce projet lui a aussi amené de nouveaux clients… avec de nouveaux besoins. « On s’est mis à recevoir plein de demandes, mais pour des mini-commandes. » Les gens voulant célébrer la fête d’un proche à distance souhaitaient donner des petits gâteaux personnalisés en cadeau. Elle a donc retravaillé son menu afin de se garder active pendant la crise.

Ça m’a fait découvrir que j’avais une force incroyable et que j’étais tellement bien entourée !

Tracy Perrault

Repartir à zéro

L’entrepreneure n’en est pas à son premier combat. Le 3 juillet 2018, quand tout commençait à bien aller pour Baiser velouté, un incendie a détruit son atelier. À cause d’un oubli de changement d’adresse, sa compagnie d’assurances refuse de l’indemniser et elle doit recommencer à zéro. En détresse, elle envoie un courriel à tout son réseau. « Je me suis rendu compte que les gens croyaient plus en moi que moi-même. » Dans un élan de générosité, plusieurs personnes lui ont offert des locations d’atelier à peu de frais, des commandes, des contacts, etc. Comme pendant la pandémie, c’est l’entourage de Tracy Perrault qui a permis à Baiser velouté de rester en vie.

N’empêche que cette crise provoquée par la COVID-19 l’aura marquée à vie. « Du jour au lendemain, tout bascule, raconte la propriétaire, les larmes aux yeux. D’être capable de rester saine d’esprit, en temps de crise, où tu dois penser à ton entreprise, à tes clients, à tes employés, à toi, à ton futur, c’est beaucoup trop pour une personne, selon moi. […] Je suis maintenant prête à affronter un tsunami ! »

L’avenir, le risque, les enfants

Malgré ces derniers bouleversements, la femme d’affaires, qui rêvait d’être mère à 20 ans, a toujours aussi hâte d’avoir des enfants. « Après tout ce que j’ai vécu, un problème que je voyais gros il y a cinq ans est maintenant un petit problème. » Pourtant, son métier reste peu sûr. « Être entrepreneur, c’est prendre des risques. Si tu n’es pas capable de prendre des risques, laisse faire », dit celle qui est très enthousiaste à l’idée de faire un jour découvrir son entreprise à un petit pâtissier ou une petite pâtissière.