C’était vrai depuis le début, alors pourquoi ne pas le faire reconnaître ? Après 18 ans d’existence, La Fourmi bionique, fabricant montréalais de granolas bios, a fait officiellement certifier ce qui constituait son essence depuis sa fondation : une entreprise détenue par une femme et animée par les plus hauts standards de responsabilité sociale et environnementale.

Publié le 31 janvier
Marc Tison
Marc Tison La Presse

L’entreprise de Geneviève Gagnon a obtenu les certifications Women Owned (Entreprise féminine) et B Corp (exigences sociétales et environnementales) – des démarches fastidieuses et coûteuses qui ont duré un an, mais qu’elle ne regrette pas.

« C’était un peu le temps d’assumer, d’afficher et de crier trop haut, finalement, ce qu’on est depuis toujours », explique la femme de 47 ans, propriétaire majoritaire de l’entreprise depuis sa fondation.

« Mais on s’entend que je suis obligée de payer de l’argent pour prouver que je suis une femme entrepreneure », ajoute-t-elle.

« C’est la même chose avec le B Corp. On a toujours eu cette approche-là, le fait de favoriser le bio, de favoriser l’humain et l’artisan dans le travail et de pas faire une croissance à outrance au détriment du bien-être de nos employés. »

Heureusement, elle constate déjà les bénéfices de ses démarches.

« Depuis quelques jours, je suis listée sur Costco.ca parce que j’avais ma certification Women Owned. »

Grâce à ce sésame (pas celui de ses mélanges), elle a pu entrer en contact avec des acheteurs que ses courtiers tentaient en vain de joindre depuis des années.

« C’est vraiment fou comment ça a changé la donne pour moi. Ça fait 18 ans que je suis une femme à la tête de mon entreprise, mais parce que j’ai été certifiée Women Owned, j’entre dans un critère qui est officiel. »

Du cru, mais rôti

La Fourmi bionique est issue du petit service de restauration que Geneviève Gagnon avait mis sur pied au début des années 2000, dans son appartement montréalais. Son nom, inspiré du dessin animé La fourmi atomique, affirmait sa vocation biologique.

Entrevoyant davantage d’avenir – et de soutien gouvernemental – dans la transformation alimentaire, elle a décidé en 2004 de mettre en production les mélanges de céréales qui connaissaient un beau succès dans son établissement.

« J’ai élaboré les recettes de mon cru. »

De son cru, mais rôties au four et dorées au miel ou à l’érable.

« Avec une signature gustative que j’aimais parce que je suis une fille qui aime le sucré », précise-t-elle.

Elle explique : « Mon père avait un dépanneur, donc j’avais un accès illimité aux bonbons toute mon enfance. »

À l’origine, la distribution de ses mélanges d’ingrédients bios, le plus souvent locaux, s’orientait vers les hôtels de luxe.

« Finalement, c’était très saisonnier, il n’y avait pas de gros volumes et je suis allée cogner aux portes des épiceries. Les supermarchés ont été les plus accueillants, les plus faciles à séduire. »

Pas les sièges sociaux : les magasins et leurs les gérants, précise-t-elle. « Je suis débarquée avec mes petits sacs et ce sont eux qui m’ont ouvert la voie. »

Une carte de crédibilité

La certification écologiste B Corp « est une carte de crédibilité importante sur les marchés nord-américains en particulier », souligne Geneviève Gagnon.

Elle vient de conclure l’achat d’un nouvel équipement européen dont l’installation sera effectuée au début de l’été.

« Je vais commencer des actions plus dirigées pour justement m’allier avec des partenaires d’affaires et me déployer sur de nouveaux marchés, en sachant que j’ai la capacité à le faire. »

La Fourmi bionique vient de connaître une croissance de 76 % sur trois ans.

L’entreprise, qui compte une vingtaine d’employés, a davantage soutenu l’accroissement de sa production en acquérant de nouveaux appareils et en réaménageant son usine qu’en augmentant le nombre de ses artisans.

« On a un robot maintenant sur le plancher, qui s’appelle Robie », donne-t-elle en exemple.

Le fait qu’ils lui aient donné un nom laisse croire à une certaine familiarité, mais Robie a tout de même dû faire ses preuves auprès de ses collègues humains.

« Ils le boudaient un peu, je crois, parce que Robie a ses humeurs, ses limites, ses capacités. Les employés avaient tendance à ne pas s’en servir autant qu’on l’aurait souhaité. »

Elle nous rassure : « Mais là, il commence à être bien intégré dans l’équipe. »

La Fourmi bionique est attentive à vraiment tous ses membres…

Maman certifiée

Geneviève Gagnon est par ailleurs mère de trois enfants – ce qui ne lui a valu aucun point pour la certification Women Owned.

« J’ai réalisé l’autre jour que ça fait 10 ans depuis ma première grossesse, 10 ans que je suis une maman entrepreneure », confie-t-elle.

Pour elle, la conciliation travail-entreprise a commencé dès le début de sa première grossesse.

« J’ai vomi pendant toutes mes grossesses. J’ai vomi dans le métro en me rendant à un rendez-vous avec mes acheteurs à Paris. J’ai vomi dans ma poubelle, au bureau. J’ai vomi dans mon auto en me rendant au travail.

« Et ça ne m’a pas empêchée d’avoir trois enfants. »

Du courage !

« De la détermination, corrige-t-elle. Le rêve d’être mère était encore plus important que celui d’être entrepreneure. »

Changement de logo

L’entreprise, même si elle conserve la même raison sociale, a adopté en 2021 une nouvelle marque de commerce et un nouveau logo : La Fourmi, tout simplement. Il n’est utilisé pour l’instant que sur son site internet, mais il devrait apparaître sur les emballages au cours de l’été.

