Ludivine Sagnier dans Tristesse Club: triangle familial

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(Paris) Dans ce premier long métrage de Vincent Mariette, Ludivine Sagnier incarne une jeune femme mystérieuse qui s'immisce dans la vie de famille de deux frères que tout oppose.

À 36 ans, Ludivine Sagnier a maintenant l'occasion de mettre son expérience au service de projets plus originaux, plus audacieux. Dans Tristesse Club, l'actrice retrouve aussi un vieux copain du Conservatoire: Vincent Macaigne.

Mine de rien, Ludivine Sagnier compte 25 ans d'expérience au cinéma. Enfant, elle décrochait déjà de petits rôles dans des films bien en vue. Le tout premier plateau qu'elle a eu l'occasion d'explorer fut celui du film Les maris, les femmes, les amants, de Pascal Thomas. À cette époque figurent aussi, dans son expérience de travail, des productions aussi prestigieuses qu'I Want to Go Home (Alain Resnais) et Cyrano de Bergerac (Jean-Paul Rappeneau).

C'est toutefois François Ozon qui, à l'orée du nouveau millénaire, la révèle vraiment au monde grâce à Gouttes d'eau sur pierres brûlantes, une adaptation cinématographique de la pièce de Rainer Werner Fassbinder. Trois ans plus tard, le même Ozon fait d'elle une véritable bombe sexuelle dans Swimming Pool, non sans lui avoir auparavant donné un rôle de garçon manqué dans 8 Femmes.

«J'ai commencé à jouer très jeune sous la direction de réalisateurs très confirmés, faisait remarquer l'actrice lors d'une rencontre de presse tenue il y a quelques mois à Paris à l'occasion des Rendez-vous d'Unifrance. J'ai ainsi eu l'occasion d'observer au travail des cinéastes comme Claude Chabrol, Alain Corneau, Claude Miller. C'est une vraie chance!»

Une expérience utile

Accordant son entretien avec son nouveau-né dans les bras, une troisième fille née en décembre, l'actrice raconte qu'elle en est aujourd'hui à une nouvelle étape dans sa carrière. Même si elle n'a pas encore d'ambitions du côté de la réalisation, elle compte néanmoins, la maturité aidant, profiter de son statut pour faire aboutir des projets plus audacieux.

«J'aime bien l'idée que mon expérience puisse servir de jeunes cinéastes, explique-t-elle. J'aimerais les aider à aller au bout de leurs projets. Autant il faut avoir un ego assez élastique pour être acteur, autant on doit être sûr de soi quand on réalise. Il faut avoir confiance en soi-même pour essuyer toutes les frustrations qui, forcément, viennent avec ce travail. J'en sais quelque chose, car mon mari [NDLR: Kim Chapiron, réalisateur de Sheitan] est cinéaste. Je préfère materner un projet; ça me ressemble plus!»

Aussi n'a-t-elle pas hésité à souscrire à Tristesse Club, le premier long métrage de Vincent Mariette. Dans cette comédie dramatique un peu décalée, Ludivine Sagnier interprète une jeune femme un peu étrange, venue assister aux funérailles d'un homme dont elle prétend être la fille, à la grande surprise des deux fils (Vincent Macaigne et Laurent Lafitte) du défunt.

«Vincent Mariette est un jeune cinéaste de talent qui sort de la FEMIS, l'école de cinéma à Paris, explique l'actrice. Il a réalisé des courts métrages de qualité auparavant. C'est ce qui m'a convaincue. Son écriture est fort intéressante. Même s'il y a des éléments dramatiques dans l'histoire qu'il raconte, on reste toujours dans le registre de la comédie. J'aimais cette façon de jouer du mystère et des codes du triangle amoureux.

«L'idée que chacun de ces personnages ait un parcours qui va à l'encontre de ce qu'il est vraiment me plaisait bien aussi, poursuit-elle. Et puis, à une époque où les familles sont tiraillées, j'aimais que l'histoire aborde le sujet en explorant un concept plus original.»

Deux partenaires très différents

Ludivine Sagnier était aussi séduite à l'idée de donner la réplique à deux acteurs provenant de deux mondes complètement différents. Laurent Lafitte privilégie en outre une approche plus classique du jeu, fort d'une expérience acquise sur les planches de la Comédie-Française. Vincent Macaigne a plutôt fait sa marque dans la marge, issu de la scène underground et du théâtre expérimental.

«Je connais Vincent Macaigne depuis très longtemps, car nous nous étions croisés à l'époque au Conservatoire d'art dramatique de Versailles, souligne l'actrice. Il était un garçon extrêmement créatif, mais assez mal compris. Même un peu cancre. En tant qu'élève, il faisait des créations très particulières, qui me plaisaient beaucoup. J'ai toujours suivi son travail depuis, soit en tant qu'acteur, soit en tant que metteur en scène. J'avoue avoir été très étonnée de le voir devenir la coqueluche du cinéma d'auteur français, étant donné qu'à l'époque, tout le monde l'observait un peu de travers. Je suis très agréablement surprise de voir que son talent est enfin reconnu!»

Par ailleurs, l'actrice apprécie chez Laurent Lafitte cette façon d'emprunter une approche rigoureuse, sans que jamais cette rigueur ne se transforme en lourdeur.

«En fait, j'aimais l'idée d'être un pont entre ces deux acteurs, dit-elle. Je trouvais que ça illustrait bien le genre de carrière que je mène aussi. Je me suis toujours promenée entre le cinéma d'auteur et le cinéma plus commercial. Et puis, Vincent et Laurent sont extrêmement drôles dans la vie. On ne s'est pas ennuyés sur le plateau!»

Un tournage avec Emmanuelle Riva

L'actrice, qui affirme que Mommy (Xavier Dolan) est de loin son film favori de 2014, aimerait bien tourner avec son cinéaste de mari, mais rien de précis ne figure encore au programme à cet égard.

En attendant, Ludivine Sagnier reprend du service, cette fois sous la direction de Charles Berling. Ce dernier a récemment commencé le tournage de son premier long métrage à titre de réalisateur en portant à l'écran son livre Aujourd'hui, maman est morte, dans lequel il raconte l'enfance de sa propre mère au Maroc.

«Je joue la grand-mère de Charles, explique-t-elle. Et Emmanuelle Riva joue... ma fille! François Damiens fait aussi partie de la distribution.»

Ludivine Sagnier a aussi tourné La résistance de l'air sous la direction du cinéaste français - d'origine québécoise - Fred Grivois. Ce film a pris l'affiche le mois dernier dans l'Hexagone.

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Tristesse Club prend l'affiche le 31 juillet. Les frais de voyage ont été payés par Unifrance.

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