Michel Blanc: le beau boulot du cinéma

Les comédiens Romain Duris, Alice Belaidi et Michel... (PHOTO YOHAN BONNET, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Les comédiens Romain Duris, Alice Belaidi et Michel Blanc ont pris part au Festival du film francophone d'Angoulême où était présenté Un petit boulot.

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L'inoubliable interprète de Tenue de soirée et de Monsieur Hire, qui a fait ses débuts avec la troupe du Splendid dans les comédies Les bronzés, nous raconte sa participation au film Un petit boulot de Pascal Chaumeil. Inspiré par le roman de l'Américain Iain Levison, Michel Blanc a signé le scénario de cette comédie noire, dans laquelle il joue un caïd qui offre à Jacques (Romain Duris), un chômeur au fond du baril, un «petit boulot»: tuer sa femme.

Qu'est-ce qui vous a attiré dans le roman de Iain Levison pour en faire un scénario?

Ce qui m'intéressait, c'est le mélange des genres. C'est-à-dire à la fois un aspect de comédie noire, pas cartésienne, pas raisonnable, pas trop française, et en même temps un fond social réel qui n'est pas éludé. Ce mélange était assez complexe à mener à bien, ça me faisait peur, mais c'était un pari que j'avais envie de relever, pour ne pas se cantonner à une comédie un peu routinière. C'était plus excitant.

Un petit boulot saisit très bien l'atmosphère lourde d'une petite ville frappée par le chômage. C'est en ce moment l'un des grands problèmes de la France?

Oui, et pas seulement la France. La preuve, c'est que c'est un roman américain au départ. Nous avons une désindustrialisation assez importante en France, il y a une mutation qui s'opère dans l'économie et il y a des gens qui sont laissés pour compte. Aucun doute là-dessus, c'est l'un des grands problèmes auxquels les gouvernements vont devoir s'atteler.

On dirait que Jacques (Romain Duris) prend goût au rôle de tueur à gages. N'est-ce pas le danger pour toute société que des gens qui n'ont plus rien à perdre tombent dans la criminalité?

Lui n'a qu'une envie, c'est de retrouver une vie normale. Il n'a pas envie de s'installer dans cette vie de délinquance. Simplement, il y a un endroit où sa vie a tellement basculé, il a perdu tous ses repères et tout moyen de survie financière. La misère est la mère de tous les vices, disait-on. Quand vous n'avez rien à perdre, toute opportunité devient envisageable - sans bien sûr aller jusqu'au meurtre. Ce n'est pas un film à 100 % réaliste, il y a une intention de frôler l'absurde, c'est de là qu'on essaie de faire venir la comédie, mais ce n'est pas un message de circonstance atténuante pour que les gens tombent dans la criminalité parce qu'ils ont perdu leur emploi! 

Malheureusement, le réalisateur Pascal Chaumeil est mort après avoir terminé le film. Parlez-nous un peu de lui.

Moi, je ne savais pas qu'il était à ce stade de la maladie, je pensais qu'il était convalescent. Vous savez, quand on a attrapé une hépatite un peu forte, et que ça met du temps à revenir... Mais il avait un cancer du foie, il l'a caché à tout le monde, sauf à sa femme. Sur le plateau, personne ne le savait. Il avait une énergie incroyable, étant donné son état de santé. Il était tout le temps sur le coup. C'est déjà épuisant, faire un film, quand on est en bonne santé, mais en phase terminale du cancer du foie, vous vous rendez compte...

Vous avez eu une carrière prolifique comme acteur et réalisateur. Quels sont aujourd'hui vos meilleurs souvenirs?

J'en ai beaucoup, mais c'est vrai que le premier grand souvenir de rencontre avec un réalisateur, c'est Bertrand Blier et Tenue de soirée, parce que ç'a été un conte de fées. J'ai remplacé quelqu'un dans ce rôle parce qu'il n'a pas voulu le faire. On a été sélectionnés à Cannes, j'ai eu le prix d'interprétation, ce qui était pour moi inimaginable, venant des Bronzés, une comédie très populaire. C'était incroyable pour moi de monter les marches de Cannes, surtout pour aller chercher un prix. Il y a d'autres souvenirs, des rencontres avec des metteurs en scène et des acteurs qui me faisaient rêver et qui me font toujours rêver. Il y en a de moins bons, mais c'est heureusement minoritaire.

C'est fascinant, les trajectoires de carrière de la bande du Splendid (Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Josiane Balasko, Gérard Jugnot, etc.).

Ça, c'est un petit miracle. Le miracle, c'est que tout le monde, pratiquement 40 ans après, soit encore en activité à un niveau assez élevé de rôles, parce qu'il y aurait très bien pu y en avoir un en cours de route pour qui ça ne marche plus, qui n'a plus de propositions... Comme on est toujours amis, ç'aurait été très délicat pour nous à gérer. Qu'il y en ait un d'entre nous par rapport aux autres qui ne travaille pas, ça, c'est toujours très dur.

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Un petit boulot prendra l'affiche le 30 septembre.

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