Ant-Man: travail de fourmi

On appelle ça un travail de fourmi. Un boulot long, qui exige patience et... (Photo fournie par Marvel)

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Sonia Sarfati
La Presse

(BURBANK) On appelle ça un travail de fourmi. Un boulot long, qui exige patience et persévérance. Dans tel contexte, on pourrait dire que Kevin Feige est le général de la fourmilière du Marvel Cinematic Universe. Et, après 11 longs métrages produits en 8 ans au sein d'un grand plan qui prévoit 10 autres sorties d'ici 2019 et a des projets jusqu'en 2028, il voit enfin éclore... Ant-Man.

L'homme-fourmi, le vrai. Qui, il faut l'admettre, est attendu avec une dose certaine de scepticisme. Un superhéros de la taille d'un insecte? Hum...

Mais, bon, rappelons qu'avant de prendre l'affiche, Guardians of the Galaxy a aussi suscité pas mal de doutes. Avant de rapporter 775 millions au box-office mondial.

Chose certaine, Kevin Feige a toujours eu Ant-Man dans sa ligne de mire. «Dans nos bureaux, nous avons une affiche géante de la couverture de Avengers #1, racontait-il lors d'une conférence de presse tenue dans les studios Disney, à Burbank. J'aime la regarder et dire voilà, on a fait un film avec celui-ci, avec celui-là, avec cet autre. Ant-Man et The Wasp (la Guêpe) sont les seuls avec lesquels nous n'avions encore rien fait - mais il a toujours été clair pour moi qu'éventuellement, nous aurions tous les Avengers à l'écran.»

Le groupe original comptait aussi Thor, Iron Man, The Hulk, bientôt rejoints par Captain America. Autant de missions cinématographiques déjà accomplies - deux fois (sinon trois) plutôt qu'une.

C'était donc au tour d'Ant-Man de sauter dans l'arène, dans une réalisation de Peyton Reed (Edgar Wright devait être à la barre du film, mais il est parti à cause des fameuses divergences créatives). Ant-Man à qui revient l'honneur de clore la Phase II du MCU, sur une note plus légère, voire familiale, que celle du sombre Avengers: Age of Ultron.

«Quand nous avons placé ces deux films en 2015, nous savions que l'un pouvait être l'antidote de l'autre, poursuit Kevin Feige. Ultron était un exercice gigantesque et nous nous disions qu'il serait bien de faire quelque chose de très différent après, de conserver action et émotions, mais à une autre échelle. Ultron, c'est donc un pays qui décolle. Ant-Man, c'est la chambre d'une fillette.»

Ant-Man II

Pardon? Une fillette? Chez Marvel? Oui. Allez, une petite mise en contexte s'impose.

Le Ant-Man originel s'appelle Hank Pym. Il a découvert la particule Pym, qui lui permet de modifier sa taille jusqu'à atteindre celle d'une fourmi - insecte avec lequel, réalise-t-il plus tard, il peut aussi communiquer et qu'il parvient à contrôler - tout en possédant une force surhumaine. Après tout, les fourmis peuvent porter et tirer des dizaines de fois leur propre poids. Transposons cela sur un humain et «tu n'as plus besoin de tirer une balle, tu es la balle», expliquera Pym à Scott Lang.

Scott Lang, qu'incarne ici Paul Rudd, est le nouveau Ant-Man. Pour rendre le personnage plus contemporain, il a en effet été décidé que Hank Pym (interprété par Michael Douglas) a terminé ses années de superhéroïsme et se cherche un successeur. Il le trouve en la personne d'un cambrioleur malchanceux qui désire retourner sur le droit chemin. Afin, entre autres, de pouvoir rester en contact avec sa fille (Abby Ryder Fortson). De qui il est séparé depuis son divorce. Plus encore depuis que son ex (Judy Greer) vit avec un policier intègre et soupçonneux (Bobby Cannavale).

C'est donc pour l'enfant, son enfant, que Scott va finalement accepter d'enfiler le costume qui permet sa miniaturisation; et pénétrer dans le monde du scientifique. Où évoluent la fille de Pym, Hope (Evangeline Lilly); et celui dont il fut le mentor, Darren Cross (Corey Stoll). Sa mission: commettre un vol... de haut vol afin de protéger les inventions de Pym, que certains veulent utiliser à mauvais escient.

Quand on lui a proposé le rôle, Paul Rudd n'a pas hésité. Pour le classique/cliché «C'est quelque chose que je n'avais jamais fait et j'aime les défis». Celui-ci en était un... de taille. D'autant que l'acteur ne connaissait pas vraiment le personnage. Un peu de recherche avant le début du tournage, donc. Et, pour se mettre en forme, «j'ai utilisé la méthode Chris Pratt... qui est d'éliminer, pendant un an, tout ce qui est 'amusant' dans notre alimentation», rigole celui qui, père d'un garçon de 9 ans, ne peut nier avoir été attiré par la relation parent-enfant qui est au coeur de l'intrigue.

