Triple 9: de bruit, de fureur... et de diversité

L'actrice Kate Winslet et le réalisateur John Hillcoat... (PHOTO FOURNIE PAR OPEN ROAD/REMSTAR)

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L'actrice Kate Winslet et le réalisateur John Hillcoat sur le plateau de Triple 9.

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Sonia Sarfati
La Presse

(Los Angeles) «À Hollywood, il arrive que vous ne travailliez jamais avec quelqu'un dont vous admirez le travail... parce qu'il vous "ressemble".» Ainsi s'exprimait Anthony Mackie lors de rencontres de presse tenues à l'occasion de la sortie de Triple 9 de John Hillcoat (The Road).

L'interprète de Falcon dans le Marvel Cinematic Universe commentait, à sa manière et avec humour, une situation qui ébranle La-La Land depuis les dernières sélections aux Oscars où aucun Afro-Américain ne s'est retrouvé parmi les finalistes.

C'est que, quand il a eu le scénario entre les mains, Anthony Mackie savait que Chiwetel Ejiofor - finaliste, il y a deux ans, à l'Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans 12 Years a Slave - était déjà associé au projet. Y avait-il, selon les critères actuels, de la place pour tous les deux dans les échelons supérieurs de la distribution de ce thriller urbain et violent?

La réponse était oui. En fait, pour John Hillcoat, elle coulait de source. «Je voulais faire un film dont la distribution, composée d'un solide ensemble d'acteurs, soit le reflet de l'Amérique contemporaine. Donc, il y aurait là de la diversité parce que... parce que c'est ça, l'Amérique.» Pas un questionnement, mais une évidence, pour lui.

Et quand, pour des raisons financières, le tournage (donc, par ricochet, l'intrigue) s'est déplacé de Los Angeles à Atlanta (aux crédits d'impôt plus avantageux), le réalisateur australien a, toujours pour des raisons de vraisemblance, modifié sa distribution.

 «J'avais plus d'acteurs d'origine latine quand l'action était campée sur la côte Ouest. En nous déplaçant en Géorgie, le portrait a changé, nous avons remodelé les personnages et engagé plus d'Afro-Américains.»

Donc, entrée d'Anthony Mackie aux côtés du Britannique Chiwetel Ejiofor, qui fait carrière aux États-Unis, dans cette histoire où d'anciens membres des forces spéciales et des policiers véreux se voient dans l'obligation - à cause d'une marraine de la mafia juive russe incarnée par Kate Winslet - de commettre un hold-up de haut vol. Une opération à ce point insensée que, pour la mener à bien, il faut distraire le corps policier d'Atlanta. L'envoyer de l'autre côté de la ville, en lançant l'appel «999». Le code pour «officier abattu».

L'exemple des femmes

En vrac, pour interpréter ces bons et ces méchants, ces êtres d'ombre et de gris et non de noir et de blanc: Chiwetel Ejiofor et Anthony Mackie, donc, mais aussi Casey Affleck (Gone Baby Gone), Aaron Paul (Breaking Bad), Norman Reedus (The Walking Dead), Woody Harrelson (True Detective), Michael K. Williams (12 Years a Slave), Clifton Collins Jr. (Westworld).

«Au sujet de la diversité à l'écran et de la reconnaissance, je crois que nous sommes à un croisement très intéressant», note ici Chiwetel Ejiofor, qui trace un parallèle avec l'évolution des rôles féminins au cinéma et à la télévision: «Observez les acteurs et actrices sélectionnés aux Oscars. Il est indéniable que les meilleures performances de l'année ont été données par des femmes», fait-il (non sans regretter, en aparté, que Cate Blanchett ait été «snobée» pour son rôle dans Carol).

Et, à ses yeux, si les choses sont ainsi, «c'est qu'il y a 10 ans, les femmes se sont levées et ont dit: "C'est assez ! Nous avons le droit de raconter nos histoires." Et elles ont commencé à le faire».

Cela dit, poursuit-il, il faut continuer «à porter le flambeau afin de mieux représenter la société dans laquelle on vit. Tout le monde est d'accord avec ça, personne ne dira le contraire. Mais le fait est que la grande majorité des histoires racontées à l'écran le sont encore du point de vue de l'homme blanc hétérosexuel. Des films comme Carol, comme Sufragette, comme 12 Years a Slave sont importants et nécessaires pour comprendre le monde et le voir selon d'autres points de vue».

Et de conclure: «J'ai faim d'un cinéma qui présente d'autres réalités et d'autres écritures, de voir le langage cinématographique servir aussi d'autres facettes de notre société.» 

Afin que, comme ç'a été le cas dans The Martian de Ridley Scott, où il incarnait le directeur de la NASA chargé de la mission sur Mars, les questions d'origine et de couleur de peau ne fassent pas l'objet de discussion - mais que la représentation se fasse de façon naturelle: «Le public veut ces films affichant une diversité. Et nous voulons les faire.»

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