« L’idée, c’était d’avoir un nom plus facile à se rappeler. » Et à prononcer pour les clients anglophones, dans la bouche desquels le mot fourmi sonne ‟for me » – ‟pour moi », un sens fort opportun.

« Je me suis dit : on va leur simplifier la vie, et pour nous, on va avoir quelque chose de plus concis », indique Geneviève Gagnon.

« Et je n’étais pas prête à faire le compromis de changer de langue. »

Tite Frette gagne du terrain

PHOTO FOURNIE PAR TITE FRETTE

la chaîne de boutiques de bières artisanales Tite Frette a ouvert sa 26e succursale à Saguenay le 11 décembre et s’apprête à en décapsuler trois autres en février, à Magog, Chambly et Mont-Royal.

Les débouchés se multiplient pour la chaîne de boutiques de bières artisanales Tite Frette. L’entreprise a ouvert sa 26e succursale à Saguenay (à Jonquière, pour les nostalgiques de Plume Latraverse) le 11 décembre et s’apprête à en décapsuler trois autres en février, à Magog, Chambly et Mont-Royal. Tite Frette propose dans chaque boutique une sélection de plus de 500 bières de microbrasseries québécoises, dont une centaine sont exclusives à son réseau. L’entreprise a été fondée en 2018 à Magog par Karl Magnone et Jérémie Poupart, qui voulaient créer un réseau de boutiques consacrées aux bières de microbrasseries. Ils ont ouvert les trois premiers magasins en 2018, le quatrième en 2019. Tout a explosé après leur passage à l’émission Dans l’œil du dragon, en avril 2020. « Les dragons nous ont confirmé qu’il fallait absolument franchiser le concept », relate Karl Magnone. Steve Morency et Frédéric Matt, cofondateurs de la chaîne de restaurants Yuzu, ont investi alors dans l’entreprise. Le design uniformisé des magasins a été confié à des designers québécois. Leurs meubles sont conçus et fabriqués au Québec. Pas moins de 22 boutiques franchisées ont ouvert en 2021. « On a en moyenne dix demandes de franchise par jour, informe Karl Magnone. On a largement dépassé les 800 demandes au cours de la dernière année. »

De la sérénité financière pour Rose Buddha

PHOTO TIRÉE DU SITE DE ROSE BUDDHA

Les cofondateurs de la célèbre marque montréalaise de vêtements Frank And Oak investissent dans la marque tout aussi montréalaise de vêtements écoresponsables Rose Buddha.

Le chêne vient soutenir le rosier, d’une certaine manière. Les cofondateurs de la célèbre marque montréalaise de vêtements Frank And Oak investissent dans la marque tout aussi montréalaise de vêtements écoresponsables Rose Buddha. Il s’agit du premier investissement réalisé par le fonds Noble Pace, créé par Ethan Song et Hicham Ratnani pour soutenir les entreprises qui visent à « avoir un effet positif sur notre planète », selon l’expression de ce dernier. Rose Bouddha a été fondée en 2016 par les entrepreneures Maxime Morin et Madeleine Arcand. Certifiée B Corp, elle crée au Canada des vêtements de sport et des accessoires avec des matériaux recyclés et des fibres naturelles et biologiques. Lancée avec un investissement de 300 $, l’entreprise dépasse maintenant les 5 millions en chiffre d’affaires, a indiqué Maxime Morin. Elle a connu une croissance de 400 % l’an dernier, et de 2400 % sur quatre ans. Forte de cet apport d’argent frais, Rose Buddha prévoit annoncer diverses initiatives durant la prochaine année, dont l’ouverture d’une boutique phare ainsi que la revitalisation de son application de méditation, Méditations Rose Buddha. Frank And Oak a été vendue en 2020 au fonds d’investissement américain UGC.

La suite de mixage LANDR FX se greffe à LANDR

Les créateurs de musique pourront dorénavant faire leur mixage avec un bonheur sans mélange. La firme montréalaise LANDR vient de lancer une nouvelle suite d’outils de mixage appelée LANDR FX, qui s’ajoute à la révolutionnaire plateforme de postproduction musicale et de distribution qui porte son nom. L’ensemble contient cinq plug-ins – modules d’extension, ou encore plugiciels, selon la recommandation de l’OQLF –, qui comportent jusqu’à 50 préréglages multi-effets. Leur interface intuitive réduit la création d’un mix à de simples décisions, permettant aux créateurs d’atteindre la même finesse que les professionnels de studio, soutiennent ses concepteurs. « Les outils LANDR FX font partie des plug-ins multi-effets les plus simples et les plus performants jamais créés », a indiqué Daniel Rowland, chef de production chez LANDR, dans un communiqué. La suite LANDR FX est incluse dans l’abonnement annuel All Access Pass de LANDR. LANDR a été fondée à Montréal en 2014 par Pascal Pilon. L’entreprise avait alors lancé un studio de postproduction virtuel, qui depuis a été utilisé par des millions de musiciens dans quelque 200 pays. LANDR a des bureaux à Montréal, Los Angeles et Berlin.

50 000 $

Somme remise au gagnant du Prix de l’innovation énergétique d’Hydro-Québec, lancé par sa filiale InnovHQ. Le concours s’adresse aux PME et aux entreprises en démarrage qui ont dans leurs cartons une solution prête à être commercialisée, pour l’efficacité énergétique ou l’électrification des transports. Elles peuvent s’inscrire sur le site d’InnovHQ jusqu’au 28 février.

Visitez le site du concours