Nuances et vigilance

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La récente étude de l'Université de Glasgow confirme le besoin que ressentent certains jeunes de répondre, 24 heures par jour et sept jours par semaine, aux messages transmis sur les réseaux sociaux.

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Mélanie Dugré

Avocate, l'auteure collabore régulièrement aux pages Débats.

Certaines manchettes sont parfois trompeuses. Ainsi, des médias québécois titraient récemment « Les médias sociaux causent dépression, anxiété et insomnie chez les adolescents », faisant référence à une étude rendue publique lors de la dernière conférence annuelle de la British Psychological Society.

Or, les conclusions des chercheurs de l'Université de Glasgow font plutôt état de l'effet néfaste de l'utilisation nocturne des médias sociaux sur la santé mentale des jeunes et de la pression qu'ils ressentent de devoir être constamment disponibles.

À mon sens, ces nuances sont fondamentales et justifient un appel au calme. On imagine en effet facilement la réaction paniquée de milliers de parents dont les adolescents entretiennent une relation symbiotique avec leur téléphone intelligent.

Un sondage mené en 2009 aux États-Unis par la firme Common Sense Media a d'ailleurs révélé que 51 % des adolescents se connectaient à leur réseau social favori au moins une fois par jour et que 22 % des jeunes le faisaient plus de 10 fois quotidiennement ; des chiffres qui ont assurément progressé depuis.

En 2011, la revue américaine Pediatrics a publié une étude sur les impacts positifs et négatifs de cette utilisation sur la santé des jeunes. Au chapitre des avantages, on citait la possibilité de développer des habiletés sociales, de stimuler la communication, de maintenir le contact avec la famille et les amis, de s'ouvrir sur le monde, de nourrir leurs intérêts et leurs passions, et de mettre à contribution leur créativité par la réalisation de projets. La possibilité d'exploiter les médias sociaux dans un contexte scolaire était également décrite positivement.

Évidemment, l'aspect plus sombre des médias sociaux y était aussi confirmé, que ce soit les atteintes à la vie privée, la cyberintimidation, la cyberdépendance et le sextage, ainsi que leurs conséquences sur la santé, physique et mentale, des jeunes.

À ce sujet, la récente étude de l'Université de Glasgow, liant dépression et médias sociaux, confirme le besoin que ressentent certains jeunes d'être constamment disponibles en ligne et de répondre, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, aux messages et commentaires transmis sur les réseaux sociaux. Les réponses aux questions, fournies par 467 adolescents, ont démontré que l'utilisation nocturne des médias sociaux, conjointement avec un investissement émotionnel, est associée à un mauvais sommeil, à une estime de soi plus faible et à des niveaux plus élevés d'anxiété et de dépression.

J'aurais envie d'ajouter que ces conclusions sont intégralement transposables à des usagers adultes puisque personne, jeune ou âgé, ne peut prétendre être totalement immunisé contre les commentaires hargneux souvent exprimés sur les médias sociaux.

Aussi accrocheuses que soient les manchettes qui leur ont été attribuées, les conclusions de cette étude ne constituent donc, au final, que des évidences avec lesquelles il nous revient, comme parents, de composer. Ce qui signifie notamment ne pas réagir de façon intempestive devant la place que les médias sociaux occupent dans la vie de nos adolescents.

Il est tout aussi important de maintenir une attitude ouverte et une communication franche avec eux, de telle sorte qu'ils se sentiront en confiance au moment de confier un problème ou une situation embarrassante.

Nous avons aussi le devoir d'aider nos jeunes à développer leur jugement et leur capacité à prioriser les événements qui se déroulent sur les planètes Facebook, Twitter, Instagram et compagnie.

Enfin, un usage équilibré des médias sociaux reste incontournable, mais à cet égard, l'exemple que nous offrons restera encore et toujours notre meilleur allié.

Il serait vain de regretter et de ressasser avec nostalgie un passé exempt de technologie et de condamner cette nouvelle génération accro à la techno. Il nous suffit plutôt de regarder en avant en assumant nos responsabilités de parents et en restant vigilants.

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