Le gala Les Talentueuses de l’Association des femmes en finance du Québec (AFFQ) se tiendra ce jeudi soir de façon virtuelle, confinement oblige. Si les femmes ont connu de grandes avancées depuis la création de cet événement, il en reste encore à réaliser. Chose certaine cependant, le confinement a bouleversé le quotidien de tous les travailleurs du milieu de la finance.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

« Le gros des tâches comme superviser les enfants, faire le ménage, cuisiner – sauf au barbecue ! – est retombé sur les femmes et beaucoup sont exténuées », constate Françoise Lyon, présidente du conseil d’administration de l’AFFQ et présidente de la firme de placement privé DGC Capital.

En même temps, le confinement a littéralement fait disparaître la vie jet-set des travailleurs de la finance.

« J’ai le plaisir de manger maintenant tous les soirs avec ma famille alors qu’avant, je prenais l’avion chaque semaine pour voir des clients, participer à des conférences ou siéger à des conseils d’administration, affirme Françoise Lyon. Je me battais deux heures par jour dans la circulation pour travailler au centre-ville, avec la peur d’arriver en retard aux réunions. Maintenant, je prends le temps de faire du yoga, de boire un thé, de regarder les nouvelles, puis, cinq minutes avant le début de la réunion le matin, je m’installe à mon bureau. »

Heureuse d’avoir repris le contrôle de son agenda et diminué son impact environnemental, elle croit qu’une prise de conscience se fait actuellement.

« Même si nous ne ferons pas toujours tout à distance, je crois que nous serons plus sélectifs dans ce que nous accepterons », affirme Mme Lyon, jointe à son chalet dans les Cantons-de-l’Est.

Le rythme de vie effréné en finance a mené d’ailleurs de nombreuses mères à quitter leur emploi, souvent après leur deuxième enfant, constate Françoise Lyon.

Les réunions dès 7 h 30 et les soupers fréquents qui se terminent à 22 h pour fêter la réalisation d’une fusion et acquisition, ça ne fonctionne pas avec une vie de famille, sauf si on a un conjoint à la maison.

 Françoise Lyon

Françoise Lyon remarque toutefois que dans les grandes organisations, les progrès ont été « extraordinaires » ces dernières années pour favoriser la progression de carrière des femmes et tenter de les retenir. Par contre, c’est plus difficile dans les plus petites organisations.

« Lorsqu’une femme part en congé de maternité, on dit que ça crée un problème dans le fonctionnement de l’organisation, mais maintenant, les hommes aussi prennent des congés parentaux, alors ce discours ne devrait plus seulement viser les femmes », affirme la présidente du conseil d’administration de l’AFFQ, qui compte deux administrateurs masculins.

Plus de femmes dans les hautes sphères

Malgré les efforts, les équipes de direction des grandes entreprises canadiennes restent très majoritairement masculines. Un récent rapport publié par Catalyst indique que la proportion de femmes dans la haute direction des entreprises de l’indice composé S&P/TSX est passée de 15 % à 18 % entre 2015 et 2019.

Les progrès sont plus marqués dans les conseils d’administration avec 27,6 % de femmes en 2019 comparativement à 18,3 % en 2015. C’était aussi la première fois que toutes les entreprises de S&P/TSX comptaient au moins une femme dans leur conseil d’administration.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Sherazad Adib, directrice principale pour le Québec chez Catalyst

« La Loi canadienne sur les sociétés par actions, entrée en vigueur en janvier 2020, les oblige à divulguer leurs politiques en matière de diversité au sein de leur conseil d’administration et de leur haute direction ainsi que leur pourcentage de femmes, notamment », explique Sherazad Adib, directrice principale pour le Québec chez Catalyst.

Elle ajoute que les grands investisseurs, comme les caisses de retraite, font aussi pression. Alors que tout s’aligne pour créer une place plus confortable pour les femmes en finance, l’AFFQ, qui compte 800 membres, tente d’attirer plus de jeunes.

« Nous voulons les accrocher dès qu’elles entrent au secondaire en leur parlant des différentes professions qu’elles peuvent faire en finance », explique Mme Lyon, qui précise que l’AFFQ a aussi créé des bourses d’études.

