Prévention du suicide : le rôle des parents

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Une enquête menée auprès d'adolescents canadiens révèle que 22 % de ceux-ci ont pensé au suicide l'an dernier.

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On les met au monde avec au fond du coeur l'espoir ultime qu'ils soient heureux. Peu importe ce qu'ils seront, feront et deviendront, pourvu qu'ils récoltent de cette vie sur terre les fruits du bonheur et de la sérénité et qu'ils aient, au creux des yeux, l'étincelle des gens heureux.

Lorsqu'ils sont petits, la peur nous envahit lorsqu'ils se blessent au terrain de jeu ; on soigne avec affection leurs genoux écorchés et leur visage tuméfié, tout comme on console patiemment leurs peines causées par les chicanes d'amis, non sans ressentir un petit pincement devant leur chagrin d'enfant.

Puis, ils grandissent, s'affranchissent, se font moins présents et plus distants. Le cours normal de la vie, quoi. La plupart du temps, ils arrivent à manoeuvrer à travers ces bouleversements et émergent de cette transition sans trop de heurts.

Mais parfois, un mal de vivre sourd et profond les envahit et les gruge de l'intérieur. L'ampleur de leur douleur devient telle que mourir devient leur seule issue. C'est ainsi que les pensées suicidaires se frayent subtilement un chemin dans leur tête, au point de devenir obsédantes et de les pousser à chercher des façons de passer à l'acte.

Les statistiques sur le suicide sont révélatrices et confirment que la souffrance psychologique n'épargne personne.

Elle ne discrimine pas parmi les sexes ni les classes sociales et s'en prend aux vieux comme aux jeunes. Les plus récentes données sur le suicide et les jeunes sont d'ailleurs contenues dans un rapport publié la semaine dernière par l'organisme Jeunesse, J'écoute et elles se fondent sur les résultats d'une enquête menée dans l'ensemble du Canada auprès de 1319 adolescents âgés de 13 à 18 ans.

UN ADOLESCENT SUR CINQ

Ce rapport révèle que 22 % des adolescents ont pensé au suicide l'an dernier et que les filles sont deux fois plus susceptibles que les garçons d'entretenir des pensées suicidaires. De plus, 47 % des jeunes qui avaient pensé au suicide n'en avaient parlé à personne, de telle sorte que selon Jeunesse, J'écoute le plus grand obstacle qui empêche d'aider un jeune à combattre ses idées suicidaires consiste à ne pas savoir qu'il est en difficulté.

Alors, lorsqu'on est parents, on fait quoi devant cette inquiétante réalité ; quels comportements lucides et réfléchis devons-nous adopter ?

Sans doute faut-il d'abord lutter contre l'irrépressible envie d'emprisonner nos enfants sous notre aile et de bâtir autour d'eux des cages de verre qui les protégeront de la cruauté du monde extérieur. Les retenir est probablement la meilleure façon de les faire fuir.

Lorsqu'ils passent en coup de vent, on pourrait peut-être dire à nos garçons que les mondes virtuels à l'intérieur desquels ils se réfugient ne sont que des mirages et que leur vie est plus fragile et précieuse que celle de ces personnages, tués à l'écran à coups de haches et de mitraillettes, qui n'en finissent plus de ressusciter soudainement.

Et à nos filles, on pourrait dire que les photos de silhouettes parfaites et de vies rêvées dont elles s'abreuvent sur les médias sociaux jusqu'à plus soif ne sont souvent que façades et clinquantes vitrines derrière lesquelles se terrent des existences vides de sens.

Il faut aussi dire, redire et répéter encore à nos enfants que l'échec et l'erreur, qui ont si mauvaise réputation, servent au contraire à rebondir et que l'imperfection, la vulnérabilité et l'humanité sont de précieuses alliées.

Nous devons par ailleurs reconnaître que malgré tous nos efforts, il arrive que l'espoir devienne notre seul recours. Espérer, l'estomac noué, que le téléphone ne sonnera pas au coeur de la nuit pour nous annoncer l'impensable horreur et nous plonger dans une douleur abyssale.

Enfin, nous devons nous abstenir de plaider l'impuissance mais nous résigner à ce que l'accès à leurs peurs, leurs angoisses et souffrances puisse nous être refusé. Il faut accepter que notre nid ne sera peut-être pas l'endroit où ils choisiront de venir se déposer, sans pour autant renoncer à leur offrir soutien et écoute sans les juger. Et surtout, il ne faut jamais arrêter de les aimer.

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