Parents et enfants

Il n'est pas étranger à cela, puisqu'il a participé à l'écriture du scénario. «Vous savez, poursuit-il, vous pouvez avoir un film qui a des effets visuels brillants, beaucoup d'action, de l'humour. Mais pour qu'un film reste, il faut qu'il résonne émotionnellement. Je pense que c'est la clé du succès de tout long métrage. Et je crois que c'est ce qu'on retrouve ici.»

À travers non pas une, mais deux relations père-fille (il y a aussi celle de Hank Pym et Hope) et une autre, quasi père-fils - entre Hank Pym et Darren Cross. Tout cela sur fond de cambriolage: «C'est vraiment l'histoire d'un braquage. Et des relations familiales vont être réparées grâce à ce vol», assure Peyton Reed, ravi que «son» maillon soit à ce point différent du reste de la chaîne MCU.

La première étape de la préparation du réalisateur de Yes Man et Bring It On a été «de revoir les Incredible Shrinking Man, Incredible Shrinking Woman et autres Honey, I Shrunk the Kids»... pour s'apercevoir que sa mission à lui, en 2015, était de viser le photoréalisme: «Il est impossible, aujourd'hui, d'être dans un monde réaliste qui se met à ressembler à de l'animation quand le héros rétrécit», fait-il observer.

Il a ensuite plongé dans des livres. De gros bouquins. Sur les fourmis. Afin de sélectionner judicieusement quelles espèces utiliser dans le long métrage. Lesquelles pouvaient être les plus utiles à Ant-Man - «car on parle toujours du fait qu'il rapetisse, mais son pouvoir le plus étrange, d'après moi, est celui qu'il a de contrôler les fourmis».

Un séjour au pays des insectes qui ne sera pas le dernier pour Marvel: d'abord, on sait déjà qu'Ant-Man sera de Captain America: Civil War (actuellement en tournage); et, on s'en souvient, Ant-Man va de pair avec The Wasp. La Guêpe. Elle aussi membre fondatrice des Avengers. «Nous avons des plans pour elle, souligne Kevin Feige, et nous le montrons de façon pas très subtile dans ce film-ci.» Vrai. Pour qui reste pendant le générique. Mais n'est-ce pas devenu une tradition MCUnienne?

Ant-Man prend l'affiche le 17 juillet.

Les frais de voyage ont été payés par Walt Disney Pictures Studios.

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Corey Stoll: du « super » dans l'ADN

Corey Stoll a de la prestance. Grand, mince, voix basse et posée. Calme. Sourire avenant. Poignée de main ferme. Vêtements griffés. La classe, quoi. Ce à quoi on s'attend d'un acteur de formation classique, qui a commencé sa carrière sur les planches. Et que l'on a découvert à l'écran, le petit, dans un rôle dramatique, celui du politicien haïssable puis déchirant Peter Russo dans la première saison de House of Cards. La Presse a rencontré celui qui incarne Darren Cross/Yellowjacket dans Ant-Man de Peyton Reed.

On vous a découvert dans le drame. Vous avez ensuite donné dans la comédie (This Is Where I Leave You) et dans l'horreur (The Strain). Maintenant, les superhéros. Vous êtes fan du genre?

Fan? Plus que ça. C'est dans mon ADN. Les comic books ont été très importants pour moi quand j'étais à l'école secondaire. À l'époque, j'ai même pensé qu'un jour, je deviendrais illustrateur de bande dessinée. Nous créions les nôtres avec des amis. Nous avions même inventé un superhéros, The Carpenter, qui avait perdu un bras dans un accident et l'avait remplacé par une scie à chaîne (rires). C'était très mauvais.

Il commençait alors à y avoir des adaptations de comic books au cinéma. Il y avait eu les Superman, Tim Burton s'attaquait à Batman...

... et mes amis et moi imaginions notre propre distribution pour X-Men. Nous avions choisi Harvey Keitel pour Wolverine, Arnold Schwarzenegger pour Colossus et... nous avions vu juste pour Professor X puisque nous avions «engagé» Patrick Stewart!

Parlez-moi de votre premier contact avec le rôle de Darren Cross/Yellowjacket.

J'ai reçu une scène du scénario, c'est celle où Darren explique la particule de Pym, parle science et décrit le costume d'Ant-Man. Dans ma tête, le rôle n'était là que pour donner ces explications et il disparaissait après. C'est quand j'ai parlé à Edgar Wright, plus tard, que j'ai compris l'importance du personnage.

Edgar Wright qui a par la suite abandonné le projet. Quelle a été votre réaction?

