Le rayonnement de Saint-Hyacinthe dans le secteur agroalimentaire favorise l'émergence d'entreprises innovantes. Prevtec microbia est l'une d'elles. Basée depuis 2010 dans la Cité de la biotechnologie agroalimentaire, vétérinaire et agroenvironnementale de Saint-Hyacinthe, la jeune PME d'à peine 15 employés convoite le monde. «Dans cinq ans, nous visons à être présents dans 12 pays, sur trois continents, avec quatre produits», affirme son président et chef de la direction, Michel Fortin.

Yann Fortier, collaboration spéciale LA PRESSE

Active dans le secteur de la biotechnologie vétérinaire, Prevtec se spécialise dans la conception et la mise en marché de produits destinés à l'amélioration de la santé des animaux de production. Son objectif est d'accroître la performance des élevages tout en optimisant la sécurité alimentaire des consommateurs. Un potentiel aussi vaste que les marchés à conquérir.

Fondée en 2005 par les docteurs John Fairbrother et Éric Nadeau, Prevtec microbia est une entreprise dérivée (spin-off) de la faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal, située à Saint-Hyacinthe. En 2007, elle lance son produit vedette, le Coliprotec, un vaccin oral qui est une solution de rechange aux antibiotiques dans la prévention de la diarrhée postsevrage des porcs, causée par les bactéries E. coli. Chez certains producteurs, la prolifération de cette infection peut s'avérer dramatique.

Réseau international

Les ambitions mondiales de Prevtec nécessitent cependant l'injection d'une forte dose de patience: «Cinq à sept ans peuvent se passer entre la mise au point d'un produit et sa mise en marché», explique Michel Fortin. D'autant plus qu'un vaccin comme le Coliprotec doit être homologué, un pays à la fois. C'est le cas avec le Brésil, où Prevtec a conclu en 2011 une entente de distribution avec Virbac, l'un des importants groupes mondiaux de pharmaceutique vétérinaire. Pour y arriver, un pays à la fois, Prevtec entretient et accroît son réseau international de contacts auprès des grandes sociétés pharmaceutiques.

Notamment soutenue par Telesystem et Accès Capital Québec (ACQ), l'entreprise a un modèle d'affaires fondé sur une structure souple de «porte tournante», encourageant des partenariats et des investissements auprès de chercheurs indépendants, qui bénéficient de l'accompagnement de Prevtec et du gouvernement pour transformer leurs recherches en résultats concrets.

Au moment de notre entretien, Michel Fortin se préparait à s'envoler vers la Chine, déjà fort d'une entente de distribution avec la Russie et prévoyant une homologation du Coliprotec aux États-Unis dès l'an prochain. Pas mal pour une entreprise qui dénombrait seulement deux employés à l'origine. Le choix de Saint-Hyacinthe s'est imposé dès le départ.

«Notre technologie provient de la faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal, qui compte un important noyau de chercheurs. Dans la région, l'axe agroalimentaire est majeur», rappelle-t-il. Cette importante technopole agroalimentaire avait tout à offrir pour favoriser l'essor mondial de Prevtec, dont les laboratoires s'activent déjà à la mise au point de nouveaux produits.