La chimère politique

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Pierre-Yves McSween

Comptable professionnel agréé et enseignant d'administration au Cégep régional de Lanaudière, il collabore régulièrement à la section Débats.

À quelques jours des élections, les messages enregistrés sur des cassettes TDK 60 minutes tournent en boucle. On pourrait résumer le lexique de la campagne électorale comme suit : « L'égout, le plan, la classe moyenne et le niqab ». Derrière la cassette, l'angle mort de certaines propositions refait surface.

NPD : ENTRE PROMESSES ET RÉALITÉ

Le NPD s'engage à créer des places en garderie à 15 $ par jour. Ce parti pourrait apprendre de ce qui se passe au Québec. La solution la plus efficace n'est pas de se mettre le bras dans le tordeur et de prendre sur ses épaules la responsabilité d'un système de garderies. En aidant directement les parents par des avantages fiscaux ou par une contribution mensuelle, on élimine les distorsions fiscales présentes au Québec. Quand on propose de ramener l'âge de la retraite à 65 ans, c'est oublier un fait indéniable : le Canada compte plus de gens de 65 ans et plus que de mineurs de 14 ans et moins. Si l'on vit plus longtemps, on doit financer cette retraite d'une façon ou d'une autre. Fixer l'âge de la retraite de façon irrévocable à 65 ans augmente la pression sur une proportion décroissante de travailleurs. Quant à l'idée de promettre une carte de crédit à intérêt réduit : cette promesse démontre une incompréhension totale du système bancaire.

PLC : LA FAUSSE CLASSE MOYENNE

La promesse de « réduire les impôts de la classe moyenne » demeure une ritournelle sympathique. Par contre, en réalité, Justin Trudeau veut réduire les impôts sur les revenus de tous les Canadiens pour la tranche de revenus entre 44 701 $ et 89 401 $. Il veut financer cela en imposant davantage les revenus de plus de 200 000 $. Pourtant, à 210 000 $, la proposition du PLC réduit encore la facture fiscale totale.

Elle est large, la définition de « classe moyenne ».

Au Québec, cette proposition est différente, puisque l'abattement provincial réduit l'impôt fédéral. De plus, quand Justin Trudeau parle d'un « riche », il devrait faire preuve de nuance. On peut être riche en actif net, tout en se déclarant un revenu annuel de moins de 100 000 $ par année. La richesse en salaire annuel demeure une vision politique et simpliste de la chose.

PCC : DES CADEAUX CONTRE NOTRE BIEN COLLECTIF ?

La proposition d'augmenter le maximum des retraits de REER en vertu du régime d'accession à la propriété (RAP) de 25 000 $ à 35 000 $ empiète davantage sur la retraite du contribuable. En augmentant la capacité de payer une mise de fonds sur une maison, on aide le caractère haussier d'un marché n'en ayant nul besoin. De plus, on encourage les Canadiens à piger dans leur épargne-retraite pour acheter une maison, ce qui envoie un mauvais message quant à l'importance du rendement perdu pendant la période de remboursement du RAP. Aussi, rendre le crédit d'impôt à la rénovation domiciliaire « permanent » est probablement la plus grande aberration du plan du parti. Ce type de crédit d'impôt sert habituellement à devancer la décision de rénovation pour stimuler l'économie. Rendre cette mesure permanente empêcherait le gouvernement de se servir de ce levier en période de faiblesse économique, mais reviendrait à subventionner l'industrie de la construction.

Avant d'aller voter, une bonne lecture des programmes électoraux demeure plus bénéfique pour comprendre le message de chaque parti que de se fier à leur vieux lecteur de cassettes.

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