Cet été, sortez de la caverne !

« Cet été, en plus de vous occuper de... (Photomontage La Presse)

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« Cet été, en plus de vous occuper de votre corps, ayez aussi une pensée pour votre esprit, pour votre vie intellectuelle », recommande Réjean Bergeron.

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Cette semaine, alors que je m'adressais à mes étudiants pour la dernière fois avant l'examen final, j'y suis allé de quelques commentaires et conseils pour la suite des choses.

Le trimestre se termine, ils ont travaillé fort et devant l'été qui s'en vient, je les ai invités à profiter du beau temps, à faire du sport, à pratiquer une foule d'activités pour se délier les muscles et s'aérer le cerveau.

J'ai aussi insisté sur l'importance de se débrancher un peu afin de se donner la chance de faire des rencontres intéressantes, de s'occuper, non pas de leurs amis virtuels, mais de leurs vrais amis ; de s'en faire de nouveaux également, des amis qu'ils pourront serrer dans leurs bras, taquiner, aimer, avec qui ils pourront échanger, s'amuser, faire des bons coups et parfois des moins bons.

Ça sert aussi à ça, l'été :  expérimenter, explorer, découvrir, se découvrir...

Après ce petit préambule, je leur ai demandé en quoi l'expression « un esprit sain dans un corps sain » pourrait s'appliquer à eux cet été ?

Faire du sport nous rend plus heureux, me répond un étudiant. C'est bon pour le moral, me dit un autre.

Mais si un corps sain peut avoir toutes ces influences sur votre esprit, à l'inverse, quels impacts un esprit sain peut-il bien avoir sur votre corps, que je leur demande ?

Silence...

En fait, ce que je veux vous dire peut se résumer à ceci : cet été, en plus de vous occuper de votre corps, ayez aussi une pensée pour votre esprit, pour votre vie intellectuelle. Pendant les semaines à venir, vous n'aurez plus de lecture obligatoire, mais ce n'est pas une raison pour cesser de lire ou de vous adonner à toutes sortes d'activités culturelles.

La culture physique, c'est bien, mais la culture de l'esprit est tout aussi essentielle. D'ailleurs, une fois que vous aurez développé les muscles de vos bras, imaginez la facilité avec laquelle vous parviendrez à soulever des tonnes de livres : de la littérature, des essais, des biographies, des livres d'histoire, de la poésie...

Mais monsieur, pas question pour moi de lire des livres pendant l'été, me dit alors un étudiant.

J'encaisse le coup. Se faire dire ceci par un élève nous met face à notre échec, de même qu'à celui de tout un système d'éducation qui n'est pas parvenu, après toutes ces années de scolarisation, à éveiller chez lui le goût d'apprendre par lui-même.

Comment réagir face à une pareille affirmation sans laisser transparaître un soupçon d'amertume ?

LA MONTÉE RUDE ET ESCARPÉE

Vous vous souvenez, voilà quelques semaines, nous avons parlé de l'allégorie de la caverne de Platon, de ces hommes enchaînés depuis leur enfance qui s'imaginent que les ombres qui apparaissent sur le mur du fond représentent la réalité. Ce qu'ils ignorent, c'est que ces ombres ne sont que le reflet de différents objets que des personnages cachés derrière un petit muret présentent au-dessus de celui-ci.

Lorsqu'un de ces prisonniers est délivré de ses chaînes et qu'il parvient à tourner la tête, il est aveuglé par la lumière en provenance d'un feu qui brûle plus haut dans la caverne et qui, d'ailleurs, est à l'origine de la projection des ombres sur le mur du fond. Quel est alors son premier réflexe ? De fermer les yeux et de revenir à sa position initiale, à son monde de ténèbres.

C'est à ce moment que quelqu'un viendra l'inciter à tourner à nouveau son regard vers cette lumière et l'aidera par la suite « à gravir la montée rude et escarpée » qui le conduira, après de grands efforts, à l'extérieur de cette caverne, là où il consentira en toute liberté à finalement contempler le soleil pour la première fois.

C'est exactement ce que le système d'éducation tente de faire avec vous depuis que vous êtes à l'école.

Tous les enseignants qui vous ont accompagnés lors de ce parcours, vous ont aidés à gravir cette montée rude et escarpée afin de vous « guérir de votre ignorance », comme le dit Platon, de vous conduire graduellement vers la « lumière » qui, ici, symbolise la connaissance, la lucidité et donc la liberté.

En fait, le but ultime que nous tous, enseignants, recherchons, c'est que vous puissiez un jour vous passer de nous dans votre quête de savoir et d'autonomie, et ce, en vous appuyant sur votre propre soif de connaître afin de mener vos vies d'une manière éclairée.

Alors cet été, n'hésitez pas à sortir de votre caverne intérieure, à profiter du soleil, à entretenir et développer votre corps, mais surtout votre esprit.

Dites-vous que c'est grâce à votre culture et à votre savoir que vous parviendrez à rayonner, à vous démarquer plus tard, mais aussi à vous protéger de tous ces hommes de l'ombre qui tenteront de vous manipuler.

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