Au bord du gouffre en 2009-2010, dans la foulée de la crise financière, Produits Belt-Tech est à nouveau sur une lancée. En trois ans, l'entreprise a triplé son chiffre d'affaires. Elle est sur le point de passer de 125 à 150 employés. Pour assurer sa pérennité, elle mise désormais sur l'innovation. En font foi sa nouvelle sangle industrielle qui résiste aux objets contondants et sa ceinture de sécurité «intelligente» destinée au secteur de l'aviation civile.

Stéphane Champagne LA PRESSE

Produits Belt-Tech est un manufacturier de sangles. Bon an mal an, elle en tisse plus de 70 millions de mètres, ce qui représente deux fois le tour de la Terre.

Même si elle évolue dans un secteur où la Chine pourrait logiquement la coiffer au poteau en termes de coût de production, l'entreprise arrive à tirer son épingle du jeu.

«Les coûts de main-d'oeuvre ne représentent que 13% du prix de nos produits. Avant, c'était de 20 à 25%. Il a fallu travailler fort pour pratiquement réduire ça de moitié. Même le syndicat y a mis du sien», explique Hugo Boisclair, vice-président, finances.

Près de 70% de sa production trouve preneur dans le secteur de l'automobile, 20%, dans l'industriel et 5%, en aéronautique. Dans ce dernier cas, la PME occupe 70% du marché mondial de la ceinture de sécurité. «Peu importe l'avion dans lequel vous vous trouvez, il y a de fortes chances que votre ceinture ait été fabriquée à Granby», affirme pour sa part Sylvie Nerbonne, vice-présidente, opérations.

Autre élément qui permet à Produits Belt-Tech de se distinguer: elle a adopté la méthode d'organisation et de gestion de la production juste-à-temps. «Nous livrons au Mexique trois fois par semaine des produits aux couleurs et aux spécifications de nos clients. Nous sommes très performants, et c'est ça qui fait notre force», soutient Robert J. Bélanger, président et chef de la direction.

Le secteur automobile est ce qui a fait le succès de Belt-Tech. Mais c'est également lui qui a failli mettre l'entreprise en péril. Au pire de la crise financière et de la récession américaine, les géants de l'automobile ont considérablement réduit leurs commandes.

«Comme si ce n'était pas assez, notre banquier, qui était américain, a fermé sa succursale canadienne. On était mal pris. Si ce n'avait été du MDEIE [ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation du Québec], du gouvernement fédéral et de nos employés qui nous ont fait confiance en acceptant de travailler en temps partagé, nous ne serions plus là», dit M. Bélanger.

Diversification en vue

Produits Belt-Tech va donc continuer d'oeuvrer dans la fabrication de ceintures de sécurité et de sangles (notamment pour les sacs gonflables) pour l'industrie automobile. Faisant déjà partie de la chaîne d'approvisionnement en Amérique et en Europe pour les GM, Chrysler, Ford, Fiat, Hyundai et autres Toyota de ce monde, l'entreprise québécoise est sur le point de se qualifier auprès de BMW, Ferrari, Maserati et Mercedes en Europe.

La PME de Granby cherche maintenant à diversifier ses activités. En choisissant l'innovation, elle a vu juste. En collaboration avec le Groupe CTT de Saint-Hyacinthe, elle vient de développer une sangle «intelligente» qui, selon Robert J. Bélanger, est promise à un bel avenir dans l'aviation civile.

«Cette sangle avec conducteurs permettra, grâce à un système sans fil, de savoir qui porte sa ceinture de sécurité ou pas lors du décollage ou de périodes de turbulences. Il n'y a pas eu d'innovation depuis 50 ans dans le domaine. Notre innovation est donc très porteuse, car elle est exportable partout dans le monde», dit l'homme d'affaires.

Finies les coupures

L'autre innovation de Produits Belt-Tech est destinée au secteur industriel. Il s'agit de la SDS (Super Duty Sling), une sangle qui résiste aux objets contondants. Bref, qui résiste aux coupures. «Dans ce cas-ci, on s'est rendu compte que les sangles exposées aux rayons UV devenaient plus vulnérables avec le temps. On a misé sur cette faiblesse pour développer un nouveau produit», explique M. Bélanger.

Robert J. Bélanger, Sylvie Nerbonne et Hugo Boisclair ont fondé Produits Belt-Tech en 2005. Le trio travaillait alors pour La Gran, qui menaçait de fermer ses portes. Avec l'aide d'une poignée d'investisseurs, il a sauvé la PME qui, malgré quelques soubresauts, est aujourd'hui sur la bonne voie.

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BELT-TECH EN BREF


Secteur d'activités: manufacturier de sangles et de ceintures de sécurité

Siège social: Granby

Chiffre d'affaires: N/D

Employés: 125

Territoires de vente: Amérique du Nord et Europe

Objectif: innover pour diversifier ses activités