L’innovation: un actionneur « très fort, très précis et peu cher » qui permet entre autres de redonner aux pilotes d’avion et d’hélicoptère une rétroaction tactile sur le comportement de leur appareil.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Qui ?

Établie à Sherbrooke, Exonetik est le résultat d’un essaimage au terme d’un projet de recherche ayant eu lieu entre 2009 et 2013 et regroupant Bell Helicopter, Bombardier, l’Université Laval et l’Université de Sherbrooke, avec laquelle elle maintient encore de forts liens. Elle compte actuellement 25 employés.

« Notre technologie pourrait être utilisée à plusieurs endroits, mais on débute là où on brille le plus, là où il y a un contact direct avec l’être humain, parce que celui-ci est très sensible à ce qui restreint son mouvement. » — Pascal Larose, président-directeur général d’Exonetik

Comment ça fonctionne ?

• Les actionneurs à fluide magnétorhéologique d’Exonetik utilisent un mélange d’huile et de métaux sous forme liquide, qui se raidit lorsqu’il est soumis à un champ magnétique. Sa réaction est proportionnelle à l’intensité du champ magnétique.

• Combinés à un moteur électrique, ces actionneurs peuvent activer et désactiver très rapidement une force dans un mécanisme quelconque. « On peut ajuster le niveau de force plusieurs fois par seconde », explique M. Larose. C’est l’une des caractéristiques qui distinguent ces actionneurs de leurs concurrents.

• Le ratio entre la force disponible et la taille des actionneurs d’Exonetik est élevé.

• L’un des premiers produits utilisant les actionneurs d’Exonetik qui devrait être commercialisé est un siège actif pour camions, capable de réagir en temps réel aux aléas de la route pour amortir les soubresauts. L’entreprise y travaille avec le géant canadien Magna.

• Dans l’aéronautique, il serait particulièrement efficace pour redonner aux pilotes d’avion ou d’hélicoptère des sensations qu’ils ont perdues avec l’adoption de commandes électriques. « Sur de gros hélicoptères avec direction assistée, il y a une perte de sensibilité sur ce qui se passe sur les surfaces de vol, précise M. Larose. Avant, si une pale offrait plus de résistance, par exemple, ça se ressentait sur les commandes. Nous sommes capables de redonner une rétroaction virtuelle aux pilotes. »

• Les actionneurs peuvent aussi créer un « mur virtuel » dans les commandes, en rendant par exemple un levier plus difficile (mais pas impossible) à enfoncer au-delà d’une limite qui pourrait être dangereuse pour le comportement de l’appareil.

• Quand il est désactivé, l’actionneur n’oppose aucune résistance, contrairement à tous ses concurrents, ce qui ne nuit pas aux mouvements.

Dans l’avenir

L’entreprise est actuellement impliquée, avec des partenaires industriels, dans le développement de produits dans les créneaux automobile et aéronautique. Ces partenaires la paient pour l’utilisation de ses produits dans leurs projets, ce qui lui permet d’être autosuffisante. Elle souhaite au cours des prochains mois trouver de tels partenaires dans le domaine de la robotique.