Si vous envisagez d’acheter une maison prochainement, vous aurez intérêt à ne pas perdre de temps si vous voulez payer moins cher.

André Dubuc
André Dubuc La Presse

Dans sa plus récente publication Zoom sur l’habitation, Desjardins prévoit que le prix moyen des propriétés augmentera de 19,4 % en 2021 pour s’établir à 450 000 $. Ce prix était de 377 000 $ en 2020.

Il s’agit ici du prix moyen des propriétés existantes qui changeront de mains sur le marché de la revente. Ce prix est pondéré en fonction de l’importance relative de chacune des sous-catégories (maisons, condos, plex) dans le nombre total de transactions.

S’il se réalise, ce bond de près de 20 % surviendrait après une année 2020 marquée par une inflation des prix de l’ordre de 16,5 %. C’est dire que la hausse du prix moyen approcherait les 40 % en deux ans. Pas facile d’accéder à la propriété dans une telle conjoncture.

Cette prévision d’une hausse de prix de 20 % en 2021 constitue d’ailleurs un changement de cap pour les économistes de Desjardins.

Pas plus tard qu’au début décembre, Desjardins s’attendait plutôt à un essoufflement de la hausse des prix. La croissance des prix devait aller en diminuant ; les programmes d’aide du gouvernement étant mieux ciblés et les congés de paiement sur l’hypothèque tirant graduellement à leur fin.

Relirez notre article de décembre dernier

Deux mois plus tard, l’économiste Hélène Bégin a changé son fusil d’épaule. « La situation a évolué sur deux aspects, explique-t-elle dans un entretien. Le nombre de propriétés à vendre continue de baisser de façon importante. Ensuite, le ratio ventes/nouvelles inscriptions, un indicateur offre-demande, continue de se resserrer. Tant que le marché est aussi serré, dit-elle, les hausses de prix vont continuer de s’accélérer. »

Ce ratio ventes-nouvelles inscriptions, autour de 85 % au Québec, reste le plus élevé au pays parmi les provinces canadiennes. « Pour que les hausses de prix ralentissent, ça aurait pris un ratio qui change de cap, mais ce n’est pas le cas », fait savoir l’économiste principale de la coopérative financière.

Si l’inflation s’emballe, le volume de transactions bougera à peine. Desjardins prévoit 115 000 transactions sur le marché de la revente en 2021, une progression de 2,2 % par rapport au niveau d’activité observé l’année précédente.

« Le nombre limité de nouvelles inscriptions freinera la croissance des ventes résidentielles cette année au Québec. La hausse des prix continuera toutefois à s’accélérer vers les 20 % compte tenu du faible inventaire de propriétés disponibles. La plupart des marchés de la province demeurent nettement à l’avantage des vendeurs, ce qui alimente la croissance des prix », lit-on dans la publication parue le 27 janvier.