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Fromagerie polyethnique: du libanais bien de chez nous

«Notre mission est d'offrir des produits aux communautés... (Photo Stéphane Champagne, collaboration spéciale)

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«Notre mission est d'offrir des produits aux communautés ethniques venues s'établir en Amérique du Nord», explique Jean-Pierre Salvas, copropriétaire de Fromagerie polyethnique.

Photo Stéphane Champagne, collaboration spéciale

Jean-Pierre Salvas est un agriculteur qui connaît la valeur du mot patience. Semer au printemps pour ne récolter que six mois plus tard est une réalité inscrite dans son ADN. En affaires, il a adopté la même philosophie.

Fromagerie polyethnique, la PME qu'il a cofondée en 1996, s'est donc développée lentement, mais sûrement. Après 17 ans de préparation et d'amélioration continue, l'entreprise est enfin prête, selon son directeur général, à percer le reste du Canada et même le marché américain.

Fromagerie polyethnique se distingue de la grande majorité des autres fromageries du Québec et même du Canada: elle fabrique principalement des fromages de type libanais. «Notre mission est d'offrir des produits aux communautés ethniques venues s'établir en Amérique du Nord», explique Jean-Pierre Salvas, 50 ans.

La PME de 40 employés a donc bâti ses assises une brique à la fois. La grandeur de ses installations à Saint-Robert, près de Sorel, a été multipliée par 10 depuis sa fondation.

Sa main-d'oeuvre s'est bonifiée notamment avec l'embauche d'ingénieurs. Et ses normes de salubrité (GFSI; FSSC 22 000) sont désormais parmi les plus strictes. Bref, outillée de la sorte, Fromagerie polyethnique peut maintenant vendre son fromage où bon lui semble sur la planète.

Pour l'heure, l'entreprise tire 95% de ses revenus (confidentiels) sur le marché québécois, surtout dans les magasins de la chaîne Adonis, de même que dans les épiceries de quartier et autres commerces de spécialités. En mode croissance (22% l'an passé et 19% à ce jour en 2013), la PME doit mettre en place au cours des prochaines semaines un deuxième quart de travail.

Depuis peu, la PME est présente en Ontario, dans la nouvelle succursale d'Adonis à Mississauga, et dans certains supermarchés pour qui la fromagerie fabrique les marques privées. En plus de les distribuer sous les marques Phoenicia et Cedar, l'entreprise commercialise ses fromages sous sa propre marque: Le Bédouin.

La PME fabrique sept produits de base, dont cinq fromages: le labneh (produit phare qui représente plus du tiers du chiffre d'affaires), le halumi, la nabulsi, le baladie et l'Akawie. Elle produit également six variétés de yogourt de même que le laban ayran, un yogourt à boire très saumuré.

Objectif sud

L'aventure de l'exportation est donc déjà entamée pour Fromagerie polytechnique. «Nous avons déjà plus de 300 contacts aux États-Unis. Juste dans la région de New York, il y a plus de deux millions de gens d'origine méditerranéenne», explique Jean-Pierre Salvas.

Conscient du grand potentiel commercial de ses fromages et de la niche qu'il peut occuper, l'homme d'affaires n'en demeure pas moins raisonnable. Il refuse de s'emballer.

«Notre objectif en 2013 est de réaliser une première vente aux États-Unis, même modeste. Une fois que ç'aura été fait, on aura résolu plein de choses, comme l'étiquetage, la logistique de transport, les douanes, la législation américaine, etc. On pourra ensuite voir plus grand», dit-il.

Il est d'ores et déjà entendu que la PME québécoise fera affaire avec un grossiste américain qui aura la responsabilité d'importer les fromages de Jean-Pierre Salvas et sa bande. Autrement dit, un Américain aura plus de facilité qu'un Québécois à faire entrer des fromages étrangers chez lui.

Rencontre avec Adonis

Comment diable un producteur laitier comme M. Salvas en est-il venu à vouloir desservir les nouveaux arrivants, principalement issus du bassin méditerranéen? En faisant la rencontre des trois cofondateurs de la chaîne de magasins Adonis (les frères Élie et Jamil Cheaib de même que George Ghorayeb), lesquels cherchaient une entreprise québécoise pouvant les fournir en fromages typiques de leur pays d'origine.

«Ils voient les agriculteurs comme des rois, c'est-à-dire comme des gens qui possèdent une terre, qui la cultivent, qui doivent être humbles devant la nature et les conditions météo, etc. Le contact a été instantané. [...] Ce sont eux qui nous ont montré comment fabriquer les fromages. Ils nous ont tout appris», raconte Jean-Pierre Salvas.

L'entrepreneur se souvient d'ailleurs qu'au moment de produire ses premiers fromages, la PME a dû faire appel aux tantes et aux mamans des proprios de chez Adonis. «On faisait ça avec une cuisinière électrique et des taies d'oreiller pour égoutter le fromage. Imaginez le casse-tête lorsqu'il a fallu développer des méthodes de fabrication approuvées par l'ITA et les autorités sanitaires», dit en riant M. Salvas.

À ce jour, Fromagerie polyethnique appartient encore à parts égales (33% chacun) à trois groupes d'actionnaires: Jean-Pierre Salvas, les frères Alain, Marc et Yves Latraverse (eux aussi agriculteurs) de même que les trois fondateurs d'Adonis et de son réseau de distribution, Produits Phoenicia.

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Fromagerie polyethnique en bref

Secteur d'activités: Fabricant de fromages de type libanais et de yogourts

Employés: 40

Territoire de vente: 95% au Québec; 5% en Ontario

Objectifs: Percer dans le ROC et les États-Unis




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