Dans un premier temps, j'ai été confus et inquiet. Je me demandais même si le projet irait de l'avant, nous étions tellement proches du début du tournage... Mais ç'a été formidable de rencontrer Peyton et il m'a rapidement rassuré. Il était d'un calme incroyable, connaissait parfaitement le matériel et était désireux d'y apposer sa signature. Je n'ai jamais senti qu'il était le prof remplaçant.

Pouvez-vous me dire qui est Darren Cross/Yellowjacket et le comparer à celui des comic books?

D'abord, le personnage n'a rien en commun - sinon le nom - avec celui des comics, où il est un homme ayant un problème cardiaque qui s'est soigné au moyen d'une drogue expérimentale qui l'a transformé en une espèce de Hulk rouge. Celui que j'incarne est un type qui voudrait être Tony Stark, l'homme le plus cool du monde à ses yeux. Mais il est un nerd qui souffre du complexe de l'imposteur, un petit garçon qui se sent mal aimé par son père. Alors, il fait tout pour accéder à cette image de playboy-génie-milliardaire.

Dans ce contexte, vous avez travaillé avec Paul Rudd et Michael Douglas. Pouvez-vous me parler de cette expérience?

Paul, je l'ai surtout côtoyé en tant que scénariste puisque nous n'avons qu'une scène ensemble. Les autres sont celles où nous nous battons, elles impliquaient du CGI, donc nous n'étions pas vraiment ensemble sur le plateau. Pour ce qui est de Michael Douglas... (rires), j'ai mis en application ce que Jane Fonda m'a dit pendant le tournage de This Is Where I Leave You: «Quand tu travailles avec les plus grands, tu te la fermes et tu écoutes. Laisse-les te raconter leur histoire.» J'ai suivi son conseil. Et ç'a été formidable.

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Matter Eater Lad 

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Bouncing Boy 

Les bizarroïdes

Le passage d'Ant-Man au grand écran peut sembler étonnant. En fait, la simple existence d'un superhéros dont le pouvoir est de réduire sa taille à celle d'une fourmi a de quoi surprendre à première vue. Mais il y a bien plus extravagant. Voici quelques exemples de super (?) héros dont vous ne verrez jamais le film. Quoique...

MATTER EATER LAD (DC)

De son nom véritable Tensil Kem, Matter Eater Lad fait partie de la Legion of Super-Heroes. Il vient de la planète Bismoll (comme Calorie Queen, ça ne s'invente pas) dont les habitants sont capables de manger n'importe quoi. Sans aucun problème de digestion. La référence au Pepto-Bismol n'est pas une coïncidence. En cela réside donc son pouvoir. Mais encore?

BOUNCING BOY (DC)

Au civil, il est Chuck Taine. Un Terrien comme les autres. Jusqu'au jour où il boit ce qu'il croit être une boisson gazeuse. C'est en réalité une potion de «superplastique». Après l'avoir ingérée, il acquiert le pouvoir de gonfler et rebondir à volonté. Il devient Bouncing Boy. De quoi le faire admettre dans les rangs de la Legion of Super-Heroes, aux côtés de Matter Eater Lad!

ARM FALL OFF BOY (DC)

Terrien qui aurait manipulé du métal antigravité ou extraterrestre originaire de la planète Lallor, Floyd Belkin est devenu Arm Fall Off Boy. Comme son nom l'indique, il peut arracher ses membres et les utiliser comme armes contondantes. Dans un premier temps, la Legion of Super-Heroes n'a pas voulu de lui. Elle n'a peut-être pas compris l'utilité (!) de son pouvoir.

INFECTIOUS LASS (DC)

Sur sa planète natale, elle est Drura Sehpt. Sur Terre, elle devient Infectious Lass et est capable de provoquer spontanément des maladies contagieuses. Sauf que parfois, ses pouvoirs mettent en danger la vie même de ses partenaires et alliés. D'où son rejet de la Legion of Super-Heroes. La Substitute Legion l'a toutefois accueillie. Pour le meilleur ou pour le pire?

BIG BERTHA (Marvel)

Elle s'appelle Ashley Crawford et est une mutante. Membre des Great Lakes Avengers, elle contrôle sa taille (de 1,85 m à 2,25 m) et son poids (de 54,5 kg à 340 kg). Elle gagne sa vie comme mannequin et, après ses transformations pondérales qui font d'elle une montagne de graisse appelée Big Bertha, elle retrouve sa taille de top-modèle... en se faisant vomir. Sans commentaire.

ZEITGEIST (Marvel)

Axel Cluney est un mutant, membre de la seconde équipe des X-Force. Il a découvert sa «particularité» de façon dramatique... pour sa «victime»: il vomit de l'acide et, après une fête bien arrosée, a ainsi défiguré sa copine. Son vomi pouvant dissoudre une plaque d'acier de 10 cm en 30 secondes, on comprend qu'il porte désormais en tout temps une pièce de protection buccale.

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