Garry Marshall: le sens de la famille

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Après Mother's Day, le réalisateur de Pretty Woman, Garry Marshall, livre en quelque sorte le dernier volet d'une trilogie sur les fêtes, amorcée avec Valentine's Day et poursuivie avec Happy New Year. 

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Aux yeux de Garry Marshall, il y a encore de la place au cinéma pour des histoires à dimension humaine, qui n'ont d'autre ambition que d'émouvoir et de rendre heureux. Créateur de nombreuses séries phares de la télévision américaine des années 70 (The Odd Couple, Laverne and Shirley, Happy Days), le vétéran réalisateur est celui qui a fait de Julia Roberts une star grâce à Pretty Woman. Vingt-cinq ans plus tard, l'actrice retrouve le cinéaste qui l'a révélée au monde, le temps d'une participation dans Mother's Day, un film choral dont les têtes d'affiche sont Jennifer Aniston, Kate Hudson et Jason Sudeikis. La Presse l'a rencontré.

G.M.: Vous allez écrire cet article en français? Je vous parle en français, là? Magnifique! J'ai eu l'occasion d'aller chez vous à l'époque - c'était il y a très très très longtemps - où j'accompagnais des chanteurs à la batterie. Je garde notamment de très beaux souvenirs liés à un passage à Québec. Un endroit où il y avait Saint-Jean dans le nom...

LP: Hum... La porte Saint-Jean?

G.M.: Oui!!! C'est ça! Qu'est-ce que c'était bien!

LP: Votre carrière s'étale justement sur plusieurs décennies. Après une fructueuse carrière à la télévision, vous vous êtes tourné exclusivement vers le cinéma. Qu'est-ce qui a le plus changé à Hollywood depuis que vous avez fait ce virage il y a un peu plus de 30 ans?

G.M.: Ce sont surtout les films que produisent les studios qui ont changé. Toute la place est prise par les superproductions. Je ne sais pas comment tourner avec des écrans verts et faire exploser les choses. Ça ne m'intéresse pas de toute façon. Et puis, le marketing. Tu ne réalises plus seulement un film aujourd'hui. Tu en fais quatre parce qu'il faut produire trois bandes-annonces pour trois marchés différents! Mais bon, on s'adapte. Cela dit, je ne fais pas une obsession du box-office non plus.

LP: Lors d'une conférence de presse, Jennifer Aniston et Jason Sudeikis ont tous deux déclaré que vous constituez la raison principale pour laquelle ils ont accepté de jouer dans Mother's Day. Vos films mettent toujours à l'affiche de nombreuses vedettes. Qu'est-ce que les acteurs apprécient particulièrement quand ils travaillent avec vous?

G.M.: Je crois que l'indifférence est la chose qu'un acteur déteste le plus. Alors je m'arrange pour qu'aucun d'entre eux ne se sente négligé. Aussi, mon plateau est toujours ouvert aux familles des gens de l'équipe, aux amis, aux amoureux, aux amoureuses, bref, j'essaie de créer un climat convivial qui fait en sorte que l'acteur se sente bien, qu'il soit dans les meilleures dispositions possible. Qu'on le veuille ou non, ce qui se passe dans la vie personnelle d'un acteur intervient forcément dans son travail. Et puis, je fais mes devoirs.

LP: C'est-à-dire?

G.M.: C'est-à-dire que je parle aux gens, que je vais vers le public dès que j'en ai l'occasion. J'aime connaître sa perception. Jennifer Aniston est la fille que tout le monde souhaiterait avoir comme meilleure amie. Même chose avec Kate Hudson, que j'ai connue toute petite, à l'époque où je tournais Overboard avec sa mère, Goldie Hawn. Elle est devenue une actrice remarquable.

Mother's Day est un film choral mettant notamment... (PHOTO FOURNIE PAR OPEN ROAD FILMS) - image 2.0

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Mother's Day est un film choral mettant notamment en vedette Julia Roberts et Jennifer Aniston.

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LP: Après Pretty WomanRunaway Bride et Valentine's Day, vous retrouvez Julia Roberts pour la quatrième fois grâce à Mother's Day...

G.M.: J'ai la faculté, je crois, de voir la magie chez les acteurs. Julia, c'est l'évidence même. Son sourire est devenu tellement célèbre qu'il en devient même un élément dans la narration d'un film. On doit toujours discuter du nombre de fois où elle sourira et du moment où elle le fera! On s'en amuse beaucoup. Il n'y a rien de plus magique que ce sourire.

LP: Y a-t-il un lien professionnel particulier entre elle et vous? Elle répond «présente» dès que vous lui proposez quelque chose?

G.M.: Julia était âgée de 19 ans quand nous avons tourné Pretty Woman. Nous avons célébré ses 21 ans sur le Hollywood Walk of Fame. Oui, je crois qu'elle aime bien travailler avec moi. D'ailleurs, nous avons dû produire une bande-annonce de Mother's Day dans laquelle elle devait dire une réplique qui n'est pas dans le film. Elle trouvait cela illogique, mais elle l'a fait quand même parce que c'est moi qui lui ai demandé. Il a d'ailleurs fallu faire attention parce que le studio voulait voir Julia partout dans la bande-annonce. Or, elle n'a qu'un rôle de soutien.

LP: Mother's Day est, en quelque sorte, le dernier volet d'une trilogie «festive» amorcée avec Valentine's Day et poursuivie avec Happy New Year. Comment se fabrique un bon film choral, d'après vous?

G.M.: Il faut équilibrer les choses de façon à ce que chaque personnage ait sa propre trajectoire. C'est le plus important à mes yeux. Une histoire doit avoir un début, un milieu et une fin. Préférablement, elle doit aussi être intéressante!

LP: Vos films sont résolument optimistes. Cela correspond à votre philosophie de vie?

G.M.: Tout à fait. La vie est déjà assez difficile comme ça, pourquoi vouloir en retranscrire la sombre réalité au cinéma? Je préfère m'attarder avec humour aux relations humaines, à l'idée de ce qu'une famille devrait être. J'aime ce que je fais. Et j'aime l'espoir.

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Mother's Day (La fête des mères en version française) prend l'affiche aujourd'hui.

Les frais de voyage ont été payés par Remstar.

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