Les écoles et facultés de génie doivent réagir rapidement lorsque des secteurs de l’économie du Québec vivent une forte croissance ou expriment des besoins particuliers. Elles adaptent donc les cours, créent de nouvelles concentrations et de nouveaux programmes. Sans négliger les à-côtés, comme le soutien à l’entrepreneuriat, qui peuvent faire toute une différence dans le choix de carrière des étudiants en génie.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

Montréal se classe au sommet du palmarès nord-américain pour la qualité de son secteur de l’intelligence artificielle dans une analyse comparative publiée récemment dans le Financial Times pour évaluer la compétitivité des métropoles pour les projets d’investissements directs étrangers.

« Il faudrait former 25 000 travailleurs dans le domaine au Québec d’ici 2023, dont beaucoup d’ingénieurs, alors on sent une pression », affirme François Bertrand, directeur général adjoint de Polytechnique Montréal.

L’école a créé l’an dernier une concentration en intelligence artificielle et science des données pour les baccalauréats en génie logiciel et informatique.

L’Université Laval a pour sa part créé pour son programme de génie mécanique une concentration en robotique, alors que l’Université de Sherbrooke (UdeS) a lancé un baccalauréat complet, le seul du genre au Canada. Il combine les génies électrique, mécanique et informatique pour créer des robots qui peuvent collaborer avec l’humain dans différents secteurs d’activité.

À l’Université Concordia, des concentrations ont aussi été créées il y a quelques années, dont celle en jeu vidéo avec des éléments d’intelligence artificielle, pour les étudiants en génie logiciel. Ce baccalauréat a d’ailleurs le vent dans les voiles avec une croissance de sa diplomation de 150 % en cinq ans.

L’Université Concordia a aussi créé l’an dernier un baccalauréat en génie aérospatial.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Mourad Debbabi, vice-doyen de la recherche et des études supérieures à la faculté de génie et d’informatique Gina-Cody de l’Université Concordia

C’est un domaine stratégique pour Montréal et le Québec, il y a une grande demande de talents et nous travaillons de près avec l’industrie pour bien répondre aux besoins.

Mourad Debbabi, vice-doyen de la recherche et des études supérieures à la faculté de génie et d’informatique Gina-Cody de l’Université Concordia

Génie du bâtiment

Il y a aussi des nouveautés dans le domaine du bâtiment. L’UdeS a lancé un baccalauréat en 2017 pour se concentrer sur l’enveloppe du bâtiment avec des éléments comme la fondation, la structure et l’efficacité énergétique.

« Les autres programmes de génie, comme civil et mécanique, couvrent trop peu ces éléments », indique Patrik Doucet, doyen de la faculté de génie à l’UdeS.

Une concentration en génie du bâtiment durable dans le programme de génie mécanique est aussi offerte depuis septembre à l’Université Laval.

« Environ 25 % de nos finissants en génie mécanique travaillent en bâtiment et en construction, alors la concentration répond à un besoin et à un intérêt de l’industrie et des étudiants », affirme Louis Gosselin, professeur responsable de cette nouvelle concentration.

Entrepreneuriat

Une grande vague de soutien à l’entrepreneuriat dans les écoles et facultés de génie est aussi visible à la grandeur du Québec. Par exemple, la faculté de génie de l’Université McGill vient d’inaugurer l’espace Engine pour soutenir l’innovation technologique par des formations, du coaching et du mentorat.

« Nous travaillons souvent avec des étudiants au début de leur processus, pour les aider à amener leurs idées plus près du marché », indique Katya Marc, directrice associée d’Engine.

Plusieurs de ces étudiants proviennent de la mineure en entrepreneuriat technologique offerte à la faculté de génie.

Polytechnique Montréal vient pour sa part de lancer son parcours entrepreneurial trajet-m pour trouver des solutions à des enjeux en matière de mobilité durable.

À l’École de technologie supérieure (ETS), le cours d’introduction à l’entrepreneuriat s’est rapidement imposé.

« Il est choisi par 35 % des étudiants au baccalauréat et certains se serviront de cette base pour lancer un projet d’affaires », affirme Michel Huneault, directeur des affaires académiques de l’ETS.

L’UdeS a pour sa part lancé une concentration en entrepreneuriat technologique en génie mécanique qui sera déployée dans les autres baccalauréats.

Après avoir aiguisé la fibre entrepreneuriale de leurs étudiants, les écoles et facultés de génie peuvent les diriger vers leur accélérateur d’entreprises pour qu’ils lancent enfin leur projet sur le marché.

Facultés et écoles de génie au Québec

(Nombre de diplômés au baccalauréat) Programme principal (en nombre de diplômés)

École de technologie supérieure (1152) Génie de la construction (372)

Polytechnique Montréal (907) Génie mécanique (185)

Université Concordia (648) Génie mécanique (184)

Université McGill (616) Génie mécanique (154)

Université Laval (566) Génie mécanique (107)

Université de Sherbrooke (372) Génie mécanique (105)

Sources : Établissements universitaires (2018-2019)