Les membres de 50 ans et plus sont aussi une priorité. « Plusieurs semblent vivre de la discrimination, alors nous nous y pencherons, affirme Mme Lyon. Puis, nous voulons les impliquer davantage auprès des jeunes, notamment pour qu’elles partagent leurs expériences. Elles ont beaucoup à donner. »

Les finalistes, lauréates et lauréat du gala de l’AFFQ

L’Association des femmes en finance du Québec tiendra ce soir une soirée virtuelle où seront célébrées les finalistes et lauréates du gala Les Talentueuses 2020. Voici les noms des finalistes et lauréates.

Finalistes, lauréates et lauréat du gala de l’AFFQ

  • Cette année, l’AFFQ remet le prix Inspiration-Andrée-Corriveau à Kathy Fazel, qui est vice-présidente et conseillère en investissement pour RBC.

    PHOTO FOURNIE PAR L’AFFQ

    Cette année, l’AFFQ remet le prix Inspiration-Andrée-Corriveau à Kathy Fazel, qui est vice-présidente et conseillère en investissement pour RBC.

  • Chaque année, l’AFFQ décerne le prix Alter Ego à un homme qui incarne et partage la vision de l’association. Martin Lavigne, jusqu’à tout récemment président à la Financière Banque Nationale, gestion de patrimoine, recevra ce prix au cours de la soirée.

    PHOTO FOURNIE PAR L’AFFQ

    Chaque année, l’AFFQ décerne le prix Alter Ego à un homme qui incarne et partage la vision de l’association. Martin Lavigne, jusqu’à tout récemment président à la Financière Banque Nationale, gestion de patrimoine, recevra ce prix au cours de la soirée.

  • Sonia Léveillé, directrice, contrôle et évaluation des fonds de placement, Mouvement Desjardins et présidente Coach comptable, est finaliste au prix Leadership.

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    Sonia Léveillé, directrice, contrôle et évaluation des fonds de placement, Mouvement Desjardins et présidente Coach comptable, est finaliste au prix Leadership.

  • Julie Chaurette, présidente-directrice générale de la Fondation du CHUM, est finaliste pour le prix Leadership.

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    Julie Chaurette, présidente-directrice générale de la Fondation du CHUM, est finaliste pour le prix Leadership.

  • Ève Laurier, directrice générale chez Edelman Montréal, est finaliste pour le prix Leadership.

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    Ève Laurier, directrice générale chez Edelman Montréal, est finaliste pour le prix Leadership.

  • Saloua Benkhouya, vice-présidente, services financiers à l’entreprise, secteurs diversifiés à la Banque Royale du Canada, est finaliste pour le prix Étoile montante.

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    Saloua Benkhouya, vice-présidente, services financiers à l’entreprise, secteurs diversifiés à la Banque Royale du Canada, est finaliste pour le prix Étoile montante.

  • Isabelle Paquet, directrice principale, produits financiers, marchés financiers à la Banque Nationale du Canada, est finaliste pour le prix Étoile montante.

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    Isabelle Paquet, directrice principale, produits financiers, marchés financiers à la Banque Nationale du Canada, est finaliste pour le prix Étoile montante.

  • Caroline Lin, chef de la direction financière à la Fondation Pierre Elliot Trudeau, est finaliste pour le prix Étoile montante.

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    Caroline Lin, chef de la direction financière à la Fondation Pierre Elliot Trudeau, est finaliste pour le prix Étoile montante.

  • Alexandra Jeffrey, étudiante à l’Université Laval, est lauréate du prix Relève RBC 2020.

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    Alexandra Jeffrey, étudiante à l’Université Laval, est lauréate du prix Relève RBC 2020.

  • Camille Caron, étudiante à HEC Montréal, est lauréate du prix Relève Desjardins 2020.

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    Camille Caron, étudiante à HEC Montréal, est lauréate du prix Relève Desjardins 2020.

  • Valérie Faucher, étudiante à l’Université Laval, est lauréate du prix Relève Desjardins 2020.

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    Valérie Faucher, étudiante à l’Université Laval, est lauréate du prix Relève Desjardins 2020.

  • Adeline Teka Zatse, étudiante à l’Université Laval, est lauréate du prix Relève Caisse de dépôt et placement du Québec 2020.

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    Adeline Teka Zatse, étudiante à l’Université Laval, est lauréate du prix Relève Caisse de dépôt et placement du Québec 2020.

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