Sally Field: le plaisir du jeu

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Même si elle se fait un peu plus rare au cinéma, Sally Field marque chacun de ses rôles de sa présence singulière. Parce qu'elle reste, après 53 ans de carrière, une actrice avant tout.

Avant que Steven Spielberg ne la ramène du côté du cinéma grâce à Lincoln, qui lui a valu une citation aux Oscars, Sally Field s'était fait une niche à la télévision, notamment grâce à la série Brothers and Sisters. La raison est bien simple. Pour les acteurs, les rôles les plus intéressants se trouvent désormais souvent du côté du « petit » écran.

« C'est ce que je constate, confie la comédienne au bout du fil lors d'un entretien accordé à La Presse. Même depuis Brothers and Sisters, la télévision a changé radicalement. À cette époque, les chaînes spécialisées faisaient déjà parler d'elles et on se disait : "Wow ! Avez-vous vu Breaking Bad ?" Aujourd'hui, les grands réseaux sont mis au défi comme jamais pour sortir de leurs modèles habituels. Il le faut. Parce que les goûts du public ne sont plus les mêmes. Ce qui se passe actuellement avec l'émergence des Netflix, Amazon, et tout ça est vraiment très excitant. Il se prend là plus de risques qu'au cinéma ! »

« Je continue d'exercer ce métier de façon tenace parce que j'en suis toujours amoureuse ! »

- Sally Field

UN FILM INDÉPENDANT

Il est d'ailleurs plutôt significatif que Hello, My Name Is Doris, le nouveau film dans lequel elle tient l'affiche, ait été produit de façon indépendante. Dans cette comédie sentimentale, coécrite et réalisée par Michael Showalter, Sally Field se glisse dans la peau d'une femme un peu excentrique, seule, qui éprouve un coup de foudre immédiat pour un nouveau collègue de travail (Max Greenfield), d'au moins 30 ans plus jeune qu'elle. Il s'agit du genre de film qui, ne bénéficiant pas de la puissance du système de distribution des grands studios, doit jouer du coude pour se faire une petite place sur le circuit.

« Ce qui a le plus changé au fil des ans dans le domaine du cinéma, c'est le marketing, fait remarquer l'actrice. Les grands studios produisent désormais des films conçus pour le marché chinois. Les histoires à dimension plus humaine sont reléguées au secteur indépendant. Fort heureusement, le festival de Sundance a su dynamiser tout ce secteur. »

Lancé récemment au festival South by Southwest (SXSW), Hello, My Name Is Doris a été apprécié au point de décrocher là-bas le prix du public.

« Je n'en revenais pas ! s'exclame Sally Field. Quand on m'a appris qu'il allait être lancé à SXSW, j'avoue avoir été un peu sceptique au début. Qu'allait faire notre petit film dans ce festival très tendance, fréquenté principalement par des jeunes hyper branchés ? Nous avons pourtant reçu un accueil formidable. C'est bien là la beauté de ce domaine. On ne peut jamais rien prévoir ! »

UN CAS DE FIGURE PLUS RARE

Même si le récit du long métrage de Michael Showalter met en exergue l'attirance qu'éprouve une femme mûre pour un homme plus jeune, un cas de figure rarement abordé au cinéma, l'actrice estime que la différence d'âge entre eux ne constitue pas l'enjeu principal du film.

« La beauté de l'affaire, c'est qu'on ne connaît pas vraiment la nature de la relation qu'entretient Doris avec cet homme », explique-t-elle. 

« Ce film évoque davantage la solitude des humains et leur isolement. Cela nous affecte tous d'une certaine façon. »

- Sally Field au sujet de Hello, My Name is Doris

Lauréate de deux Oscars (Norma Rae en 1980 et Places in the Heart en 1985), Sally Field dit avoir pris beaucoup de plaisir à composer le look du personnage, en compagnie de la costumière Rebecca Gregg.

« Comme nous n'avions pas d'argent, Rebecca a fait le tour de toutes les friperies possibles et imaginables. Nous sommes aussi allées dans les caves des studios. J'ai passé trois jours à essayer toutes sortes de choses, à porter des vêtements qui, parfois, puaient. Mais peu à peu, le personnage de Doris s'est construit. Sa coiffure est directement copiée sur celle qu'arborait Brigitte Bardot en 1961 ! »

UN PLAFOND DE VERRE

Il y a des années, l'actrice, comme plusieurs de ses collègues, a tâté de la réalisation. Elle a en outre signé en 2000 Beautiful, un long métrage dont la tête d'affiche était Minnie Driver. Cette incursion a toutefois été de courte durée.

« Tom Hanks m'avait d'abord demandé de réaliser un épisode de From Earth to the Moon, rappelle-t-elle. Ensuite, j'ai réalisé un long métrage. Et je me suis rendu compte que je n'étais pas faite pour ça. Je suis une actrice avant tout. Je le ressens très profondément en moi. »

Cette expérience lui fait cependant admirer encore davantage les actrices qui se lancent aussi dans la réalisation, particulièrement les plus jeunes. D'autant qu'à Hollywood, le plafond de verre est toujours aussi difficile à briser pour les femmes.

« Je les applaudis. Plusieurs d'entre elles, très talentueuses, me disent qu'une fois rendues là, elles frappent un mur. Malgré le succès qu'elles obtiennent, il est encore difficile pour elles de se faire embaucher par les studios pour des productions d'envergure. C'est complètement ridicule ! Mais grâce, justement, à cette nouvelle génération de femmes qui ruent dans les brancards pour dire que c'est inacceptable, les choses risquent de changer. Mais je leur laisse ce combat ! »

Hello, My Name Is Doris est actuellement à l'affiche.

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