La pandémie a laissé assez de temps libre à cet entrepreneur en construction pour lui permettre de réaliser un autre projet, celui de commencer à rénover le secteur de la construction.

Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

L’idée

Dans le secteur de la construction comme ailleurs, c’est de plus en plus difficile de trouver de la main-d’œuvre. Maged Ismael, ingénieur en structure et propriétaire d’une entreprise de réfection de fondations, est bien placé pour le savoir. « On avait commencé à chercher des solutions, raconte-t-il. Puis la pandémie est arrivée, et ça nous a laissé plus de temps pour travailler là-dessus. » À La Shop Construction, une application qui permet de relier les entrepreneurs aux employés qualifiés disponibles, est donc née dans cette parenthèse pandémique.

Le produit

L’entrepreneur définit son produit comme le « Uber » du secteur de la construction. Comme Uber connecte directement les chauffeurs de taxi et les clients, À La Shop offre aux entrepreneurs membres de la Régie du bâtiment du Québec un bassin de travailleurs disponibles sur une base horaire.

La main-d’œuvre peut ainsi se déplacer d’un chantier à l’autre, selon les besoins et les offres faites. La nouvelle entreprise gère les qualifications requises et le cumul des heures des travailleurs inscrits. Les entrepreneurs paient pour les heures travaillées et pour le service d’À La Shop, qui est gratuit pour les travailleurs.

Comparativement au recours à des agences de recrutement, le service en ligne offre aux entrepreneurs plus de choix et plus de flexibilité dans l’embauche de la main-d’œuvre, explique Maged Ismael. Les travailleurs, de leur côté, peuvent gérer eux-mêmes leur horaire de travail et les tâches qu’ils veulent faire.

L’avenir

Pour concevoir sa plateforme, l’ingénieur est retourné à l’école pour acquérir l’expertise qui lui manquait en développement web. Il constate que le secteur de la construction a grand besoin de renouveau.

Tout se fait à l’ancienne encore. Il y a une grande résistance au changement et un grand besoin de rendre l’industrie plus attrayante pour la relève.

Maged Ismael, fondateur d’À La Shop Construction

Même si le salaire est bon et que l’emploi ne manque pas dans la construction, le secteur est confronté au départ massif de travailleurs arrivés à l’âge de la retraite et à un manque d’intérêt chez les plus jeunes, estime-t-il. Une meilleure adéquation entre les besoins de l’industrie et l’expertise disponible ne peut qu’améliorer son fonctionnement. « Ça ne réglera pas tout, mais ça peut aider. »

Maged Ismael estime que ce filon est assez prometteur pour lui permettre de penser à en faire son nouveau métier. Si l’expérience d’À La Shop est concluante, il laissera tomber le casque et les bottes de construction pour s’installer devant son ordinateur afin de continuer la rénovation de ce secteur d’activité.

Consultez le site d’À La Shop Construction