Le sens du 8 mars

Bien que les conditions des femmes aient évolué... (Photo d'archives, La Presse)

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Bien que les conditions des femmes aient évolué au fil des dernières décennies, de nombreux combats sont encore à gagner, et ce, même dans les pays les plus développés.

Photo d'archives, La Presse

Elsy Fneiche

L'auteure est psychoéducatrice dans des écoles de Montréal. Elle collabore régulièrement aux pages Débats.

La date du 8 mars soulignera la Journée internationale des femmes. Cette journée trouve son origine dans les luttes menées par des femmes au début du XXe siècle dans le but d'obtenir de meilleures conditions de travail et le droit de vote. La tenue de manifestations à travers le monde nous donne l'occasion de revendiquer l'égalité et de faire un bilan de la situation des femmes dans la société actuelle.

Bien que les conditions des femmes aient évolué au fil des dernières décennies, de nombreux combats sont encore à gagner, et ce, même dans les pays les plus développés. Aux noms des raisons les plus absurdes: vestimentaires, religieuses ou amoureuses, des femmes sont violentées, agressées ou encore tuées.

Au Canada, malgré les nombreux programmes et politiques qui ont été élaborés, des études ont révélé que la violence faite aux femmes demeure un problème. Selon des statistiques récentes, une femme sur 14 est victime d'agression sexuelle à travers le monde tandis que le viol, utilisé comme «arme de guerre», fait encore nombreuses victimes.

Dans mon quotidien de psychoéducatrice, des femmes me confient les difficultés qu'elles vivent, souvent dans le plus grand silence. Entre une adolescente se faisant intimider et humilier pour avoir eu des rapports sexuels, des fillettes de deuxième année qui comparent la grosseur de leurs cuisses en se dénigrant, ou une femme qui soulève son chandail pour me dévoiler des bleus que lui a affligés son «amoureux», mon coeur de femme s'émiette un peu plus à chaque fois.

Cette violence peut parfois prendre une apparence sournoise et mesquine. Il y a quelques jours, une conversation sur un réseau social m'a laissé franchement perplexe. Il s'agissait d'une discussion sur Balpreet Kaur, jeune femme sikhe de 23 ans qui, pour des motifs personnels et religieux, a décidé de ne pas se raser la barbe. Celle-ci dérangeait puisqu'elle défiait un standard de beauté de notre société: «Une femme, ça ne porte pas de barbe, point final!» Les moqueries et insultes à son sujet m'ont fait prendre conscience à quel point le corps de la femme demeure un sujet de controverse.

Au Québec, il y a quelques semaines, le maire Régis Labeaume prêchait aux femmes musulmanes la manière dont elles devraient s'habiller dans les piscines publiques, et ce en prenant soin que certaines «s'attriquaient» d'un «burkini». Que ce soit au nom d'une religion ou pour une autre raison, le fait d'imposer aux femmes le rapport qu'elles devraient avoir à leur corps constitue un recul en matière des droits de la femme. Le maire devrait plutôt se préoccuper des quelques 15 000 Québécoises victimes chaque année de violence conjugale.

Bien que nous vivions dans un pays qui protège les droits fondamentaux, nombreuses sont celles qui, aujourd'hui encore, ont besoin d'aide pour s'épanouir en toute liberté. La violence envers les femmes n'est pas l'exclusivité de certaines cultures.

Les nombreuses attaques qu'ont subies dernièrement des femmes au Québec m'ont beaucoup interpelée. Comment se fait-il qu'une charte sensée promouvoir l'égalité hommes-femmes ait plutôt favorisé des actes de lâcheté à l'endroit de certaines d'entre elles? À quelques jours du 8 mars, mon coeur de femme espère que celui de Pauline Marois réalise tout le tort causé aux femmes par ce projet de loi.




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