The Death and Life of John F. Donovan: en orbite autour d'une star

Xavier Dolan et Kit Harrington sur le plateau... (Photo Shayne Laverdière, fournie par Lyla Films et Sons of Manual.)

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Xavier Dolan et Kit Harrington sur le plateau de tournage de The Death and Life of Donovan à Montréal

Photo Shayne Laverdière, fournie par Lyla Films et Sons of Manual.

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Xavier Dolan a tourné cet été à Montréal la première partie de The Death and Life of John F. Donovan, son premier film anglophone. La Presse a pu se rendre sur le plateau de tournage du plus ambitieux projet du cinéaste à ce jour.

Un jour de canicule montréalaise, en plein milieu du mois d'août, au sixième étage d'un immeuble adjacent à l'École de musique Schulich de l'Université McGill. C'est là que la production de The Death and Life of John F. Donovan s'est installée afin de tourner une scène se déroulant dans une salle de conférence du Gossip, un magazine à potins dont la rédactrice en chef est Moira McCallister-King (Jessica Chastain).

Fidèle à sa nature perfectionniste, Xavier Dolan règle les moindres détails, voit à tout, discute des plans avec André Turpin, son as directeur photo, et il est maintenant prêt à mettre la scène en boîte.

En toile de fond, en boucle, on peut entendre la version feutrée de Daughter du tube de Daft Punk Get Lucky. Kit Harington, le John F. Donovan du titre, attend maintenant son signal, en retrait. Portant jean, t-shirt noir et verres fumés, il traîne avec lui un sac de sport. Quand il entre dans la pièce, tapissée des unes croustillantes que le magazine a publiées, la rédactrice, assise à l'autre bout de la table, le regarde avec un petit sourire en coin. Face à elle, John prend calmement soin d'ouvrir son sac pour en extirper un bâton de baseball. Le jeune homme prend son élan et frappe violemment la table (capitonnée pour l'occasion). Le coup fait évidemment sursauter tous les gens réunis autour, y compris Moira.

Une imposante distribution

Produit au coût d'environ 36 millions de dollars, The Death and Life of John F. Donovan suit le parcours d'un acteur jouant dans une populaire série télévisée. John souhaite maintenant atteindre un statut supérieur en décrochant le rôle principal dans un film de superhéros. Or, des rumeurs commencent à circuler à son sujet dans les magazines spécialisés. La relation épistolaire - bien innocente - qu'il entretient avec un admirateur londonien de 11 ans attire vers lui les pires suspicions.

Outre Kit Harrington et Jessica Chastain, l'imposante distribution regorge de vedettes anglo-saxonnes, parmi lesquelles trois actrices déjà lauréates d'un Oscar: Susan Sarandon, Kathy Bates et Natalie Portman. S'ajoutent à cette liste Bella Thorne, Thandie Newton, Sarah Gadon, Emily Hampshire, Michael Gambon, Chris Zylka, Ben Schnetzer et quelques autres. De son côté, l'actrice québécoise Sarah-Jeanne Labrosse y va d'une participation. Par ailleurs, les possibilités que la chanteuse Adele tienne un rôle dans le film seraient désormais très minces, sinon nulles.

Une logistique compliquée

On peut s'en douter, la mise sur pied d'un projet aussi ambitieux requiert une coordination de tous les instants, ne serait-ce que sur le plan de la gestion des horaires. Le scénario est toutefois construit de telle sorte que, mis à part Kit Harington, qui reste présent pendant tout le tournage, chaque acteur n'est de passage que pendant quelques jours sur le plateau. «Ils font partie des différents mondes qui tournent en orbite autour de John», précise Xavier Dolan.

«Le récit se déroule essentiellement à New York et à Philadelphie, mais Xavier tient à tourner chez lui, avec son équipe. Ça se passe donc un peu comme dans les films américains: Montréal sert de doublure!», précise Nancy Grant, productrice.

Il convient d'ailleurs de dissiper ici tout de suite un malentendu. Même si elle met en vedette plusieurs comédiens anglo-saxons et qu'elle est tournée dans la langue de Shakespeare, cette production reste majoritairement québécoise, coproduite par les sociétés Lyla Films et Sons of Manual. Le montage financier a d'ailleurs été difficile à faire.

«Les préventes auprès des distributeurs comptent pour environ la moitié du budget du film, explique la productrice Lyse Lafontaine. Il est déjà vendu à Entertainment One au Canada et aux Films Séville au Québec, mais aussi à Mars distribution en France. Il n'y a pratiquement pas de capitaux américains dans cette production. Aucune entente n'est encore conclue avec un distributeur là-bas.»

Un film «magnolien»

Quand on écoute Xavier Dolan décrire son film, et les nombreuses histoires parallèles qui convergent vers le personnage central, on ne peut faire autrement que de penser aux grands films choraux de Robert Altman (The Player, Short Cuts). Mais le réalisateur de Juste la fin du monde préfère plutôt emprunter le modèle de Paul Thomas Anderson, notamment le film Magnolia.

«Ce film sera "magnolien", ça, c'est sûr, dit-il. Il y a une figure centrale autour de laquelle tournent en rotation des personnages plus colorés. La structure ressemble aussi à celle d'un film de superhéros. Il n'y a toutefois qu'une seule intrigue. En ce sens, The Death and Life of John F. Donovan n'est pas un film choral. Le style et l'approche esthétique changent à chacun de mes projets.»

S'il n'est pas lui-même une vedette hollywoodienne, Xavier Dolan a quand même gravi les échelons du cinéma international à une vitesse vertigineuse. Sa réflexion est forcément nourrie de sa propre expérience.

«Tous les films que j'ai faits sont très collés à moi d'une façon ou d'une autre. Maintenant, ma vie, c'est ça: faire des films, en faire la promo, aller dans les festivals.» 

«Au cours des dernières années, j'ai fait plusieurs rencontres, je suis entré en relation avec beaucoup de gens, et l'idée de ce film a été nourrie par plusieurs échanges que j'ai eus avec eux.»

Quant au déroulement du tournage, le cinéaste dit être satisfait. Même s'il dispose cette fois d'un budget beaucoup plus important que pour ses films précédents, les contraintes demeurent bien réelles. Plus d'une quarantaine de décors ont déjà été utilisés. Une vingtaine d'autres le seront au cours de la portion européenne du tournage.

«C'est très intense, reconnaît-il. Les responsabilités sont grandes et il y a de gros enjeux. Je n'ai pas envie de botcher ni de tourner les coins ronds. Mais on n'a jamais assez de temps!»

À l'automne, l'an prochain

Xavier Dolan a tourné pendant 39 jours au cours de l'été. Une journée de tournage à New York est aussi prévue. L'équipe s'envolera vers l'Europe le printemps prochain pour achever le tout. Elle s'installera à Londres pendant 17 jours, puis à Prague pendant 6 jours.

Dans ces circonstances, il est clair que le prochain Festival de Cannes, qui se tient au mois de mai, ne figure pas du tout dans les plans de lancement.

«On vise plutôt les festivals de l'automne», indique Nancy Grant.

Qui, de Venise, de Telluride ou de Toronto, aura l'honneur de présenter en primeur mondiale The Death and Life of John F. Donovan, le septième long métrage de Xavier Dolan?

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