Hereditary: l'ADN de la peur

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Précédé d'une excellente rumeur après ses présentations aux festivals de Sundance et South by Southwest, Hereditary est le premier long métrage d'Ari Aster, jeune réalisateur pratiquement inconnu propulsé au-devant de la scène du cinéma de genre. Car Hereditary pourrait bien être le film d'horreur de l'été, voire de l'année.

Au bout du fil, Ari Aster semble un peu dépassé par l'attention dont il fait l'objet, probablement surpris par le nombre d'entrevues qu'il doit enfiler pour son premier film, lui qui a surtout réalisé des courts métrages jusqu'à présent. Certains critiques ont déjà affirmé que Hereditary était un chef-d'oeuvre de l'horreur, l'équivalent de The Exorcist pour une nouvelle génération. «Je ne pourrais être plus heureux, dit-il. C'est un rêve devenu réalité. On fantasme sur un bon accueil, parce que c'est quelque chose de tellement difficile d'arriver au bout d'un film. Je me sens reconnaissant et chanceux.»

Mais qu'est-ce qui explique le buzz autour de Hereditary? L'impression d'un cauchemar éveillé, dont on n'arrive pas à s'extirper. On sait toujours que le danger est plus terrifiant lorsqu'il vient du lieu qu'on croit être le plus sûr et de ceux qui sont censés nous aimer. Hereditary est un huis clos familial, qui commence après la mort de la mère d'Annie (Toni Collette), une maquettiste qui ne soupçonne pas ce qui menace son mari Steve (Gabriel Byrne) et ses deux enfants, Peter (Alex Wolff) et Charlie (Milly Shapiro).

«C'était une évidence pour moi, en faisant un film d'horreur, qu'il devait se dérouler dans une famille», explique Ari Aster, qui semble avoir une prédilection pour les atmosphères étouffantes avec des gens qui ont des liens tissés serré. «Ça fait longtemps que je ne trouve pas ce que je cherche dans le cinéma de genre, et lorsque je faisais mon pitch pour trouver du financement, je décrivais ce projet comme une tragédie familiale qui se métamorphose en cauchemar. Je voulais faire un film à propos du chagrin et des traumatismes.»

La tristesse et la douleur

C'est l'un des aspects étonnants de ce film d'épouvante : nous nous soucions vraiment des personnages. Alors que trop souvent, nous regardons dans un film d'horreur les gens se faire trucider en nous en foutant, ou même en rigolant, Hereditary, en plus de nous faire peur, vient nous chercher droit au coeur.

«Je voulais faire un film profondément douloureux. Trop souvent, on ne se soucie pas des personnages en général dans ce genre de film, et je sais que c'est pourquoi beaucoup me laissent froid et insatisfait. Parce que je ne sais pas comment on peut toucher le public sans toucher son coeur, sans qu'il se sente concerné à un niveau plus profond.»

Le sentiment de culpabilité ronge plusieurs personnages de Hereditary, c'est frappant, et cela participe à l'horreur - on ne peut dévoiler les punchs ici! «J'ai l'impression que c'est un thème de ma propre vie», avoue Ari Aster, qui se dit hypocondriaque et pétri de toutes sortes de peurs plutôt universelles.

Toni Collette et Milly Shapiro dans Hereditary (2018).... (photo fournie par A24) - image 2.0

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Toni Collette et Milly Shapiro dans Hereditary (2018).

photo fournie par A24

«Je me sens toujours coupable de quelque chose, même quand il n'y a pas de raison. Je traîne toujours cet étrange sentiment de culpabilité.»

Les influences du jeune réalisateur sont nombreuses, et appartiennent surtout aux classiques - Brian De Palma, David Lynch, David Cronenberg, Roman Polanski, Peter Greenaway, Lars von Trier -, mais Aster s'insère de toute évidence dans cette nouvelle vague du cinéma d'horreur qui compte des films comme It FollowsThe Witch ou Get Out. «Il y a eu des films merveilleux et brillants ces dernières années, et je suis vraiment content que Hereditary en fasse partie.»

Même si son prochain film sera aussi un film d'horreur, il souhaite tourner dans plusieurs registres. «J'aime l'horreur, mais je n'aime pas les slashers, et je ne suis pas un grand fan de la torture porn.» Manifestement, il n'aime pas non plus les effets faciles et la paresse dans le genre. «Je voulais être certain que tout ce qu'on voit d'horrible dans mon film vient des personnages et de leurs dynamiques, et que ce soit profondément ancré dans ce qui a été établi dans la première moitié du film.»

Enfin, on lui demande ce qu'il pense de cette anecdote arrivée dernièrement en Australie, lorsque la bande-annonce de Hereditary, considéré par plusieurs comme le film le plus terrifiant de 2018, a été projetée par erreur lors d'une séance de film pour enfants, ce qui a causé toute une commotion. «C'est vraiment drôle. En tout cas, c'est de la bonne promo!»

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Hereditary (Hérédité en version française) est à l'affiche.

The First Purge... (Photo fournie par Universal Pictures) - image 3.0

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The First Purge

Photo fournie par Universal Pictures

Deux autres films pour frissonner cet été

The First Purge (V.F.: American Nightmare 4: Les origines)

James DeMonaco, qui a écrit et réalisé les trois premiers chapitres de la franchise The Purge (dont l'idée de base est qu'une fois par année, aux États-Unis, tous les crimes sont permis), est toujours à l'écriture de ce quatrième volet, mais cède la réalisation à Gerard McMurray. Cette fois, on raconte les circonstances qui ont mené à la première purge, et l'on joue encore beaucoup sur le sentiment d'effritement des valeurs démocratiques américaines. Avec Marisa Tomei, Melonie Diaz et Lex Scott Davis.

Sortie: 4 juillet

Slender Man

Savez-vous ce qu'est Slender Man? Il est considéré comme le premier monstre mythique créé par l'internet. En fait, il s'agit d'un mème inventé par Victor Surge, représentant un homme anormalement élancé et sans traits du visage, extrêmement inquiétant, qui peut rendre fou et s'en prend principalement aux jeunes. C'est maintenant un monstre de cinéma, vedette d'un film réalisé par Sylvain White (La marque des anges, Stomp the Yard). Un nouveau croque-mitaine, finalement!

Sortie: 24 août




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