Les différents lieux d’enseignement du génie rivalisent d’originalité pour faire comprendre aux ingénieurs de demain certains concepts tantôt simples, tantôt complexes. Voici certains des outils les plus étonnants utilisés à l’ETS, à l’Université de Sherbrooke et à Polytechnique Montréal.

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

Origami

Les candidats au doctorat de Polytechnique utilisent cette technique millénaire de pliage de papier pour mieux vulgariser leurs recherches. « Les experts utilisent souvent un jargon technique et ils se perdent parfois dans les détails, ce qui est très difficile pour ceux qui veulent les comprendre », explique Sylvie Gendreau, chargée de cours en approche créative. Après avoir précisé l’impact de leurs recherches, ses étudiants doivent créer un origami qui synthétise leur projet. « Ils peuvent uniquement plier la feuille, sans dessiner et sans découper. Ils doivent trouver une métaphore qui illustre leur projet. L’origami est le point culminant. »

Aquarium

En chimie des matériaux, certains professeurs de l’École de technologie supérieure (ETS) remplissent un aquarium de fèves afin d’expliquer certains concepts de mesure. « Dans un aquarium plein de fèves brunes et de fèves rouges, les étudiants prennent une tasse de fèves afin d’estimer la proportion de chaque sorte dans l’ensemble de l’aquarium », résume Frédérick Henri, directeur du service des enseignements généraux. L’espace habituellement utilisé pour les poissons sert également à concrétiser le concept de la mole, une unité de mesure qui peut sembler abstraite quand elle est décrite en mots, mais qui devient beaucoup plus claire avec le support visuel.

En pleine nature

Depuis peu, les étudiants de l’Université de Sherbrooke peuvent étudier ou travailler entourés de nature, lorsqu’ils se trouvent dans le tout nouveau Studio de création. Nouvellement inauguré, l’espace est situé au pied du mont Bellevue, entouré de végétation et parfois ponctué de la visite de chevreuils. « C’est un espace collectif de travail qui permet l’autonomie des étudiants, qui incite au travail en équipes multidisciplinaires, qui est accessible à tous les membres de la faculté de génie, mais également à l’ensemble de la communauté universitaire et à toute la population », explique Geneviève Lussier, conseillère en communications de l’université.

LEGO

Même si les étudiants en génie ont la capacité de comprendre des mécanismes, des structures et des équations fort complexes, ils doivent aussi savoir les expliquer simplement. Dans les cours de communications, l’ETS leur demande d’apprendre à écrire une procédure claire à l’aide de 15 à 20 blocs LEGO. « En équipe, ils doivent choisir un projet sur lequel ils vont travailler, créer un prototype et rédiger une procédure expliquant comment l’assembler, dit Frédérick Henri. Ensuite, ils remettent la procédure et les blocs dans un sac à une autre équipe, qui doit tout assembler sans image. »