The Walk: l'ascension vertigineuse de Charlotte Le Bon

Charlotte Le Bon aux côtés de Joseph Gordon-Levitt.... (Photo Charles Sykes AP/Invision)

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Charlotte Le Bon aux côtés de Joseph Gordon-Levitt.

Photo Charles Sykes AP/Invision

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Sonia Sarfati
La Presse

C'était le 7 août 1974. Le funambule français Philippe Petit a marché entre ciel et terre, sur un câble tendu entre les tours du World Trade Center dont l'inauguration avait eu lieu un an plus tôt. Il y avait là une histoire.

Une histoire qui a fait l'objet d'un documentaire récompensé d'un Oscar, Man on Wire de James Marsh. Une histoire que le réalisateur visionnaire Robert Zemeckis (il a combiné animation et prises de vue réelles dans Who Framed Roger Rabbit?, il a transformé une DeLorean en machine à voyager dans le temps dans Back to the Future, il a placé Tom Hanks en historique compagnie dans Forrest Gump avant de lui faire incarner à peu près tous les personnages de The Polar Express grâce à la capture de mouvement) percevait comme devant être racontée en 3D.

Voici donc The Walk. Une lettre d'amour à New York. Et aux tours jumelles, qui ont connu le destin que l'on sait. «Ça fait 10 ans que Robert cherchait une histoire qui justifierait l'utilisation de la 3D. Parce que de nos jours, on emploie cette technologie à toutes les sauces, souvent sans que ça serve vraiment à quelque chose. Ce n'est pas le cas ici. The Walk, c'est un film, mais c'est en même temps une expérience», dit Charlotte Le Bon, jointe par téléphone à New York où elle avait assisté, la veille, à une projection du long métrage dans le cadre du New York Film Festival.

La comédienne québécoise, dont la carrière américaine est en ascension vertigineuse depuis qu'elle a été remarquée par Steven Spielberg, y incarne Annie Allix.

S'il était en solo sur le câble, Philippe Petit (joué par Joseph Gordon-Levitt) n'aurait pu mener à bien son projet. Parmi ses complices, Annie, qui était alors sa petite amie. Une relation «qui ne s'est pas terminée de façon très glorieuse, mais [il n'y avait] ni temps ni espace pour expliquer l'état de Philippe quand il est descendu des tours», raconte-t-elle.

Charlotte Le Bon a bâti son personnage à partir de ce qu'en disait le scénario, «qui est une adaptation cinématographique» de cette page d'histoire. Pas un reportage, ni un documentaire.

Mais la réalité y occupe quand même la part du lion. Un soin méticuleux a été apporté aux détails.

Ainsi, Philippe Petit a lui-même poussé à la roue, en formant Joseph Gordon-Levitt au funambulisme. Il a de plus été très présent dans les derniers jours d'un tournage de trois mois entièrement fait à Montréal, alors que l'acteur se lançait dans la grande traversée. Sur écran vert, en devant donner l'impression de marcher sur un câble tendu à 400 m du sol.

L'effet est vertigineux.

En anglais, S.V.P.!

Ce n'était là que la pointe de l'iceberg du travail que Joseph Gordon-Levitt, perfectionniste et très engagé dans les projets auxquels il participe, a eu à faire pour ce rôle.

«Philippe est un personnage de cirque, il est extravagant, il a une énergie folle», fait l'actrice qui a assisté à la transformation, de l'intérieur - bien au-delà de la perruque et des verres de contact -, de son partenaire à l'écran. Pour lequel la véritable corde raide était l'utilisation du français.

Joseph Gordon-Levitt est francophile. Il adore la culture française, son cinéma en particulier. Il parle un excellent français. Mais il l'avoue: «J'ai dupé les Américains avec mon français, mais pas les francophones.»

Charlotte Le Bon, qui le cite, le sait. «On était très conscients de tout ça et Joseph a travaillé très fort. Avec le reste de la distribution française. On a retravaillé le scénario pour que les répliques en français soient plus faciles à dire pour lui. Et je pense que ça fonctionne», fait celle qui, pour sa part, a connu son «grand défi d'actrice» lorsque, au centre-ville de Montréal, entourée de centaines de figurants, elle devait faire semblant de voir Philippe Petit marcher dans le ciel new-yorkais. S'inquiéter. Rire. Pleurer. S'emballer.

L'autre défi de taille, pour elle, a été d'apprendre à jouer de la guitare et à chanter en public. C'est ce que faisait Annie dans les rues de Paris, au moment de sa rencontre avec Philippe.

«Faire des excentricités à la télévision [on se rappelle sa période Miss Météo à Canal +], aller dans l'autodérision et l'humiliation, je n'ai pas de problème avec ça. Mais chanter en public, c'est assez violent quand on ne l'a jamais fait.»

Enfin, en quelque sorte à l'interne, elle a dû «ne pas être dans le jugement de [son] personnage».

«Annie est une artiste dont les ambitions ne sont pas très claires et quand elle rencontre Philippe, elle tombe amoureuse de l'homme et de son rêve à lui. Personnellement, je ne pourrais m'oublier pour quelqu'un d'autre comme ça. Je suis beaucoup plus égoïste!», dit-elle en éclatant de rire.

The Walk (La marche) prend l'affiche demain.

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