Ils avaient planifié leur retraite, mais les aléas de la vie et la réalité financière d’un revenu moindre les ont rattrapés. S’ils avaient su… Témoignages de trois retraités qui reviennent sur leurs erreurs, afin d’éviter à d’autres les mêmes écueils.

Julie Roy Julie Roy
Collaboration spéciale

Un mauvais investissement

Michel Laurin, 65 ans, et sa conjointe Suzanne Racette, 62 ans, ont travaillé toute leur vie. Lui comme technicien en génie civil et elle dans le commerce de détail. Ne pouvant compter sur un fonds de pension d’un employeur, ils savaient qu’ils devaient eux-mêmes garnir leur bas de laine. C’est ce qu’ils ont fait religieusement dès l’âge de 21 ans. « C’est un ami qui m’a incité à mettre de l’argent de côté. On ne mettait pas de gros montants, mais je faisais des emprunts que je remboursais pour garnir nos REER », raconte Michel Laurin.

Au fil du temps, l’homme a acquis, avec quelques collègues, l’entreprise pour laquelle il travaillait. Après l’avoir revendue, il a investi ses économies dans une autre entreprise à l’âge de 52 ans. La valeur de cet investissement a toutefois fondu comme neige au soleil dans la foulée d’enquêtes qui touchaient à l’époque l’industrie de la construction. « Les affaires allaient vraiment mal durant cette période. » Il a perdu près de 200 000 $ dans l’aventure. 

Je ne m’y connaissais pas assez dans ce domaine. J’aurais dû aller voir un fiscaliste, car les impacts de cette perte sont grands pour nos retraites. J’ai été victime de mon ignorance.

Michel Laurin

Le couple, retraité à 60 ans pour des raisons de santé, n’a pas voulu toucher complètement à ses REER. L’imposition fiscale et la volonté d’étirer le plus longtemps possible leurs épargnes les ont poussés à demander leur rente provinciale plus tôt que prévu. Une décision qui influence aussi la somme qu’ils reçoivent. « Malgré notre prévoyance, on n’a pas pu tout prévoir. On a dû réévaluer nos plans. On ne pensait pas qu’on aurait autant à compter », affirme Suzanne Racette.

S’en remettre à un fonds de pension

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Sous-estimer l’ennui est une autre erreur que font les aînés croit Johanne Lacroix. « Profiter de la vie a un coût. La plupart des retraités ne peuvent pas partir comme ça pour deux mois en Italie. On doit s’occuper l’esprit pour éviter les dépenses inutiles. »

Johanne Lacroix a travaillé pendant 31 ans à la Sûreté du Québec, dont les 12 dernières à la centrale 911. Se fiant aux dires de collègues qui arguaient que son fonds de pension allait équivaloir à son salaire, elle croyait qu’elle n’avait pas à s’en faire. La réalité était toutefois tout autre. 

Ce n’est pas vrai qu’il te reste la même chose dans tes poches. On est plusieurs à s’asseoir sur un fonds de pension sans se soucier du reste, mais il faut être prêt à diminuer son train de vie et à abaisser ses rêves.

Johanne Lacroix

Au fil de sa carrière, la femme de 61 ans a bien mis quelques économies dans son REER, mais encore là, elle n’avait pas prévu le taux d’imposition. « Je savais que l’on payait de l’impôt lorsque l’on retirait ses REER, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit si élevé. Si c’était à refaire, je prendrais des CELI à la place. »

Autre erreur, elle a acheté une voiture un an à peine avant de prendre sa retraite. Une dette qu’elle regrette aujourd’hui.

Selon son constat, suivre une formation en finances personnelles seulement cinq ans avant la retraite, c’est trop tard. « Il faut aller voir un conseiller financier bien plus tôt afin qu’il vous donne les vrais chiffres. »