Ulrich Thomsen: une question de propos

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Dans La célébration (Festen), il interprétait le rôle du trouble-fête. Vingt ans plus tard, Ulrich Thomsen retrouve Thomas Vinterberg, le cinéaste qui l'a révélé au monde, à la faveur de La communauté, un long métrage dans lequel il campe un professeur d'architecture qui, dans les années 70, transforme en commune la grande maison dont il a hérité.

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Le réalisateur danois Thomas Vinterberg

Photo Scott Roth, Archives Associated Press

Pendant ces deux décennies, l'acteur a joué dans de nombreuses productions danoises marquantes, notamment In a Better World de Susanne Bier (qui a remporté l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2011 face à Incendies), tout autant que dans des productions américaines, parmi lesquelles la série Banshee

Vous étiez déjà du tout premier long métrage de Thomas Vinterberg, Les héros, en 1996, puis vous avez enchaîné Festen avec lui. Comment se fait-il que vos chemins ne se soient pas recroisés avant La communauté ?

J'étais ravi qu'il me propose enfin un rôle. Nous voulions travailler à nouveau ensemble, mais le destin a fait que les projets précédents de Thomas se sont faits sans moi. Mais là, tout s'est bien aligné, d'autant que j'aime beaucoup le scénario qu'il a écrit. J'aime ce décalage qui force la comparaison avec l'époque que nous vivons actuellement. Cela ne veut pas dire que la vie en communauté était idéale, loin de là. Mais il fallait quand même s'asseoir et se parler face à face pour discuter de nos problèmes. Ce qu'il y a de bien avec Thomas, c'est qu'il n'a pratiquement pas changé. Nous avons vraiment eu l'impression de reprendre là où nous nous étions laissés il y a 20 ans. Cela dit, même si nous n'avons pas travaillé ensemble, nous nous sommes quand même vus à quelques reprises pendant toutes ces années.

L'histoire est inspirée de la propre histoire de Thomas Vinterberg, qui a vécu son enfance et son adolescence dans une commune avec ses parents. Vous en a-t-il beaucoup parlé ? Est-ce une responsabilité particulière pour un acteur de traduire une expérience aussi personnelle ?

Pas vraiment. Dans la mesure où j'ai abordé Erik [le nom de son personnage] de la même manière que je le fais pour tout autre personnage de qui je tente d'extirper une vérité, qu'elle soit réelle ou fictive. Et puis, l'expérience aidant, je me connais aussi mieux en tant qu'acteur. Je sais mieux comment accéder aux émotions requises. Le seul problème que nous avons eu pendant le tournage a été lié à la discipline. À toujours être en bande comme ça, il y a forcément des moments où le rire l'emporte !

Est-ce que le métier d'acteur ressemble à ce que vous imaginiez au départ ? La motivation est-elle toujours la même ?

J'ai fait beaucoup de théâtre au début. Je n'ai malheureusement plus le temps de monter sur les planches. Je ne l'ai pas fait depuis plus de 15 ans, à vrai dire. Ce qui m'importe avant tout est de jouer dans une oeuvre qui veut dire quelque chose. Qu'il y ait une substance, un propos auquel je peux souscrire. Je me verrais mal jouer dans un film, une pièce, une série de télé où l'on me demanderait de simplement faire le clown, même si j'aime bien la comédie.

Comment expliquez-vous la richesse du cinéma danois ?

Premièrement, il y a au Danemark de très bonnes écoles de cinéma. Ensuite, la petitesse du pays fait en sorte que pour maintenir une culture en place, il faut obligatoirement un bon appui de l'État. Chez nous, la culture est très bien soutenue et la créativité est encouragée. Comme il est impossible d'atteindre la rentabilité sur notre territoire, on permet ainsi aux cinéastes une liberté artistique totale, sans attentes de performances au box-office. On les laisse travailler tranquilles. N'ayant pas les moyens de rivaliser avec les superproductions américaines, nous avons développé, je crois, une espèce d'expertise dans les histoires à caractère intimiste, souvent campées dans un milieu familial. Des chefs de file comme Lars von Trier - un génie à mon sens -, Susanne Bier, Thomas Vinterberg et d'autres font rayonner nos histoires dans le monde. Si les films génèrent des revenus au box-office, tant mieux, mais là n'est pas le but de l'exercice.

Vous décrochez aussi des rôles aux États-Unis, où le système est complètement différent. Comment gérez-vous cette dualité ?

Je vis au Danemark. C'est là qu'est ma famille. Je ne me verrais pas m'installer en Amérique pour exercer mon métier, surtout pas à une époque comme celle-ci, avec un personnage comme Donald Trump. Je préfère plutôt faire le voyage et revenir ensuite chez moi, même si les distances sont grandes. Cela dit, ironiquement, je tournerai Willenberger, mon deuxième long métrage à titre de réalisateur, au mois d'octobre au Nouveau-Mexique. Il s'agit d'une comédie satirique, tournée en anglais, qui parle de notre temps en abordant les thèmes liés à l'intolérance. Ça raconte l'histoire de deux hommes qui tentent de gérer dans une petite ville américaine le meilleur restaurant spécialisé dans la saucisse allemande !

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La communauté (Kollektivet en version originale) prendra l'affiche le 30 juin.




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