Gérer son portefeuille soi-même en ligne est une activité sûrement très attrayante, mais est-ce pour vous?

Publié le 18 nov. 2010
Jean Gagnon, collaboration spéciale LA PRESSE

Bien que la grande majorité des transactions soient relativement simples à exécuter, ça demeure une activité pour investisseur autonome, explique Frédéric Paquette, vice-président et directeur général chez Disnat, la filiale de courtage à escompte de Desjardins.

Gérer ses placements nécessite d'être capable de prendre ses propres décisions.

Pour ce faire, il faut d'abord avoir les connaissances nécessaires du monde du placement. Vous devez comprendre comment fonctionnent les marchés, et connaître les caractéristiques des différents véhicules de placement.

Mais il y a plus. «Vous devez disposer du temps nécessaire pour le faire», dit M. Paquette.

Vous devez de plus être à l'aise avec le web. Et vous devez avoir une certaine tolérance au risque.

Vous réaliserez rapidement que de prendre vous-même vos décisions de placement ajoute un élément de stress que vous devrez être capable de surmonter.

Le courtage en ligne est sûrement très attrayant. D'abord, par sa technologie de pointe.

En plus de permettre une accessibilité facile aux plateformes de négociations, elle permet un accès à une quantité d'information jamais vu auparavant.

De plus, de nombreuses activités de formation sont offertes. Vous avez également accès à un large éventail d'outils pour faciliter le choix des placements.

Sans compter que les coûts sont moins élevés que pour le courtage traditionnel.

Investisseur autonome

Mais cela ne fait pas nécessairement de vous un investisseur autonome. Comment vous assurer que vous l'êtes?

Vous devez d'abord être capable de déterminer votre profil d'investisseur et votre tolérance au risque, et ce, en fonction de votre situation financière, explique Frédéric Paquette.

C'est la première étape, la même que vous seriez invité à faire si vous rencontriez un planificateur ou un conseiller d'une institution financière. Les courtiers à escompte présentent sur leur site internet les questionnaires pour répondre à ces questions.

Vous devez également comprendre que le rendement des placements est en fonction du risque.

M. Paquette suggère que vous vous posiez la question suivante: «Si la valeur de mon portefeuille baisse de 5 à 10%, vais-je être capable de l'accepter sereinement et de continuer à dormir sur mes deux oreilles?»

La réponse à cette question permet de déterminer votre capacité à gérer vos émotions. Car, ne l'oublions pas, l'investisseur autonome doit gérer lui-même ses émotions.

L'investisseur autonome doit aussi être capable de mesurer ses résultats en comparant ses rendements avec des principaux indices de référence, ainsi qu'avec les indices sectoriels.

Les sites internet des courtiers à escompte ne présentent pas de grille pouvant vous aider à établir si vous êtes prêt pour le courtage en ligne, explique Nicolas Milette, président de Banque Nationale, Courtage direct.

«Mais les conseillers en succursale peuvent vous aider à faire cet auto-examen de vos connaissances et de vos habilités», dit-il.

En fonction des objectifs

Si le courtage en ligne gagne continuellement en popularité, c'est aussi parce qu'il est accessible aux investisseurs dont les objectifs sont plus modestes.

Plusieurs opérations, comme investir dans des CPG (certificats de dépôts garantis) sont relativement simples et ne nécessitent pas d'avoir une stratégie de placement élaborée.

Il suffit d'être à l'aise avec l'internet, explique Stéphanie Sciorio, directrice régionale des ventes chez BMO Ligne d'action.

Vous n'êtes peut-être pas un investisseur autonome aujourd'hui, mais rien ne vous empêche de le devenir. «Peu importe le niveau de connaissance, on peut commencer quelque part». dit Mark Von Eschen, vice-président chez RBC Placement direct.

Les courtiers à escompte offrent sur leurs sites des centres éducatifs où l'investisseur peut développer ses connaissances au rythme qu'il le désire.

Et pour vérifier ses aptitudes et ses capacités de gestionnaire, RBC Placement direct offre des comptes fictifs.

On vous ouvre un compte, on y dépose 100 000$ fictifs, et vous faites vos transactions en temps réel, comme s'il s'agissait de votre REER autogéré. Après un an, vous saurez si le placement en ligne est pour vous.

Par ailleurs, il y aura toujours des gens trop pressés ou trop occupés qui préféreront laisser à d'autres le soin de gérer leur portefeuille, conclut M. Von Eschen.